Les principales mesures du programme d'urgence contre la pénurie d'eau
Ce programme vise en premier lieu à assurer l'approvisionnement en eau potable pour les zones dépendant principalement de sources d'eaux vulnérables, et à garantir l'irrigation des arbres fruitiers.
Lors de son passage, lundi 27 novembre à la Chambre des représentants, le chef du gouvernement, Saâd Eddine El Otmani, a dévoilé les mesures du programme d'urgence pour faire face à la pénurie d'eau dans plusieurs régions du Royaume.
Le comité ministériel de l'eau a tenu une réunion le 18 octobre durant laquelle il a été décidé de créer un comité technique. Ce dernier préparera un programme de priorités pour l'approvisionnement en eau potable et en eau d'irrigation.
Le Comité a proposé un programme d'urgence qui comprend notamment:
- l'intensification de l'exploration des eaux souterraines,
- l'économie d'eau et la gestion des ressources hydriques disponibles,
- l'approvisionnement en eau potable et en eau d'irrigation des arbres fruitiers à travers l'utilisation des camions-citernes,
- l'augmentation de la production d'eau potable dans certains centres ruraux et périurbains,
- l'établissement de points de distribution d'eau pour l'abreuvement du cheptel,
- la mise à niveau et l'entretien des canaux d'irrigation de petite et moyenne taille.
Accélérer les investissements
Selon le chef du gouvernement, le comité a également proposé un programme pour accélérer les investissements dans le secteur de l'eau en proposant des solutions innovantes et structurelles, visant à améliorer l'approvisionnement en eau potable et d’irrigation, notamment pour les bassins les plus touchés par le déficit hydrique, et ce durant la période allant de 2018 à 2025.
Ce programme vise principalement à développer l'approvisionnement à travers:
- la construction de nouveaux barrages ou l'augmentation de la capacité de stockage de certains d'entre eux,
- l'établissement des usines de dessalement,
- la réutilisation des eaux usées,
- le renforcement de la production et la distribution d'eau potable,
- l'amélioration de la performance des réseaux de production et de distribution d'eau potable ainsi que l’économie et la valorisation de l'eau d’irrigation,
- continuer d'approvisionner le monde rural en eau potable à travers la poursuite de la mise en œuvre des programmes en cours,
- le développement d'un programme supplémentaire pour les villages qui n'étaient pas concernés par les anciens programmes.
Ces mesures, basées sur la diversification des sources d'approvisionnement et qui ne dépendent pas seulement des pluies et précipitations, permettront au Royaume de faire face à la demande croissante sur les ressources en eau, d'assurer la sécurité de l'eau du pays et de réduire l'impact des changements climatiques, a relevé M. El Otmani.
D'autres mesures visent également le renforcement du recours à la désalinisation de l'eau de mer pour augmenter l'approvisionnement en eau des principaux pôles urbains côtiers.
Il s'agit de:
- l'adoption d'un Plan national de l'eau et la mise en œuvre des programmes y afférents,
- la gestion de la demande d'eau à travers l'augmentation de la performance des réseaux de distribution d'eau potable,
- la transformation des systèmes d'irrigation traditionnels aux systèmes localisés d'irrigation pour la distribution de 51.000 hectares par an,
- la construction de 25 barrages, soit 5 par an pour la période 2017-2021, et de dix petits barrages annuellement.
Des projets à l'étude
Un certain nombre de projets sont à l'étude pour assurer que de nombreux pôles urbains puissent être alimentés en eau, comme Casablanca, Al Hoceima, Nador et Driouch et El Jadida-Safi, en plus de Massa et Dakhla, a dit le chef du gouvernement.
Concernant le traitement des eaux usées, un prolongement du Programme national d'assainissement liquide et d'épuration des eaux usées (PNA) est en cours de préparation. Il sera dédié essentiellement au milieu urbain et semi urbain, pour inclure les zones rurales, ce qui permettra l'intégration des trois programmes nationaux: un programme national d'assainissement liquide en milieu urbain, un autre en milieu rural en plus du programme d'épuration des eaux usées.
La première étape se déroulera entre 2018-2025 et concernera l'intégration des grands centres ruraux et émergents, alors que la deuxième phase (2026-2030) sera axée sur la réalisation des projets d'assainissement liquide dans les moyens et grands centres. La phase finale (2031-2040), quant à elle, veillera à généraliser l'assainissement liquide pour bénéficier à d'autres douars et villages.
(Avec MAP)
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