img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
EDUCATION

Enseignement préscolaire: ce qui ne va pas selon le Conseil supérieur de l'éducation

Près de 700.000 enfants sont privés de l'enseignement préscolaire au Maroc. Le Conseil pointe du doigt plusieurs problèmes dont la multiplicité des intervenants, l'absence d'un cadre juridique global et la prédominance de l'appât du gain.  

Enseignement préscolaire: ce qui ne va pas selon le Conseil supérieur de l'éducation
A. E. H.
Le 7 février 2018 à 13h28 | Modifié 7 février 2018 à 13h28

Le Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique a présenté, ce mercredi 7 février, son avis sur l'éducation préscolaire.

"L'objectif de cet avis est de présenter des recommandations visant la généralisation obligatoire et progressive" de cet enseignement, que le Conseil voudrait "gratuit ou de qualité", note, dans un communiqué, l'instance présidée par Omar Azziman.

Chiffres à l'appui, le Conseil relève "une évolution en dents de scie de l'effort de généralisation". Tous établissements confondus, l'enseignement préscolaire "accueille près de 658.789 enfants". Un décompte qui "englobe les enfants de moins de 4 ans et ceux de plus de 5 ans."

Seulement voila, "la catégorie d'âge de 4 à 5 ans révolus compte 588.040 enfants, sur un total national de 1.342.385 enfants, soit 43,8% seulement qui fréquentent des établissements préscolaires", rapporte la même source, citant les statistiques 2015-2016 du ministère de l'Education. "Environ 700.000 enfants sont privés de cet enseignement", précise Aziz Kaïchouh, rapporteur de la commission permanente de l'Education-formation pour tous et de l'accessibilité.

Le "non-respect par l'Etat de ses engagements en matière de mise en œuvre des dispositions de la Charte nationale d'éducation-formation" est en ce sens pointée du doigt.  A ce titre, le Conseil recommande la mise en place d'une obligation légale, pour l'Etat et les familles, du préscolaire pour tous les enfants âgés de 4 à 5 ans, et ce dans un délai de 10 ans.

Les collectivités territoriales sont également sollicitées dans l'effort de généralisation.

Un cursus intégré

Une autre recommandation tend à rattacher l'enseignement préscolaire à l'enseignement primaire. Le Conseil propose en effet "un cursus intégré". Au vrai, il ne s'agit pas d'une nouveauté. Dès 2004, cette proposition avait été contenue dans la Charte nationale de l'éducation et de la formation, "mais malheureusement, au niveau de l'exécution, l'intégration du préscolaire dans le primaire a constamment été reportée", regrette Mohamed Noureddine Afaya, membre de la même commission permanente.  

"La multiplicité des intervenants dans ce secteur" préoccupe également les rédacteurs de l'avis. "Des institutions aux perspectives, des objectifs divergents interviennent" dans cet enseignement, observe M. Afaya. L'absence d'un cadre juridique global et unifié y est pour quelque chose. Dans son avis, le Conseil appelle à l'instauration d'un "cadre" et d'une "tutelle" uniques. Sur ce deuxième point, M Kaïchouf se montre clair: "Le ministère de l'Education est, de manière incontestable, le département chargé de l'enseignement préscolaire."    

Pour sa part, M. Afaya rappelle que "l'éducation et l'enseignement sont, de manière générale, des questions politiques et sociétales". Des questions qui, donc, transcendent les considérations" idéologiques" ou "partisanes".

D'autres écueils sont diagnostiqués par le Conseil, qui relève une pénurie en établissements, capables d'accueillir les enfants durant la période de la petite enfance; l'incohérence des programmes et méthodes suivis, tant en matière d'éducation que de management, selon les établissements et les organismes; l'absence d'encadrement et de règlementation des établissements de l'enseignement préscolaire et des espaces d'accueil des enfants, ou encore, la prédominance, parmi les investisseurs dans ce domaine, de l'appétit du gain

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
A. E. H.
Le 7 février 2018 à 13h28

à lire aussi

Législatives 2026 : Laftit réunit les partis non représentés au Parlement
Elections 2026

Article : Législatives 2026 : Laftit réunit les partis non représentés au Parlement

Le ministère de l’Intérieur a présenté samedi 9 mai 2026, à Rabat, l’état d’avancement des préparatifs du scrutin du 23 septembre 2026, notamment la révision des listes électorales, les dispositifs logistiques et les plateformes numériques dédiées aux candidatures et aux procurations des MRE.

Tourisme : la SFI prépare une feuille de route pour accélérer l’investissement privé au Maroc
TOURISME

Article : Tourisme : la SFI prépare une feuille de route pour accélérer l’investissement privé au Maroc

La filiale du Groupe Banque mondiale chargée du secteur privé cherche à mandater un cabinet de conseil pour identifier les opportunités d’investissement dans le tourisme marocain, avec un accent sur la bancabilité des projets, l’emploi, la durabilité et la résilience climatique.

Affaire Maes : l’audience en appel renvoyée au 14 mai 2026 à Tanger
DROIT

Article : Affaire Maes : l’audience en appel renvoyée au 14 mai 2026 à Tanger

Le dossier du rappeur franco-marocain, condamné en première instance à sept ans de prison ferme, sera de nouveau examiné par la Cour d’appel de Tanger après un renvoi motivé par la convocation de la défense.

CFG Bank : Souad Benbachir quitte ses fonctions de directrice générale déléguée
Quoi de neuf

Article : CFG Bank : Souad Benbachir quitte ses fonctions de directrice générale déléguée

Administratrice de la banque, Souad Benbachir entend désormais se concentrer sur son rôle au sein du conseil d’administration et de ses comités, après plus de trente ans de contribution au développement de Casablanca Finance Group, devenu CFG Bank.

Afrique du Sud : la justice relance une procédure de destitution contre Ramaphosa
INTERNATIONAL

Article : Afrique du Sud : la justice relance une procédure de destitution contre Ramaphosa

La Cour constitutionnelle sud-africaine a jugé anticonstitutionnelle la décision du Parlement de bloquer une enquête parlementaire sur le scandale dit du “Farmgate”, lié à une importante somme en devises volée dans la ferme privée du président Cyril Ramaphosa.

Télécoms : Dominion renforce ses capacités au Maroc après l’intégration de Verne
Quoi de neuf

Article : Télécoms : Dominion renforce ses capacités au Maroc après l’intégration de Verne

Le groupe espagnol de services et de projets affirme que l’intégration de Verne consolide ses activités télécoms en Espagne et au Maroc, dans un contexte de recentrage sur les métiers récurrents et à plus forte valeur ajoutée.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité