Le gouvernement semble se résigner à une fermeture définitive de la Samir
RECIDIVISTE. Aziz Rabbah, ministre de l'Energie et des mines, remet une couche. Le département de tutelle et peut-être le gouvernement, semblent envisager froidement et sans trop d'émotion, l'hypothèse de fermeture de la Samir. La raffinerie ne semble plus dans les radars de l'exécutif.
Dans une déclaration publiée dimanche 14 janvier par l'agence Bloomberg, le ministre de l'Energie, Aziz Rabbah, n'écarte pas une "éventuelle fermeture définitive de la Samir".
"Soit on trouve un acheteur, soit on ferme définitivement", a affirmé le ministre, rappelant la décision de liquidation annoncée, le 21 mars 2016, par le tribunal de commerce de Casablanca.
Dans une déclaration antérieure, publiée par la MAP, le ministre avait qualifié d'"obsolètes" les retombées économiques de la crise du raffineur Samir. Une réponse qui avait amplifié l'angoisse des salariés à un moment où la cession devient de moins en moins probable.
Médias24 a plusieurs échanges espacés, le dernier il y a quelques jours, avec des personnalités du gouvernement ou proches du gouvernement, et concernés par le devenir de l'énergie et de la Samir au Maroc.
Dans ce genre d'échanges, l'anonymat est souvent requis. Notre conclusion générale est que la Samir est en train de disparaître des radars du gouvernement, si ce n'est déjà fait.
Le constat est froid:
-le marché marocain est passé à la norme 10 ppm. La Samir produisait du 10 ppm avant son arrêt. Si elle se remet correctement en marche, elle couvrira au maximum 40% du marché local en 10 ppm. Pour aller au delà, il faudra des investissements, ce qui va renchérir le coût de la liquidation.
-si la Samir redémarre, a-t-elle encore sa place sur le marché local? les opérateurs se sont habitués à s'approvisionner à l'étranger et parfois, ce sera moins cher.
-les cadres marocains de la Samir sont très recherchés sur le marché et n'auront aucun mal à être embauchés ailleurs.
-le Maroc a-t-il besoin d'une raffinerie alors que les raffineries ferment dans de nombreux pays?
-le gouvernement n'a aucun moyen d'intervenir dans le cours de la Justice.
Ces remarques laissent entendre que la Samir pourrait être reconvertie en structure de stockage, tout simplement.
Ce constat passe sous silence d'autres dimensions de la question:
-les 1.000 salariés et leurs familles.
-les 5.000 salariés des sous-traitants et leurs familles.
-les 40 ou 45 milliards de DH de dettes dues aux créanciers dont l'Etat (16 milliards de l'Etat) et des banques ainsi qu'une multitude de PME.
-la disparition d'une activité génératrice de valeur ajoutée.
-le sort des petits porteurs qui ont fait confiance à la Samir et à sa communication financière.
Mohammédia était encore qualifiée, il y a quelques années, de ville pétrolière. Elle s'est développée autour du pétrole. Comem Jerada autour du charbon. Mohammédia deviendra-t-elle une future Jerada?
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