Uber au Maroc… deux ans après !
12.000 chauffeurs inscrits, 500 chauffeurs actifs, un panier moyen de 35 DH, 38% des commandes par des touristes et 40% de paiement se font en espèces. Les indicateurs clé d'Uber deux après le démarrage des services de sa plate-forme mobile au Maroc.
Convertir le malaise en solutions. Tel semble le leitmotiv de la filiale de la firme américaine de transports et de services collaboratifs deux ans après le démarrage de ses services au Maroc.
Et pour cause, malgré l’attitude ambivalente des pouvoirs publics et l’hostilité soutenue des chauffeurs de taxis à Casablanca, les nouvelles plates-formes de l’économie collaborative telles que Uber, Careem et Monchauffeur.ma, commencent à entrer doucement dans les mœurs d’une large frange de la population et des touristes en visite au Maroc.
Concrètement, la plate-forme Uber Maroc référence, aujourd’hui, plus de 12.000 chauffeurs dont 500 actifs chaque mois avec un panier moyen de commande de 35 DH par course. Cet élan d’adhésion des chauffeurs n’est pas fortuit. Un chauffeur Uber actif à Casablanca peut générer un chiffre d’affaires de plus de 12.000 DH par mois grâce à une moyenne de 15 à 20 courses par jour. "Notre offre d’employabilité séduit les étudiants, les chômeurs diplômés, les retraités de la fonction publique, les femmes monoparentales et les ex-chauffeurs de taxis", explique, sur un ton enthousiaste, Mme Meryem Belqziz, directrice générale Uber Maroc.
Parallèlement, plus de 40% des utilisateurs payent en cash depuis l’introduction de ce mode de règlement, en mai 2016, à côté de la carte bancaire. Plus intéressant encore, la plate-forme de transport collaboratif est adoptée vite et intensément par les touristes. "Plus de 38% des utilisateurs de nos services sont des touristes de 67 nationalités avec une dominante de ceux qui sont originaires de la France, les USA et la Chine", révèle, Mme Belqziz.
Sur un autre registre, le profil des utilisateurs n’est pas surprenant à l’instar des autres marchés similaires à fort potentiel en Afrique et en Asie. Ce sont généralement les jeunes cadres, les femmes, les jeunes adolescents et les personnes âgées qui font appel davantage aux services Uber et principalement des quartiers Maarif, Racine, Bourgogne et Sidi Maârouf.

Meryem Belqziz, directrice générale Uber Maroc
"A défaut de la révision du texte réglementaire en vigueur ou un accord avec les pouvoirs publics sur l’accès au marché du transport par les plates-formes technologiques telles que Uber, nous continuons à être en mode solution notamment pour faire face aux attaques des chauffeurs de taxis et les amendes des policiers", ajoute, avec regret, Mme Belqziz.
D’ailleurs, aujourd’hui, Uber affirme assurer le support juridique, médical et financier à ses chauffeurs pour faire face aux attaques des taxis, aux dommages causés à leurs véhicules ainsi que les verbalisations des policiers pour motif de transport clandestin. La moyenne du coût du support des chauffeurs Uber, la compensation suite à une agression et à une verbalisation s’élève à plus de 5.000 DH par incident.
En attendant une attitude plus claire des pouvoirs publics, Uber ambitionne se lancer prochainement sur trois autres villes à savoir Rabat, Marrakech et Tanger. "Nous continuons de croire au potentiel du marché marocain malgré l’adversité et le manque de visibilité. Je suis convaincue que la réussite de notre expérience est un levier pour permettre à Uber de se développer dans la région de l’Afrique du Nord et l’Afrique sub-saharienne", pronostique la jeune manager de Uber Maroc, victime parfois de menaces contre son intégrité physique par les détracteurs de la firme américaine.
Uber Maroc: Doing good is good for business!
Pendant deux ans, Uber Maroc était créative dans ses actions marketing pour mieux promouvoir son offre et faire face à l’adversité du marché. A court terme, Uber travaille sur un projet de lancement de programme "UberPitch" dédié au soutien financier et l’accompagnement des auto-entrepreneurs porteurs de projets innovants. Pour le mois de Ramadan, l’entreprise lancera, également, une opération de solidarité grâce au versement d’une partie de ses recettes à des ONG actives dans le domaine de solidarité sociale et médicale.
Enfin, l’entreprise, qui emploie aujourd’hui une équipe permanente de sept personnes, organisera la deuxième édition de son Ftour annuel au profit de tous ses chauffeurs pour les remercier de leur fidélité malgré le climat de travail difficile.
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