La France veut séduire les investisseurs marocains
Dans le cadre de sa stratégie d’internationalisation de son économie, la France veut encourager l’installation d’entreprises marocaines sur son sol. Malgré des débuts timides, cette initiative est censée faire du Maroc un de ses investisseurs notamment dans le secteur de l’innovation.
L’Ambassade de France au Maroc a organisé, ce mardi 12 décembre, avec l’opérateur public «Business France», chargé d'aider les entreprises étrangères à s’installer en France, une rencontre pour augmenter, à terme, le volume des investissements marocains en France.
Depuis 2015, la France n’est en effet plus sur un partenariat unidirectionnel en termes d’exportations. Pour la 2ème fois de leur histoire, le solde commercial des 2 pays devrait atteindre l’équilibre en 2017 et peut-être même terminer l'année à l’avantage du Maroc.
Pour les organisateurs, cette dynamique d’encouragement s’est accélérée grâce à l’effet Macron qui veut sortir du schéma traditionnel d’une France qui se contente d’investir dans les pays africains.
Tout comme le fait le Maroc avec les investisseurs étrangers qui veulent conquérir le marché africain à partir de son territoire, la France propose aux Marocains (et à tous les Africains) d’utiliser son sol comme un hub vers le continent européen.
Conscient des potentialités d’emploi pour son marché intérieur, l’Hexagone se positionne désormais comme une terre d’accueil pour les investisseurs marocains notamment dans le secteur high-tech.
C’est d’ailleurs dans cette optique que la 3ème édition de l'événement «Investir en France» s’est tenue au Technopark de Casablanca qui accueille le plus grand incubateur de startups du territoire marocain.
Articulée autour de trois axes de débats, la rencontre a mis en avant la bonne santé de la France, son attractivité économique et enfin les démarches à effectuer au Maroc pour investir en France.
Taux de croissance supérieur à celui de l’Europe, 25.000 entreprises étrangères installées sur son sol, 6ème économie mondiale, 7ème rang en termes d’accueil d’investissements directs étrangers, les organisateurs ont cité plusieurs arguments pour convaincre les entrepreneurs intéressés.
Pour cela, Business France a mis en place un dispositif administratif qui facilite l’installation des investisseurs, dirigeants, startupers, salariés et membres de leur famille sur tout le territoire français.
Il comprend des titres de séjour renouvelables d’une durée pouvant aller jusqu’à 4 ans, une exonération fiscale de la rémunération pouvant atteindre 50% pendant une durée maximale de 8 années, et un régime spécifique de sécurité sociale pour les candidats et les membres de leurs familles.
Stéphane Lecoq, directeur «Invest-zone Maghreb» de Business France a précisé que les secteurs les plus lucratifs pour les Marocains sont ceux des services (centres d’appel, transport, logistique, banques), des technologies de l’information et de la communication et enfin de l’agro-alimentaire.
Si pour l’année 2017, seuls six dossiers d’accompagnement d’investisseurs marocains ont été déposés, cette dynamique devrait, selon lui, s’accélérer dans les années à venir car de plus en plus d’entreprises locales sont désireuses de s’internationaliser.
«Que ce soit des grosses sociétés ou des PME qui veulent faire de la France leur hub européen, le potentiel est important car on part presque de zéro», a conclu optimiste le représentant de l’organisme public français qui a cité en exemple la success-story européenne de l’agence digitale marocaine «Social Impulse» récemment installée à Strasbourg après Paris.