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Transferts de fonds: WorldRemit vise un volume annuel de 100 millions de dollars au Maroc

L'entreprise spécialisée dans le transfert d'argent en ligne instantané veut se frayer un chemin dans le marché marocain, malgré la présence ancrée de plateformes classiques comme Western Union et MoneyGram, et malgré l'absence de "mobile money".

Transferts de fonds: WorldRemit vise un volume annuel de 100 millions de dollars au Maroc
Sara El Hanafi
Le 3 octobre 2017 à 10h36 | Modifié 3 octobre 2017 à 10h36

Leader mondial du transfert d’argent en ligne, WorldRemit vient de renforcer son partenariat avec l'opérateur marocain Wafacash, et ce afin de proposer le transfert d’argent instantané dans des pays comme le Cameroun, le Bénin, le Burkina Faso, le Niger et la Côte d’Ivoire d’ici la fin de l’année.

Les deux entreprises avaient déjà noué un partenariat au Maroc et au Sénégal l’an dernier. Entretien avec le PDG de WorldRemit, Ismail Ahmed.

Médias24: Qui est WorldRemit et quels sont les services qu'elle fournit?

Ismail Ahmed: WorldRemit a démarré son activité en 2010. Nous sommes basés à Londres, au Royaume-Uni, et nous employons près de 400 collaborateurs à travers le monde. Durant les six dernières années et jusqu’à présent, nous avons pu amasser des fonds avoisinant 200 millions de dollars pour nos investissements grâce à des partenaires de la Silicone Valley notamment ainsi que d’autres bailleurs de fonds, et ce afin de construire une véritable plateforme globale et digitale de transfert d’argent, différente des plateformes de transfert classiques comme Western Union et MoneyGram.

A présent, nous effectuons des transferts d’argents à partir de 50 pays et vers près de 150 pays, dont le Maroc.  

-Comment fonctionne précisément votre plateforme?

-Dans les plateformes de transfert classique, les expéditeurs doivent se déplacer vers des commerces pour effectuer cette opération. Mais aujourd'hui, presque tous ont des smartphones et des comptes bancaires. Au lieu de chercher des commerces de proximité pour envoyer des fonds, les expéditeurs peuvent mener l’opération à partir de leurs smartphones ou de leurs ordinateurs seulement. De plus, le transfert s'effectue de manière instantanée.

Depuis que nous avons démarré, cette solution a rencontré énormément de succès, ce qui s'est traduit par des niveaux importants de croissance au niveau de notre entreprise.

-Ce service est-il disponible au Maroc?

-Le Maroc ne fait pas encore partie de nos marchés émetteurs, c'est-à-dire à partir desquels les fonds peuvent être envoyés via notre application, car pour ce faire, nous avons besoin d'une licence. Mais le volume qui y est transféré à travers notre outil est important, et ce à travers des partenaires comme Wafacash qui permettent aux clients de bénéficier de notre service à travers leurs réseaux. Nous avons entamé notre partenariat avec Wafacash en août 2016, et à présent nous étendons ce partenariat vers d'autres pays africains.

Par ailleurs, le Maroc fait partie des marchés où les fonds sont réceptionnés sous forme de cash ou de versements bancaires.

-L'absence de mobile money au Maroc est-elle une entrave à votre développement dans le pays?

-Vous savez, notre plus grand marché, ce sont les Philippines, représentant 20% de nos volumes transférés. Les Philippins envoient des fonds de quasiment la totalité des 50 pays dans lesquels nous sommes émetteurs, mais une fois arrivés aux Philippines, ces fonds sont réceptionnés soit en cash ou sous forme de virement bancaire. De même pour la Colombie qui est un de nos marchés les plus importants et qui n'a pas de mobile money non plus.

Pour le Maroc, ce sont 100% des transferts d’argent à partir des pays d’émission qui ne sont pas en cash, surtout à partir de pays européens, d’Amérique du nord ou d’Asie. Mais au niveau de la réception, c'est majoritairement du cash.

Il est vrai que pour que notre industrie se développe et pour que nos clients puissent profiter plus de nos facilités, la solution de mobile money doit être adoptée. Dans des marchés comme le Kenya, 95% de nos transferts sont effectués sous forme de mobile money. Au Maroc, la digitalisation est en marche et c’est une bonne chose, puisque c’est la tendance à suivre en ce moment. Et c’est une bonne chose que la Banque centrale marocaine ait pris l’initiative de développer ce chantier.

-Avez-vous des perspectives dans le Royaume, surtout avec l'avènement du paiement mobile dans le pays?

-Nous voulons arriver à un volume de transferts de 100 millions de dollars au Maroc, d’ici 3 ans, et ce sans compter sur la mobile money car nous offrons également d’autres facilités. Nous aspirons à ce que le Maroc devienne un de nos plus grands marchés en Afrique, comme le Ghana, le Kenya, le Nigeria ou le Zimbabwe. Le Nigéria n’a pas de mobile money et nous y réalisons également un volume dépassant les 100 millions de dollars. Nous espérons donc calquer cette expérience sur le Maroc.

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Sara El Hanafi
Le 3 octobre 2017 à 10h36

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