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Le PPS réunit d'urgence ses instances et s'interroge sur son avenir

Le limogeage des ministres de l’habitat et de la santé ainsi que leur mise à l’écart de toute future responsabilité officielle (ainsi que pour l’ex-titulaire du portefeuille de la culture) mettront-ils fin à la participation du PPS au gouvernement depuis près de 20 ans? Quelques mois avant le congrès de juin 2018 qui renouvellera les instances du parti, plusieurs cadres ou anciens dirigeants reviennent sur l’impact des derniers développements politiques ainsi que sur l’avenir de l’actuel secrétaire général. 

Le PPS réunit d'urgence ses instances et s'interroge sur son avenir
Samir El Ouardighi
Le 25 octobre 2017 à 17h17 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

Sur les trois membres qui participaient à la coalition menée par Saâdeddine Elotmani, il ne reste jusqu’à nouvel ordre que Charafat Afilal, secrétaire d’Etat déléguée auprès du ministre de l’eau.

Pour plusieurs observateurs politiques, l’éloignement des membres les plus en vue de ce parti augure une traversée du désert du PPS avec un risque de relative disparition à terme de l’échiquier partisan.

Une réunion du Bureau politique pour décider de l’avenir gouvernemental

On en saura certainement plus après la réunion extraordinaire du bureau politique qui a été programmée pour la journée du 26 octobre. Une version confirmée par Khalid Naciri qui nous a affirmé que «face à la situation exceptionnelle qui nous interpelle directement, le PPS prendra position de manière responsable et objective sur la base des derniers développements politiques».

En d’autres termes, la direction décidera de rester au gouvernement ou d’en sortir pour rejoindre les rangs de l’opposition désertés depuis 1998, date de sa première participation gouvernementale.

Contacté par Médias24, Ismail Alaoui, prédécesseur de Nabil Benabdellah à la tête du parti du Livre, affirme que l’avenir immédiat du PPS appartient aux membres du bureau politique dont il ne fait plus partie.

"Le PPS saura rebondir car il en a vu d’autres en 70 ans d’existence"

"Il n’est entre les mains de personne d’autre et ceux qui pensent que son avenir est compromis sont pour le moins pessimistes car ce n’est pas la première ni la dernière fois qu’il est en butte à une situation délicate. Le PPS a toujours su dépasser les crises auxquelles il a été confronté car il faut rappeler qu’à 70 ans biens sonnés, c’est un des partis les plus anciens du Maroc qui est au gouvernement depuis près de 20 ans", tient à rappeler, optimiste, l’ancien secrétaire général.

A la question de savoir si l’éventuelle décision de quitter les rangs de l’exécutif précipitera le PPS dans une traversée du désert, Alaoui n’exclut pas cette possibilité qualifiée de loi de la vie politique.

"Elle sera peut être salutaire mais que nous soyons au gouvernement ou pas, notre ligne de défense des intérêts supérieurs du pays et des classes laborieuses restera la même", avance l’ancien ministre de l’Education nationale et de l’agriculture sous les gouvernements Abderrahman Youssoufi .

Réfutant la possibilité que le PPS disparaisse complètement du paysage politique marocain, notre interlocuteur rappelle encore que son parti a changé 4 fois de nom mais qu’il est toujours présent.

"Un troisième mandat du secrétaire général peu probable"

Après le limogeage du secrétaire général, il semble probable qu’à quelques mois du congrès qui renouvellera les instances du parti, la carrière politique de Nabil Benabdellah qui comptait se représenter pour un 3ème mandat est en principe terminée et qu’un nouveau leader devra essayer de reconstruire le parti pour survivre au parlement et revenir à terme au gouvernement.

Optimiste, Alaoui se dit convaincu que son parti finira par rebondir avec un changement de leader ou même avec le maintien de l’actuel secrétaire général qu’il refuse de blâmer pour sa proximité avec Abdelilah Benkirane qui a brouillé le message "progressiste" auprès de ses troupes.

N’étant plus au gouvernement, Benabdellah aura cependant du mal à se maintenir à la tête du PPS sachant qu’il n’aura plus aucun poste à proposer à ceux qui l’ont suivi dans son alliance avec le PJD.

S'il a très habilement négocié l’entrée au gouvernement de son parti après le scrutin de 2011, ce rapprochement contre-nature et son bilan peu convaincant ont incontestablement été à l’origine des fiascos électoraux de 2015 et 2016 puis enfin de son renvoi de son poste de ministre.

Au lendemain de son limogeage, personne ne peut assurer avec certitude que l’actuel SG est mort politiquement mais le fait qu’il ait été démis par le Roi en personne et qu’il soit désormais interdit d’exercer la moindre fonction officielle le met en position de faiblesse devant ses fidèles qui auront du mal à accepter l’autorité d’un leader n’ayant plus aucune possibilité de responsabilité publique.

Pour Saïd Saadi, ancien dirigeant du PPS, la situation actuelle ne fait que confirmer le constat critique qu’il avait émis après son départ d’un parti auquel il avait appartenu pendant près de 40 années.

"La direction actuelle a tué le parti qui s’est banalisé comme l’UC"

"A mon départ, le parti était déjà en état de mort clinique et il était maintenu sous perfusion grâce à l’ouverture sur de prétendus notables et à l’alliance avec le PJD qui était censé renflouer ses rangs partisans. Contrairement aux annonces de la direction, le PPS a été le grand perdant de cette alliance contre-nature car toutes les dernières élections ont été des fiascos alors que le PJD s’est renforcé.

"Il ne faut donc pas s’étonner car le verdict des urnes a été édifiant pour expliquer la crise actuelle. A l’instar de l’UC, le parti s’est complètement banalisé et il est peu probable qu’il continue à influer sur l’agenda politique à l’avenir et malgré cela, Benabdellah voulait rempiler pour un 3ème mandat de SG", rappelle l’ancien secrétaire d’Etat à la famille, la protection sociale et l’enfance.

Concernant les chances de l’actuel leader de briguer un nouveau mandat, notre interlocuteur déclare que le problème ne se situe plus au niveau du leadership car le PPS s’est vidé de sa base militante pendant les deux mandats du secrétaire général dont le dernier se terminera en mai 2018.

Selon celui qui a participé à la réforme de la Moudawana, le PPS s’est étiolé durant les huit dernières années en devenant une coquille vide.

"Il ne va pas disparaître mais n’ayant plus d’empreinte sur la vie politique, sa banalisation entamée avant mon départ va s’accentuer. Sur le plan des idées, nous étions un vivier d’intellectuels novateurs mais le PPS est devenu un parti de gestion quotidienne et de politique politicienne, dénonce notre interlocuteur qui vise toute la direction actuelle du parti.

L'histoire de la politique nous enseigne qu'un parti de petite taille est toujours perdant à 's'allier de près à un parti dominant. Pire encore lorsque les deux idéologies sont antagonistes.

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Samir El Ouardighi
Le 25 octobre 2017 à 17h17

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