Les médecins du privé entament un dialogue avec le ministre de la santé
Une première! Convoqués par le nouveau ministre de la santé pour une prise de contact, les représentants du secteur privé décident de s’unir au préalable, pour parler d’une seule voix.
Ce mercredi 21 mars, les porte-paroles de la médecine libérale, toutes tendances confondues (généralistes, spécialistes et représentants des cliniques privées...), sont allés à la rencontre d’Anas Doukkali. Juste avant, ils ont réussi à se mettre d’accord sur une plate-forme commune. L’essentiel de leurs doléances y est répertorié.
Le secteur privé
Dans leur communiqué commun, ils rappellent d’abord au nouveau ministre les reformes législatives qui se perdent dans les méandres du parlement. C’est le cas de l’affiliation des médecins privés à la CNSS, pour bénéficier d’une couverture médicale et d’une retraite. Plusieurs années après le début du processus législatif y afférant, les décrets d’application ne sont toujours pas publiés.
C’est aussi le cas épineux de "l’erreur médicale". Le Maroc est toujours dépourvu de lois délimitant les responsabilités des médecins et définissant les procédures de recours des patients et de leurs parents, en cas d’incident médical.
Les médecins libéraux demandent aussi l’actualisation du tarif national de base, qui sert pour l’AMO de référence pour les remboursements de leurs honoraires. Cette grille tarifaire date de 2006 et en devient caduque selon les médecins, puisqu’elle ne tient pas compte du renchérissement naturel des frais liés à l’acte médical. Le décalage de plus en plus grand entre les prix exigés par les praticiens et les tarifs bas reconnus par l’Etat, "pénalisent au premier chef le citoyen, qui paye la différence", affirment les représentants du corps médical.
Les médecins du privé dénoncent enfin, l’exercice illégal de la médecine (herboristes, mécaniciens dentistes, diplômes étrangers peu crédibles, spécialités revendiquées à tort,….).
Des médecins du secteur privé, que Médias24 a contactés, espèrent que la réorganisation de leurs rangs et leur première rencontre avec le nouveau ministre, ouvriront la voie à une collaboration public-privé, en vue de résoudre tous les problèmes en suspens.
Le secteur public
En 2017, la longue vacance à la tête du ministère (la constitution tardive du gouvernement Elotmani et l’éviction imprévue d’El Ouardi) ont attisé les attentes de l’ensemble du corps médical marocain.
En effet, les libéraux ne sont pas les seuls à revendiquer des changements. Ceux du secteur public ne cessent de leur côté, d’organiser des grèves et des sit-in. Deux mouvements de contestation ont marqué le dernier tiers de l’an 2017 et ce 20 mars, le syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) a organisé sa deuxième grève de l’année.
Il y répète inlassablement ses revendications:
>Amélioration des conditions de travail dans les hôpitaux publics (équipements insuffisants, ustensiles et médicaments souvent en rupture de stock…..)
>Augmentation des postes budgétisés de résidanat et d’internat, pour pallier le manque de personnel dans les hôpitaux.
>Amélioration des salaires des médecins, en alignant leur statut à celui de "docteur" dans la fonction publique.
Cependant, faire passer les émoluments des médecins de 8.600 à 15.000 DH, doublera presque le budget du ministère alloué au paiement des salaires des médecins. Plus globalement, la résolution des revendications du secteur public, ainsi que l’adoption d’une nouvelle grille tarifaire de l’AMO pour les libéraux, augmentera substantiellement les dépenses de l'Etat liées à la santé.
Une telle réorientation de l’investissement public suppose une révision préalable du modèle économique marocain pour une meilleure prise en compte des secteurs sociaux en général et de la santé en particulier.
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