Mohamed Tozy quitte la direction générale de l’EGE pour fonder l’IEA
A la tête de l'Ecole de gouvernance et d’Economie de Rabat depuis 2013, le politologue et chercheur sera remplacé par Karim El Aynaoui début août prochain. Las de devoir gérer les contraintes administratives inhérentes à son mandat, Mohamed Tozy a demandé à être déchargé de ses fonctions pour diriger l’Institut d’Etudes avancées qui sera opérationnel en octobre 2017.
Créée en 2008 et rattachée à l’Université Mohamed VI Polytechnique (UM6P), l’EGE devenue en 2014 la Faculté de gouvernance, de sciences économiques et sociales, va changer de directeur général.
Lors d’une passation de pouvoirs qui aura lieu le 24 juillet prochain, le chercheur qui continuera à y enseigner sera remplacé par Karim El Aynaoui, directeur général d’OCP Policy Center.
Joint par Médias24, Tozy affirme que sa décision est mue par une volonté de se consacrer à la recherche et la formation doctorale en développant une politique d’accueil de doctorants et post-doctorants.
Pour accroître la dynamique de recherche enclenchée en 2014 avec la création du Centre de Recherches Economie, Société et Culture (CRESC) qu’il dirige, l’UM6P et OCP ont validé la création d’un Institut d’Etudes Avancées adossé au centre de recherches.
Le CRESC rassemble une quarantaine de chercheurs permanents et associés et plus de 40 doctorants en formation et qu’il est composé de deux chaires d’études (chaire des Etudes africaines comparées et chaire Paul Pascon pour les sciences sociales).
"Le développement des activités du CRESC m’amène à me consacrer exclusivement à la poursuite de son expansion et au lancement d’un Institut au sein de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), en coopération avec les universités publiques du Maroc", explique l’enseignant.
Selon lui, la création du nouvel institut complètera le dispositif de recherche mis en place par l’Université dans le domaine des sciences politiques et sociales, notamment sur le continent africain.
"Le CRESC et son nouvel Institut devront permettre un rayonnement international accru des activités de recherches en sciences sociales au sein de l’Université Mohammed VI Polytechnique et conforter les objectifs de formation de nouveaux chercheurs dans ces disciplines", conclut Tozy.
Interrogé, Olivier Deau, responsable communication à al Faculté de gouvernance, sciences économiques et sociales déclare que l’IEA organisera des activités à l’université Mohamed VI Polytechnique de Benguerir mais que ses locaux principaux devraient être à Rabat ou Casablanca.
"Le lieu du siège de l’institut n’a pas encore été choisi mais il sera localisé dans une de ces deux villes qui comptent une forte population étudiante et donc plusieurs futurs chercheurs", précise notre interlocuteur en ajoutant que l’IEA sera géré par le CRESC et donc par Tozy qui l’a créé en 2014.
Selon lui, l’IEA sera le 2ème institut du genre sur le continent après l’Afrique du sud. Même s’ils ont le même périmètre disciplinaire, les vocations du CRESC et de l’IEA diffèrent car le centre est destiné aux chercheurs de l’UM6P alors que l’institut travaillera avec les universités marocaines et africaines.
"Ce type d'institut offre un format très souple dont un des modèles historiques est celui créé à Princeton dans les années 30. Ces instituts travaillent avec toutes les universités et non pas seulement avec l'université qui les portent. Leur raison d'être est la recherche. Un des premiers fondateurs revendiquaient d'ailleurs l'utilité d'une recherche inutile et ce type d'organisation a permis à des chercheurs aujourd'hui renommés de travailler et de faire connaître leurs travaux aujourd'hui considérés comme essentiel", commente Deau.
Notre interlocuteur poursuit que l’IEA qui ouvrira ses portes en octobre prochain sera financé par l’UM6P et par le groupe OCP qui est l’initiateur et le bailleur de fonds de l’Université de Benguerir.
Cette stratégie de développement de la recherche permettra à l’institut de doubler, dans les deux ans à venir, le nombre de ses chercheurs permanents en le faisant passer à 30 et l’UM6P pourra recruter une dizaine de post-doctorants afin d'accompagner les thésards dans leur recherche.
Pour conclure, notre interlocuteur se veut rassurant en assurant que les professeurs de l’IEA, y compris Mohamed Tozy, continueront à enseigner à la faculté de gouvernance.
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