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“L’bankalik”, Attijariwafa Bank réagit à la polémique sur la gratuité de son offre digitale

L’offre gratuite d’Attijariwafa Bank "L’bankalik" s’avère lourdement impactée par les dates de valeur et les clients crient au scandale. Un détail qui plombe le projet digital gratuit de la banque qui promet de le résoudre rapidement. 

“L’bankalik”, Attijariwafa Bank réagit à la polémique sur la gratuité de son offre digitale
El Mehdi Berrada
Le 1 mai 2017 à 6h39 | Modifié 17 février 2026 à 10h56

Depuis quelques jours, la page Facebook de l’offre "L’bankalik" de la banque Attijariwafa Bank, a reçu de nombreux messages de clients qui se disent déçus ou qui crient au scandale. L'objet de cette ire, c'est que la banque a effectué des prélèvements sur leurs comptes, alors que l’offre à laquelle ils ont tous souscrit est censée être gratuite.

Les clients en question avaient tous opté pour la formule "SMART" qui est proposée gratuitement. A noter que l’offre "l’bankalik" comprend d’autres formules qui, elles, sont payantes.

"Lorsque j’ai souscris à l’bankalik j’ai choisi le compte gratuit à 0 dirham, et pourtant je constate que vous avez prélevé 22 dirhams comme frais trimestriels", s’indigne une cliente sur la page Facebook de la banque. D’autres accusent même la banque de faire de la publicité mensongère, comme ce client "La banque m'a débité 44 dirhams. C'est de la publicité mensongère".

 

“L’bankalik”, Attijariwafa Bank réagit à la polémique sur la gratuité de son offre digitale

Date de valeur, l’origine du mal

Dans ses réponses, le community manager de la page essaie d’expliquer que c’est normal, qu'il ne s'agit pas de frais de tenue de comptes mais d'agios.

Sa réponse l’adresse des clients est la suivante: "Le prélèvement de 22 dirhams correspond aux agios calculés trimestriellement en fonction des positions débit/crédit qu'a enregistré votre compte durant le 1er trimestre 2017, à compter de sa date d'ouverture".

“L’bankalik”, Attijariwafa Bank réagit à la polémique sur la gratuité de son offre digitale

Comprenez que ces prélèvements de la banque sont une "pénalité" que le client doit supporter à cause des dates de valeurs. Dans le lexique bancaire, la date de valeur est le jour auquel une somme est effectivement débitée ou créditée sur un compte. Sauf que pour Attijariwafa Bank, et d’autres banques de la place, cette date ne coïncide pas forcément avec celle de l'opération de retrait, de paiement, ou de dépôt, elle intervient généralement à J+2.

Ce qui veut dire que si un client effectue un versement aujourd’hui, il ne sera crédité que deux jours plus tard. Il a certes le droit de retirer de l'argent sur la somme versée, mais s'il avait un solde nul, il sera considéré comme débiteur.

Pour dire les choses encore plus crûment, vous versez de l'argent, mais pendant deux jours si vous le touchez, c'est comme si la banque vous en prêtait et elle vous comptera les intérêts sur votre propre argent.

Le problème n'est pas exclusif à L'bankalik ni à Attijari. Il est universel, au Maroc et à l'étranger. A notre connaissance, seul le CIH a supprimé les dates de valeur.

Donc, L'bankalik ne facture pas de frais de tenue de compte mais à cause des dates de valeur, peut vous facturer des agios (ou intérêts).

Un constat que Driss El Meghraoui, le directeur exécutif du marché des particuliers et professionnels, semble partager. "Les frais supplémentaires sont une conséquence des dates de valeurs et ça concerne les clients qui font un versement et un retrait le même jour", affirme-t-il en recevant vendredi 28 avril un groupe de journalistes.

Les dirigeants de la filiale de la SNI et les équipes qui ont travaillé sur le projet "L’bankalik" n’ont, semble-t-il, pas pris cet élément en compte lors de l'élaboration de l’offre. D'un autre côté, le concept même de banque digitale réside dans la vitesse d'exécution des opérations et c'est aussi pour cela que le client a opté pour cette offre.

Chère date de valeur  

Attijariwafa Bank promet donc d'ajuster "L’bankalik" dans l’optique de respecter les promesses initiales.

"Nous allons corriger ce problème dans les plus brefs délais et ça ne sera plus que de l’histoire ancienne", promet Driss El Meghraoui.

Attijariwafa Bank va-t-elle, enfin, supprimer les dates de valeurs comme ce qu’a fait le CIH?

"Non, mais il faut relativiser, parce que les clients ne sont pas tous dans ce schéma là et ne sont pas tous concernés par les frais engendrés par les dates de valeur. Les dates de valeurs sont un choix de la banque mais il est hors sujet pour l’bankalik", répond Driss El Meghraoui.

Avant d’ajouter: "Pour résoudre ce problème, nous avons plusieurs solutions et ce n’est pas forcément des dates de valeurs à corriger. Il suffit par exemple d’annuler la facturation même si on garde les dates de valeurs".

Pour lui, les dates de valeurs n’ont aucun impact ou presque sur la clientèle des particuliers. "Il faut une culture financière pour comprendre ces considérations. Souvent, les dates de valeurs n’ont aucun intérêt pour un particulier, c’est plus la clientèle entreprise qui est touchée", estime le directeur exécutif du marché des particuliers et professionnels.

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El Mehdi Berrada
Le 1 mai 2017 à 6h39

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