Cession de la Samir: le tribunal assouplit sa position... en attendant des garanties
A titre de garantie, le juge-commissaire demande aux candidats de verser un pourcentage de leurs offres. Incapables de fournir une caution, certains avaient proposé des garanties personnelles.
La cession de la Samir n'avance pas et ses protagonistes semblent désemparés. Car après de brèves vacances, la rentrée se fait sous le signe de la redondance: Pour la énième fois consécutive, le juge-commissaire chargé de la liquidation a accordé, à l'issue d'une audience tenue ce lundi 11 septembre, un délai de quinze jours aux candidats pour déposer des garanties.
Des garanties de quelle nature? Au départ, le juge-commissaire exigeait une caution bancaire, mais y a renoncé faute de candidats capables de la fournir, la frilosité -justifiée - des banques n'aidant pas. Aujourd'hui, un autre choix s'offre aux acquéreurs potentiels: "Déposer un pourcentage de l'offre globale en espèces ou par chèque certifié", nous annonce une source judiciaire autorisée.
Le montant de la garantie, qui s'apparente plus à une avance, "sera négocié en fonction des dispositions et capacités du candidat". Si, compte tenu des montants offerts, celui de la caution ne semblait pas contraignant (1% du montant global), le montant de l'avance réclamée sera probablement plus élevé. "Il doit être versé sur le compte de la liquidation ouvert auprès du tribunal de commerce de Casablanca", précise la même source.
Cette ultime concession, espèrent les tenants du dossier, tend à accélérer un processus qui peine à prendre son envol. Sachant que pour débloquer la situation, d'autres solutions avaient été soumises par des candidats: "l'un d'eux a même proposé qu'une tierce personne physique, un richissime homme d'affaires étranger, garantisse le paiement du prix sur son patrimoine personnel", confie notre interlocuteur, faisant savoir que "cette proposition a été écartée pour des raisons évidentes de sécurité juridique".
"Au début, nous exigions qu'une banque marocaine se porte caution pour faciliter la saisie en cas de défaillance de l'acheteur", ajoute la source. Or, en dehors de jouer son rôle de garantie, "recevoir une avance conséquente, c'est surtout un moyen de déclencher, au plus vite, l'étape du paiement des créances, alors que les vérifications sont en voie d'être bouclées", dit-elle pour justifier le nouveau choix du tribunal.
"La Samir compte plusieurs centaines de créanciers. Une grande partie a déjà été admise à concourir au fruit de la liquidation. Des expertises ont également été diligentées, et les experts judiciaires doivent donc être désintéressés, tout comme le syndic qui travaille depuis deux ans sans toucher le moindre sou", rappelle notre interlocuteur.
L'urgence est telle que, pour les candidats, ce sera "premier arrivé, premier servi", à en croire une autre source proche du dossier. Pour autant, l'achat de la Samir sera-t-il prix de la course? Pas si sûr, car encore faut-il que l'offre globale corresponde à la fourchette des meilleures propositions short-listées au juge-commissaire, aujourd'hui établie entre 25 et 30 MMDH. En deçà, inutile de courir. Selon les expertises judiciaires, l'ensemble des actifs de la Samir est évalué à 21,6 MMDH.
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