Comment la résolution de l’OPEP impacte le prix à la pompe au Maroc
Suite à la récente résolution de l’OPEP, les prix des hydrocarbures à la pompe ont commencé à grimper. La hausse du dollar impacte elle aussi le prix de vente.
Cela fait quelques semaines maintenant que les automobilistes marocains ont remarqué une hausse significative des prix des carburants. Vendredi 6 janvier, par exemple le prix du gasoil à la pompe varie selon l’opérateur entre 9,30 et 9,85 dirhams le litre. L’essence revient, quant à elle, à des niveaux assez hauts et s’affiche dans quelques stations de services à 10,80 dirhams le litre et au meilleur des cas, coûte 10,40 dirhams.
Des augmentations qui sont survenues à la fin de l’année dernière, alors que depuis que la libéralisation du secteur a été actée en décembre 2015, les prix ont demeuré à des niveaux de prix raisonnables.
"Ce qu’il faut retenir, c’est que le prix à la pompe d’aujourd’hui est calculé sur la base de la moyenne des cotations de la seconde quinzaine du mois de décembre", nous explique Adil Ziyadi, président du Groupement des Pétroliers du Maroc (GPM).
La résolution de l’OPEP
En effet, les cours internationaux ont fait un bond important à la fin de l’année dernière. Pour expliquer cette récente hausse, il faut aller voir du côté de Vienne qui abrite le siège de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
Suite à une réunion tenue en septembre dernier, une résolution surprenante qui prend acte à partir du 1er janvier 2017 a été prise. Les 14 pays membres de cette organisation ont décidé de baisser de 2% la production de pétrole. "Cette décision est une première depuis 2008, et les cours du brut sur les marchés internationaux ont augmenté même avant l’application de cette résolution", remarque Adil Ziyadi.
Les traders et courtiers internationaux ont anticipé ce recul de la production, ce qui a induit une augmentation des cours à l’international. Vendredi, le baril a traité à environ 57 dollars, alors que le cours était à 42 dollars il y a un peu plus d’un mois. "Les cours du brut ont explosé en 2016 et ont beaucoup fluctué. Son niveau le plus bas était de 27 dollars et le plus haut était de 57 dollars", se rappelle-t-il.
Une conjoncture internationale qui se répercute directement sur le pouvoir d’achat des Marocains, et principalement des automobilistes et des transporteurs. Car les distributeurs marocains s’approvisionnent en pétrole raffiné directement auprès des traders internationaux.
"Des réunions hebdomadaires sont tenues avec le ministère de tutelle pour définir les quantités de stocks qu’il faudra maintenir et c’est grâce à cela qu’on reste à l’abri d’une pénurie. Aujourd’hui, nous avons un stock de 30 jours", détaille le président du GPM.
Le dollar au plus haut depuis 14 ans
Ces hausses ont été accentuées par un autre élément, qui lui aussi agit dans l’équation de calcul des prix à la pompe. C’est le cours du dollar qui, à son tour, connaît une hausse frénétique et limite historique. Depuis l’élection de Donald Trump, la devise américaine a entamé un trend haussier et elle est à son plus haut niveau depuis 14 ans, et coûte aujourd’hui presque 10,30 dirhams.
Sans oublier bien évidemment la taxe intérieure de consommation (TIC) que les distributeurs collectent pour reverser à l’Etat. "La TIC appliquée aux produits hydrocarbures est fixée à 4 dirhams par litre et ce, indépendamment du prix de vente", précise Adil Ziyadi.
Cela dit, notre source reste confiante quant aux prix à la pompe pour cette année 2017. "Malgré la dernière résolution de l’OPEP, l’offre reste abondante et la demande se stabilise", analyse le président du GPM. En d’autres termes, les cours vont se maintenir à un niveau raisonnable à la longue et c’est de bon augure pour le portefeuille des Marocains.
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