Addoha publie quelques réalisations de son PGC à fin octobre 2017
Après un grand tumulte autour du cours boursier d'Addoha, le groupe publie ce jeudi 7 décembre, quelques éléments autour des résultats de son Plan Génération Cash à fin octobre 2017. Entretien avec son DG, Anas Berrada.
Dans une rencontre à bâtons rompus avec Médias 24, Anas Berrada, directeur général du groupe Addoha, justifie le retard de publication de ces résultats, ayant causé la propagation de plusieurs rumeurs autour de la société, ce qui a pénalisé son cours en bourse: "Lorsque nous avons lancé le PGC en 2014, nous avions dit que nous allons annoncer le nouveau plan stratégique avec le communiqué qui allait clore le PGC. Nous avons donc pensé qu’il serait mieux d’attendre et de tout publier dans un communiqué final".
Il ajoute: "C'est nous qui avons habitué le marché depuis trois ans à communiquer trimestriellement, alors qu'aucune obligation légale ne l'impose".
Notre interlocuteur indique par ailleurs que le nouveau plan stratégique 2018-2020 sera annoncé avant la fin de l’année en cours.
Pour M. Berrada, le PGC a "transformé le business model de la société, et nous a permis pendant trois ans de traverser les turbulences du secteur immobilier de manière sereine et sans dégâts".
Depuis le début du plan, soit en près de 3 ans, l’entreprise a collecté 23,5 MMDH de cash. Anas Berrada explique que c'est le cash flow dégagé qui a permis de rembourser les dettes de l’entreprise tout en distribuant des dividendes: "Nous avons atteint à présent un gearing de 31,5%, alors que nous avions comme objectif d’être entre les 32 et 33%".
L’endettement de l’entreprise a été ramené à 5,9 MMDH contre 9,3 MMDH au début du plan, pour des fonds propres de 12 MMDH. Depuis le début du PGC, Addoha s’est donc désendettée de 3,4 MMDH.
Pour le plan stratégique 2018-2020, Anas Berrada affirme que le groupe veut continuer sur le même trend de rigueur: "Nous allons privilégier le cash flow positif plutôt que des croissances à court-terme".
Il explique: "Notre priorité sera le cash flow positif. Nous maintiendrons un niveau d’endettement stable, un niveau de rendement appréciable pour nos actionnaires, et nous allons investir dans des projets liquides, rapidement transformables en cash et ne restant pas plus de 2 ou 3 ans dans le bilan".
Il se félicite d'ailleurs des réalisations du groupe: "Nous avons aujourd’hui une agilité à réagir face à toute conjoncture. Nous sommes une société forte, saine, qui pourra réagir vite et qui s’intéresse à tous les segments porteurs".
Parmi ces segments, Addoha mise sur deux en particulier. Le premier est le moyen-standing, notamment à travers sa marque Coralia, relais de croissance pour l’entreprise.
Le second est l’Afrique subsaharienne, avec deux pays phares: la Côte d’Ivoire et le Sénégal: "Et dans ces pays, il faut aller jusqu’à préparer l’environnement", explique M. Berrada. Il faut par exemple des financements acquéreurs pour l’acquisition de logement, et c’est tout un travail qui a été fait pour obtenir des crédits à 25 ans, avec des échéances soutenables de 130.000 francs CFA maximum, moins de 50% du salaire moyen. Il a fallu également trouver les bonnes entreprises de construction, adéquates au coût de revient ciblé, etc.".
Le groupe cible d'ailleurs 10.000 logements construits sur les six prochaines années à Abidjan seule.
Le groupe avait déjà indiqué que ses projets en Afrique rapporteront 300 MDH en chiffre d’affaires dès 2018. M. Berrada nous affirme qu’en 2019, la contribution de l’Afrique au chiffre d’affaires global sera plus importante.
Sur le segment du luxe, Anas Berrada explique que le groupe est à un niveau de vente très confortable, et génère 2,5 à 3 MMDH par an de chiffre d’affaires sécurisé (lié à des ventes non livrées) dans le segment des logements de luxe pour les trois prochaines années.
M. Berrada évoque également le foncier, dont l'acquisition a été réduite durant la période du PGC: "Nous pouvons maintenant dégager un budget d’investissement pour acquérir du foncier. Mais l'idée est d'acheter du foncier rapidement développable, et de transformer tout notre actif circulant rapidement en cash", explique-t-il.
Selon lui, les réserves foncières du groupe s’élèvent à 4.000 hectares environ: "Notre réserve foncière est de qualité. Nous avons de beaux terrains à Rabat, à Casablanca et à Marrakech".
Le communiqué d'Addoha peut être consulté ou téléchargé ici.
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