Aéroport de Tanger: Un troisième terminal est envisagé
Après son extension en 2008, l’aéroport de Tanger commence à rencontrer ses premières limites. Prévu pour une capacité de 1,4 million de passagers par an, il atteint les 850.000 passagers en 2016. 14 compagnies aériennes l’utilisent plusieurs fois par semaine. Les premières réflexions ont débuté pour la réalisation d’un troisième terminal.
Selon des opérateurs sur place, “le trafic qui est passé de 750.000 à 850.000 passagers entre 2015 et 2016 commence à créer des congestions“. Ces moments de congestion surviennent les dimanche et lundi midi ainsi que les jeudi et vendredi après-midi en cette période de l’année.
Dimanche en milieu de journée: en 90 minutes, quatre vols partent pour Malaga, Madrid, Paris et Londres. Une moyenne de 120 à 140 passagers par vol. A un moment pareil, plus un fauteuil n’est libre en salle d’attente, ni une chaise à la cafétéria.
Trafic en hausse et gaz des réacteurs
Certains jours, 18 vols peuvent décoller de Tanger avec un minimum de sept vols et une moyenne de 10 vols quotidiens. “Lorsque le terminal a ouvert en 2008, m’explique un professionnel, la salle d’embarquement était prévue pour accueillir les passagers de deux vols“. Depuis, trois à quatre vols peuvent partir en même temps dans un timing serré, car il n’existe que trois portes d’embarquement et des points de vente supplémentaires sont nés en zone d’embarquement intérieure.
“L’aéroport a été conçu au départ comme un hangar, sans véritable vision de répartition des espaces“. Cela a parfois des conséquences inattendues et désagréables.
Lorsque plusieurs avions se trouvent sur le tarmac et qu’un passager se trouve au comptoir d’enregistrement pour y retirer sa carte d’embarquement et/ou enregistrer un bagage, les gaz des avions arrivent jusqu’aux espaces publics, car les avions sont stationnés sur le tarmac situé juste derrière les agents de comptoir.
La fumée des avions entre par les ouvertures faites dans le mur pour le tapis roulant des bagages. Une situation de pollution importante qui cohabite avec des poubelles de tri pour le plastique, le carton et le verre ... Il y a plus de 10 ans, lorsqu’a débuté la construction de la Tanger Free Zone, une aire de stationnement a été sacrifiée pour des besoins industriels.
Davantage de vols, mais plus tard
Selon le responsable de l’ONDA à Tanger Abdelmajid Bakiz, “on peut améliorer la situation de congestion en orientant les compagnies vers les créneaux d’après 17 heures; mais cela peut aussi les décourager de venir. C’est une négociation à mener“.
L’autre solution réside dans la construction d’un nouveau terminal à l’ouest des pistes actuelles vers la plage de Sidi Kacem et la mer. “Cela sera nécessaire lorsque l’aéroport fera plus de 1,1 million de passagers“.
Actuellement, Ibn Batouta accueille 850.000 passagers avec un taux de croissance annuelle de 5%. À ce rythme-là, la barre du 1,1 million de passagers sera franchie autour de 2025. Cependant, selon un connaisseur du fonctionnement de l’aéroport de Tanger, “des réaménagements des espaces avec plus de vols en fin d’après-midi peuvent permettre d’augmenter le trafic actuel de 850.000 passagers par an de moitié“.
Depuis cette semaine, une nouvelle norme sécuritaire rend la gestion de l’espace au niveau de l’embarquement plus exigeante. Le contrôle aux postes d’inspection et de filtration, PIF dans le jargon aéroportuaire, se fait désormais avant le contrôle des passeports. À Ibn Batouta, trois de ces postes –qui correspondent au nombre de portes d’embarquement- ont été installés et l’espace en est devenu plus étroit.
Files d’attente et parking
Si l’aéroport de Tanger reste ramassé et “cosy“ et pour cela globalement apprécié de ses usagers, il fait cependant l’objet d’une critique systématique depuis plus d'une année avec une zone de parking réaménagé et l’absence d’une aire dépose-minute ouverte à tous.
L’arrivée devant l’aérogare de départ en voiture reste impossible, sauf pour les taxis et, pour les privés, à la discrétion de l’agent de police posté une centaine de mètres plus bas à l’entrée du parking.
Il y a une année, la circulation automobile avait été éloignée du bâtiment de l’aérogare suite aux attentats de Bruxelles du printemps 2016. Cela a également conduit la police à instaurer un filtrage à l’extérieur de l’aérogare directement sur le parvis sans qu’aucune protection contre le soleil ou la pluie pour les usagers de l’aéroport ne soit prévue par les gestionnaires de l’aéroport.
L’aéroport de Tanger Ibn Batouta dispose d’un parking payant géré par Compagnie Générale des Parkings, une filiale de la CDG. “Une franchise de cinq minutes existe pour le dépose-minute à l’intérieur du parking face à l’aérogare des départs“, indique l’ONDA.
Mais outre le fait que l’existence de cette franchise n’est signalée nulle part, cinq minutes semblent une durée courte pour entrer dans un parking, y débarquer passager (s) et bagage(s), et refaire la queue pour passer la barrière de sortie. Sur ces désagréments, l’ONDA oppose des arguments de “parking finalement pas cher“ -5 DH de l’heure- ou de “passagers pas assez disciplinés pour une bonne organisation des aires de dépose-minute“.
Usagers et professionnels de l’aéroport rappellent, quant à eux, que l’ONDA est doté d’un “service aux passagers“ central à une expérience de voyage confortable. Celui-ci veille à la disponibilité des chariots, comme à la bonne tenue des toilettes et à la fluidité des procédures. Cela va du parking à l’enregistrement en passant par l’offre et les prix des cafétérias. “À l’aéroport, le passager, qui paie des taxes, est à la fois client de la compagnie aérienne et de l’ONDA; la compagnie aérienne est cliente de l’ONDA“, souligne un opérateur.
À la veille de la saison d’été et de l’ouverture de nouveaux vols en avril prochain, l’aéroport de Tanger Ibn Batouta sera chargé. Outre l’augmentation du trafic voyageurs affaires et tourisme, il connaît aussi un développement de l’aviation privée. “Une équipe de football qui arrive, un ministre marocain ou étranger, des responsables saoudiens ou Anas Séfrioui venu contrôler un chantier, cela n’arrête pas“, indique-t-on à l’ONDA. Dans les mois qui viennent, l’aéroport de Tanger aura besoin de plus de renforts de personnel au sol et pour la sécurité, et de plus d’espace.
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