Maroc Russie: un accord de libre-échange en 2018?
A la veille de la visite officielle au Maroc du président du gouvernement de la Fédération de Russie, une mission d’affaires conduite par le ministre russe de l’agriculture a rencontré son homologue marocain et la présidente de la CGEM. L’objectif étant de dynamiser les échanges commerciaux qui, selon lui, ne sont pas à la hauteur des potentialités réciproques.
"Messieurs les exportateurs marocains, vous devez vous réveiller pour ravir la première place à l’Egypte qui constitue notre principal fournisseur d'agrumes", a déclaré Alexandre Tkatchev lors de la réunion de la mission d’affaires russe qui s’est déroulée ce mardi 10 octobre à Rabat.
Se déclarant prêt à aplanir les obstacles qui entravent l’accès au marché russe des produits agro-alimentaires marocains, le ministre a souligné que les perspectives commerciales entre les deux pays devaient faire l’objet d’efforts de part et d’autre.
Afin de développer le commerce bilatéral, le forum qui s’est ouvert par une rencontre des deux ministres a été suivi par des réunions B to B entre des opérateurs russes et des membres de la CGEM.
A l’ouverture du forum, un mémorandum de coopération a d’ailleurs été signé entre une société russe et la région de Marrakech qui était représentée par la députée Milouda Hazib.
Si l’essentiel de la coopération maroco-russe porte sur des produits énergétiques ou agricoles, Tkatchev a affirmé que cette rencontre qui intervient à la veille de la 1ère visite d’un Chef de gouvernement russe au Maroc constitue une opportunité pour booster les échanges bilatéraux.
Pour son homologue marocain, Aziz Akhanouch, la dynamique enclenchée en 2016, après la visite royale à Moscou, a permis au Maroc d’élargir ses positions en Russie et de se positionner en tant que 1er fournisseur du marché russe en tomates en 2016 et 2ème fournisseur en petits fruits d’agrumes.
Associées à l’événement, la CGEM, conduite par Miriem Bensalah Chaqroun, a insisté pour que le secteur privé joue un rôle moteur dans le potentiel de valeur ajoutée d’autres secteurs comme la pharmacie, les produits sidérurgiques, métallurgiques, intrants industriels …
Hormis sa volonté de développer les exportations marocaines vers le marché russe, la présidente du patronat a fait part de la disponibilité des entrepreneurs marocains opérant dans 26 pays africains de servir de tête de pont pour distribuer les produits russes vers le continent africain.
Voulant donner des gages de la disponibilité de son pays à développer un partenariat commercial insuffisant avec le Maroc, Tkatchev a précisé qu’un accord mixte avait été signé avec la commission eurasienne (5 pays: 200 millions d’habitants) pour permettre aux produits marocains de s’exporter vers cette zone après le dialogue qui aura lieu en mars 2018.
Afin de multiplier les échanges avec le Maroc et in fine avec l’Afrique, il a fait part de sa volonté de signer dans moins d’un an, un accord de libre-échange qui fera tomber les barrières commerciales. Cet accord est évoqué par les deux parties comme étant en phase de finalisation et ce; depuis 2015.
Le ministre a également réclamé la création d’un corridor vert pour accélérer et simplifier les formalités douanières qui entravent le commerce agricole entre le Maroc et la Fédération de Russie.
Revenant sur la concurrence des produits agro-alimentaires égyptiens, Tkatchev a déclaré qu’il ne tenait qu’aux exportateurs marocains de devenir les premiers exportateurs d’agrumes vers son pays.
Selon lui, son pays est prêt à discuter le prix de référence des agrumes mais les Marocains devront être plus compétitifs car si l’Egypte est mieux placée c’est parce qu’elle pratique des prix moins chers.
Concernant les exportations vers le Maroc, il a révélé que son pays allait désormais participer à tous les appels d’offre marocains dans d’autres secteurs comme la livraison de gaz liquéfié, de groupes électrogènes, de pièces automobiles, produits pharmaceutiques, confiserie, huiles végétales ….
Clôturant en langue arabe, l’Ambassadeur plénipotentiaire de la Fédération de Russie a déclaré que son pays ne connaissait pas assez le Maroc et vice versa mais que le plan stratégique signé en 2016 par le Roi du Maroc et le Président de la Fédération de Russie avait montré que le potentiel commercial était énorme de part et d’autre.
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