Pourquoi la SNEP a doublé sa capitalisation boursière depuis le début de l'année
La SNEP a explosé tous les compteurs depuis le début de l’année et a, presque, doublé sa capitalisation depuis le début de l’année. Profitant d’une décision de l’Etat, le cours très bas de l’action a très vite remonté la pente.
La Bourse de Casablanca a connu un début d’année tonitruant, en enregistrant des taux de progression inhabituellement haut, et principalement lors de la première semaine. L’une des valeurs qui a, relativement, contribué à ces augmentations, c’est la SNEP. L’action s’est démarquée ces dernières semaines en finissant plusieurs séances en tête des plus fortes hausses.
"Voir la SNEP finir la journée avec des hausses qui frôlaient les 10%, était devenue une habitude depuis quelques jours", s’exclame un petit porteur qui suit quotidiennement les performances de la place casablancaise.
En effet, avant l’ouverture de la séance du 18 janvier, elle cumulait déjà une hausse de 93% depuis le début de l’année. C’est du jamais vu, ou du moins en si peu de temps. La capitalisation boursière de la filiale d'Ynna Holding a, tout simplement, doublé durant les dernières semaines. L’action qui traitait à moins de 90 dirhams il y a trois mois, a fini la séance du 18 janvier à 297 dirhams, enregistrant une baisse de 5,37%. D’ailleurs, c’est l’une des rares séances qui a vu la valeur terminer dans le rouge.
L’une des pires valeurs
"Nous étions très surpris par ses dernières performances, et très peu d’investisseurs ont parié sur cette petite valeur", décèle un analyste financier de la place. En effet, vu sa petite taille, la SNEP n’a jamais intéressé les institutionnelles, ni les OPCVM. Ce sont majoritairement des petits porteurs ou des petites sociétés de bourse qui ont quelques titres de la SNEP dans leur portefeuille. En plus de cela, les agrégats de l’entreprise sont depuis quelques années défaillants. L’exercice 2015 a été déficitaire de 49,3 millions de dirhams, à l’image des deux années précédentes. Les ratios techniques sont, eux aussi, négatifs, et le rendement de la valeur a très souvent été négatif.
Beaucoup d’éléments qui font que l’action a été pendant plusieurs années aux abonnés absents et sur la liste des valeurs illiquides. Sauf que, depuis le mois de novembre, les choses ont changé pour cette valeur et surtout pour ceux qui l’ont dans leur portefeuille. Et pour cause, la décision du ministère délégué au Commerce extérieur d’établir un bouclier antidumping ciblant le PVC originaire de l’Union européenne et du Mexique pour les cinq prochaines années.
Le bon côté de l’antidumping
La SNEP, étant le principal producteur des produits vinyliques (PVC et Compound PVC), ne pouvait pas avoir mieux comme cadeau de fin d’année. "C’est une décision qui pourrait participer au sauvetage de cette entreprise qui emploie des milliers de personnes", estime un analyste. Une décision qui arrange donc les affaires des porteurs de l’action. L’annonce a été très rapidement intégrée par le marché et le cours de la SNEP n’a pas cessé de monter jusqu’à atteindre 320 dirhams le mardi 17 janvier.
"Cette belle lancée a été accompagnée par une logique amélioration de la productivité, et les dirigeants ont aussi fourni un effort pour améliorer l'outil de production. Ce sont les infos qui remontent de l’unité de fabrication à Mohammedia", explique un analyste. La filiale d'Ynna Holding a aussi profité dernièrement de la baisse de la facture énergétique. Autant d’éléments qui ont fait beaucoup bien au cours.
Les spéculateurs sont passés par là
"Actuellement, son cours devient plus ou moins logique, vu qu’elle traite dans le voisinage de ses capitaux propres", remarque un analyste de la place. En effet, le cours de la SNEP a longtemps été très bas comparativement avec ses fondamentaux. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’action a été illiquide. "Aucun des porteurs de l’action ne voulait lâcher son portefeuille à perte, et l’attente a fini par payer", analyse notre interlocuteur.
Ce fort engouement pour la valeur jusqu’à ce qu’elle double son cours a aussi d’autres explications. "Il faut également prendre en considération les spéculateurs qui ont flairé le bon filon et ce sont principalement des petits porteurs", remarque notre analyste. Le volume échangé depuis le début de l’année jusqu’au 18 janvier, est relativement faible et ne dépasse pas les 80 millions de dirhams. Si l’action intéressait les institutionnels, le volume serait bien plus important. "Il faut dire que les bonnes nouvelles de la SNEP sont tombées au moment où la bourse a connu une abondance de cash", conclut notre interlocuteur.
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