Finance participative. Ce qu'en dit Abdellatif Jouahri
Ce 20 juin, Abdellatif Jouahri tenait un point de presse après la réunion trimestrielle conseil de Bank Al Maghrib. Hormis le dossier chaud de la flexibilité, la finance participative a eu sa part des débats. Il a d’ailleurs promis que le marché monétaire soit effectif d’ici le 15 septembre.
Les sorties médiatiques de Abdellatif Jouahri, le gouverneur de la Banque centrale, sont toujours très attendues. Ce mardi 20 juin, lors du point de presse qui a suivi le deuxième conseil de Bank Al Maghrib de cette année. Après avoir répondu à toutes les questions relatives à l’actualité concernant la flexibilité, il a fallu faire un détour par l’autre nouveauté: la finance participative. Verbatim.
La course au démarrage, pas au goût du wali
Le wali de la Banque Centrale a tenu à rappeler son mécontentement concernant la course à l’ouverture des banques participatives depuis quelques semaines. "Je les ai bien rappelés à l’ordre", a-t-il lancé. Même si Abdellatif Jouahri n’a pas cité de nom, le coup de gueule était destiné à Umnia Bank, la filiale du CIH. La banque a été la première à ouvrir ses portes, et trois agences, sur Rabat et Casablanca, accueillent quotidiennement les clients curieux. "Il n’y a même pas la convention d’ouverture de compte et ils font de la publicité comme ça!", s’est-il étonné.
Le puzzle
La finance participative n’existait pas avant, et il fallait tout créer. C’est une sorte de puzzle où chaque élément et chaque détail a sa propre place, compare Jouahri. "L’essentiel des circulaires est prêt. Trois d’entres elles sont déjà publiées, dont l’une concerne les 5 produits, elle est passée par le comité Sharia et par le SGG avant d’être publiée au BO. Le reste viendra au fur et à mesure", promet le gouverneur de Bank Al Maghrib.
Pour le marché monétaire participatif, le gouverneur de la Banque centrale s’est voulu rassurant. "Les Sukuks? ça avance positivement, et ça sera fait vraisemblablement pour le 15 septembre prochain", promet Abdellatif Jouahri.
D’ailleurs, pour chaque convention ou produit destinés au marché de la finance participative, une commission était mise en place au niveau du GPBM pour préparer la convention en coordination avec la Banque centrale. "Une fois la convention prête, nous l’adressons au comité Sharia qui doit valider les aspects religieux avant qu’il adopte la convention et la généralise", détaille Jouahri.
"Ce qu’il faut bien avoir en tête, c’est qu’il n’y a aucune volonté de la part de n’importe quelle partie prenante, ni BAM, ni l’Acaps, ni l’AMMC, ni la SGG, ni le comité Sharia de nuire ou de prendre en otage le projet de la finance participative. Des personnes travaillent même les week-ends pour préparer et pour faire avancer les choses", a lancé Jouahri pour démentir des informations qui ont circulé il y a quelques semaines.
Un comité de coordination entre les trois régulateurs
Le gouverneur de la Banque centrale a aussi voulu défendre le modèle adopté par le Maroc concernant les régulateurs. Dans d’autres pays, il existe un seul régulateur qui s’occupe des questions monétaires, des marchés des capitaux et des assurances. "Nous avons opté pour 3 régulateurs, mais avec un comité de coordination qui est prévu par la loi", précise Abdellatif Jouahri qui préside d’ailleurs ledit comité.
Dans le cadre de la mise en place et la préparation de la finance participative, le travail se concentre chez ce comité de coordination.
"Les 3 régulateurs échangent les informations. C’est dire que nous nous sommes approchés de l’Acaps pour préparer toute la régulation de l’assurance Takaful et de l’AMMC pour la préparation du marché des capitaux participatif", assure le gouverneur de la banque centrale.
Avant d’ajouter: "C’est un travail terriblement lent. Il fallait tout mettre en place pour que le marché puisse travailler dans de bonnes conditions", rembobine Abdellatif Jouahri.
Le comité Sharia, quant à lui, a pour objectif de valider la conformité des produits avec les préceptes de l’islam et de la doctrine malékite. Selon le gouverneur, trois équipes ont été formées au sein du comité de façon à ce que le travail soit réparti et qu’il avance dans le bon sens.
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