Flexibilité des changes: les opérateurs sont dans le flou total
Chaque jour, le projet de réforme du régime de change s’achemine un peu plus vers l’oubli. Dans quelques semaines, on n’en parlera plus et dans quelques mois, on n’y croira plus.
Il s’agissait d’un projet important. Avec lequel on peut être d’accord ou pas. Mais le gouvernement s’y était engagé, la Banque centrale aussi, des organismes internationaux étaient dans le coup. L’élaboration a duré des années, la préparation intensive au moins 18 mois. Ceci sans oublier la communication, la formation, le travail technique. Des entreprises se sont préparées et se sont organisées. Les banques ont étoffé leurs équipes et certaines ont réorganisé leurs salles des marchés.
Demain mercredi 19 juillet, cela fera trois semaines que le report sine die a été décidé.
Ce que l’on sait désormais, c’est que la décision de report a été prise par prudence, par peur d’une décote du Dirham, et donc d’une hausse de l’inflation importée, avec ses effets sociaux éventuels.
L’inquiétude a balayé toutes les projections rassurantes. Pourtant, la décote n’aurait en aucun cas pu dépasser les 2,5% si la marge de fluctuation est maintenue dans la limite annoncée par Saâdeddine El Otmani.
Aujourd’hui, ce que l’on sait avec certitude, c’est que:
-la décision sera prise par le gouvernement.
-il n’y aura pas d’annonce préalable.
Il y a quelques jours, une source gouvernementale de haut niveau a indiqué au cours d’une réunion: “La flexibilisation a foiré parce que nous avons été trop transparents. Il y a eu trop de communication“. En d’autres termes, trop de transparence a créé une atmosphère propice aux spéculations contre le Dirham et notamment en pariant sur une dévaluation donnée pour préalable.
Ce propos laisse également entendre qu’il n’y aura probablement pas d’annonce préalable si jamais le projet de flexibilisation est maintenu. Le même interlocuteur, forcément au courant des détails, s’exprime comme si le projet était simplement reporté. Pas abandonné.
Sur la place casablancaise, les avis sont partagés. Un banquier impute la spirale spéculative à l’un de ses confrères, accusé d’avoir réalisé des gains prodigieux en un mois. Un autre avoue qu’il est dans le flou total mais se déclare convaincu qu’il n’y aura pas de retour en arrière. Selon lui, la décision entrera en vigueur à la rentrée ou en tous les cas avant la fin de l’année.
Le directeur financier d’une multinationale voit dans la cacophonie un manque de maîtrise qui a fait du tort à sa société. Selon lui, elle avait l’habitude de faire des couvertures depuis toujours et durant deux semaines en juin, ils n’ont pas pu le faire.
Une source généralement bien informée dans les milieux d’affaires estime que si le gouvernement décide de maintenir la flexibilisation, "la bande de fluctuation sera probablement réduite en deçà de 5%".
Le DG d’une banque de grande taille estime que “le plus malheureux dans cette affaire, le plus impardonnable, c’est l’absence de communication officielle précise. Le gouvernement a repris le dossier en main, il a annulé la date précédemment convenue avec la Banque centrale, mais n’a à aucun moment jugé utile de se justifier auprès des opérateurs économiques ou de l’opinion publique“.
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