Equilibres macroéconomiques: la hausse des recettes sauve le budget
Les finances publiques du Royaume ont pris quelques couleurs en 2017. C'est ce qui ressort de la présentation des principaux indicateurs macroéconomiques - lors d'une conférence de presse tenue le 26 janvier par Mohamed Boussaid au siège du ministère. Baisse du déficit budgétaire, hausse des recettes… La dette du Trésor est toutefois à surveiller, avec un léger repli en pourcentage mais une augmentation en valeur.
>Déficit budgétaire
Le déficit budgétaire a été contenu à hauteur de 3,5% du PIB – conformément aux prévisions, contre 4,1% en 2016.
Ce résultat a été obtenu grâce à la maîtrise des dépenses courantes et une meilleure mobilité des recettes, parallèlement à l’accélération des investissements.
>Recettes et dépenses
Les recettes du Royaume ont enregistré en 2017 une hausse de 5,2% - soit 11,5 MM DH en valeur.
Les recettes fiscales se sont appréciées de 6,1% - soit 11,6 MM DH, pour atteindre 200,5 MM DH. L’IS, l’IR et la TVA ont enregistré des hausses respectives de +16,3%, +0,7% et +7,6%. Cependant, on observe une baisse des droits de douane de l’ordre de -5,1%, ainsi que des droits d’enregistrement et de timbre de -1%.

Les dépenses ordinaires ont pour leur part vu une hausse de 1,4% en 2017, principalement en raison de l’augmentation des charges de compensation, de l’ordre de 8,7%. En valeur, ces charges s’élèvent à 15,3 MM DH, dont 10,3 MM DH absorbés par le gaz butane.
>Dette
La dette du trésor s’élève à 692,1 MM DH en 2017, soit l’équivalent de 64,5% du PIB, contre 64,7% en 2016. Le département de Finances décrit ce résultat comme le premier recul de l’endettement depuis 2008. Ce qui est vrai en pourcentage de PIB…
Excepté le fait que, en valeur, le niveau d’endettement est le double de celui de 2009. Avec une dette intérieure au plus haut niveau également – de l’ordre de 539,3 MM DH. Idem pour la dette extérieure, qui atteint 152,8MM DH – son plus haut niveau depuis 2009.
Ce qui n’empêche pas Boussaid d’estimer que la dette du Trésor reste soutenable et devrait poursuivre sa trajectoire baissière dans les années à venir…

>Régime de change
L’entrée en vigueur de la flexibilité du dirham n’a pas eu un impact significatif sur le taux de change. Ce que le ministre de l'Economie et des Finances Mohamed Boussaid interprète comme une marque de confiance des opérateurs dans la valeur de la monnaie nationale et une réaction positive à la réforme.
Entre le 12 et le 15 janvier – sous l’effet d’une appréciation de 2,4% de l’euro face au dollar, le taux de change s’est déprécié de 1,1% par rapport à l’euro, tout en enregistrant une hausse de 1,2% face au dollar.
Depuis le 15 janvier, le taux de change est resté circonscrit au sein de l’ancienne bande de fluctuation (plus ou moins 0,3%).
Les demandes des banques en devises s’est établie durant cette période à 22 M dollars, entièrement satisfaite par BAM.

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