2016, une année moyenne pour le capital investissement au Maroc
Comme chaque année, l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) publie son rapport relatif à l’activité, la croissance et la performance de l’industrie marocaine du capital investissement. L’année 2016 a été marquée par une baisse au niveau de la levée de fonds.
L’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC) a publié son rapport statistique annuel relatif à l’activité du capital investissement au Maroc pour l’année 2016. Une étude réalisée, pour la 9e année consécutive, par le cabinet international Grant Thornton et sous la houlette de la commission Etudes & Statistiques de l’AMIC présidée par Hassan Laaziri, président de l’association.
La panne
Au niveau des chiffres, l’année 2016 n’a pas été "une année de levée de fonds", regrette l’association sur son rapport, avec 305 millions de DH de fonds levés seulement. Un chiffre qui est 32% moins important que ce qui a été enregistré en 2015 et très loin du niveau exceptionnel enregistré en 2013 qui était de 1,5 milliard de DH. Ce niveau relativement modeste s’explique par le caractère cyclique du capital investissement, selon l’association.

Le rapport précise, par ailleurs, que depuis 2013, 86% des fonds levés pour le Maroc sont transrégionaux. Une tendance qui se confirme même sur l’exercice 2016. Car les capitaux levés auprès d’investisseurs étrangers, notamment auprès d’organismes de développement internationaux (SFI, BERD, BEI, BAD) représentent 54% des montants levés.

Le montant de l’investissement a, quant à lui, connu une hausse significative de 40% pour afficher 786 millions de DH. A ce jour, 183 entreprises ont bénéficié d’un montant global d’investissement en capital de 6,3 milliards de DH. C’est le secteur industriel qui s’accapare la part du lion de ces investissements en attirant depuis 2011 soit 45% du montant global investi, tandis que celui des services et transport arrive en seconde position avec 24% des investissements.

Casablanca confirme son statut de capitale économique
À l’image de ce qui a été enregistré au cours des dernières années, c’est dans la région de Casablanca que le plus gros des investissements est réalisé avec un taux de 68%. Les autres régions n’arrivent visiblement pas à attirer les investisseurs. Rabat concentre 10% seulement des investissements, 6% sont réalisés dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, et 5% pour les régions de Fès-Meknès et Marrakech-Safi. Le ticket moyen d’investissement en 2016 est en moyenne de 40 millions de DH, mieux que la moyenne enregistrée entre 2011 et 2016 qui s’établit à 35 millions de dirhams.

Du côté des désinvestissements, l’année 2016 enregistre une progression de 10% par rapport à 2015 avec 205 millions de DH. Le cumul des montants désinvestis atteint 2,4 milliards de DH, soit près de 38% du montant global investi par l’industrie du capital investissement.
Depuis 2011, la majorité des sorties en valeur sont des cessions industrielles à hauteur de 38% et les cessions à d’autres fonds passent de 3 à 18%. Ceci confirme l’embellie du marché secondaire, tout en sachant que la durée moyenne d’investissement est de 6 ans. Le Taux de rentabilité interne (TRI) que l’association a calculé sur la base des sorties effectives s’élève à 13% à fin 2016.
Pour rappel, ce rapport couvre 21 sociétés de gestion dont 3 dédiées à l’infrastructure gérant 40 fonds (20 actifs et 20 désinvestis ou en phase de désinvestissement). "Ceci couvre la quasi-totalité de l’industrie marocaine du capital investissement", assure l’association.
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