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PPS: Le successeur de Benabdellah sera le camarade Nabil

A quelques jours du 13 mai qui verra l’élection d’un nouveau leader à la tête du PPS, aucun candidat ne s’est encore déclaré. Une situation qui ouvre un boulevard au secrétaire général sortant, soutenu par ses fidèles mais conspué par des détracteurs qui dénoncent son acharnement à s’accrocher au seul pouvoir qui lui reste.  

PPS: Le successeur de Benabdellah sera le camarade Nabil
Samir El Ouardighi
Le 7 mai 2018 à 17h07 | Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Le 10ème congrès national du parti du livre intitulé "Un souffle démocratique nouveau" se tiendra du 11 au 13 mai au complexe international de la jeunesse et de l'enfance à Bouznika.

Ce n’est cependant que le dimanche 13 mai que l’on saura qui sera élu à la tête du PPS par les 300 membres du comité central. Mais il semble d’ores et déjà acquis que le secrétaire général sortant se succédera à lui-même pour un troisième mandat.

Contacté par Médias24, Moulay Ismaïl Alaoui nous confirme, indirectement, que le congrès qui doit renouveler toutes les instances du parti ne devrait pas réserver de surprises.

Un candidat non déclaré donné vainqueur à l’avance

"Je ne suis pas impliqué dans sa préparation mais dans tous les congrès antérieurs du PPS auxquels j’ai assisté, les candidatures se sont toujours déclarées à la dernière minute. Lors de ceux de 2014 et de 2010, il y avait 3 candidats puis 2, ce qui veut dire qu'il est donc possible que ce soit le cas lors du prochain congrès.

"Rien n’interdit qu’il y ait d’autres candidatures mais il semble probable que celui qui a le plus de chances de gagner la compétition soit Nabil Benabdellah.

"Pour être honnête, si un candidat de dernière minute se présente, ce sera un trouble-fête car, selon moi, le seul qui soit à même de relever le défi est l’actuel secrétaire général sortant", affirme le successeur du fondateur Ali Yata et prédécesseur de Nabil Benabdellah à la tête du PPS.

Interrogé sur l’interdiction de ce dernier d’exercer toute fonction officielle et le fait qu’il veuille briguer un nouveau mandat, Alaoui affirme qu’il n’y voit aucune contradiction ou impact sur un éventuel nouveau mandat.

"Nabil a été accusé à tort et je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas rempiler sachant qu’il n’a pas plus de casseroles que les actuels secrétaires généraux d’autres partis politiques. Le fait de l’avoir placardisé est une décision injuste qui mérite d’être levée même si elle n’aura aucun impact concret sur le déroulement de son mandat de futur secrétaire général.

"Nous sommes en effet réalistes sur notre poids politique et la représentation parlementaire qui en découle, car nous sommes conscients du fait que nous ne sommes pas près de diriger le prochain gouvernement en 2021.

"On trouvera toujours des choses à redire, mais selon nos statuts, il se présente pour un 2ème mandat et pas pour un 3ème, c’est donc, pour moi, le meilleur candidat pour l’avenir de notre parti", conclut Alaoui qui ajoute que même si Benabdellah ne s’est pas encore présenté, sa candidature coule de source.

"Un congrès de plus pour un candidat ad vitam aeternam"

Pour Said Saâdi, tout a été fait pour qu’il n’y ait pas d’autre candidature en mesure de menacer celle du secrétaire général sortant.

"Le fait que ce dernier ne se soit pas encore déclaré procède de la même tactique que celle pratiquée en 2010 et 2014. Rien de nouveau sachant que je vous avais déjà déclaré lors de sa dernière élection, en 2014, qu’il voulait être secrétaire général ad vitam aeternam.

"Les dés sont jetés, il va être une nouvelle fois élu et il se représentera sûrement pour un 4ème mandat en 2022", avance Saâdi qui ajoute que Benbdellah a créé un comité central d’obligés sur mesure.

"Il n’y a qu’à voir l’évolution du nombre de membres de cet organe qui est le parlement du PPS. Ils étaient 300 en 2006, 700 en 2010, 1.270 en 2014 et aujourd’hui on est redescendu à 300 électeurs.

"Pourquoi prendre cette décision si ce n’est pour se créer des obligés qui voteront bien le jour venu", se demande celui qui a démissionné des instances dirigeantes du PPS en 2014.

Selon lui, son élection est d’autant plus assurée que ces grands électeurs sont désormais désignés au niveau des régions et non plus par les 1.000 congressistes du congrès national.

"Afin qu’il n’y ait pas de mauvaise surprise, dimanche 13 mai, les membres du comité central ont été élus, avant terme, par des congrès locaux et régionaux. Cette nouveauté va permettre à ces 300 personnes de voter comme un seul homme pour Benabdellah qui s’accroche au pouvoir comme le font les secrétaires généraux des autres partis marocains.

"Sous ses deux mandats, on a assisté à une dérive droitière qui a servi des intérêts au service du parti et de l’Etat. Avec ce 3ème mandat, le PPS va davantage se banaliser et se ruraliser car il est de moins en moins présent dans les villes. Les traditionnelles troupes électorales (enseignants…) ont quitté le navire et la direction s’est donc tournée vers les notables ruraux pour sauver les meubles.

"Les Marocains ont pris conscience du discrédit de la classe politique et le PPS de Benabdellah confirme une fois de plus cette tendance en prenant les gens pour des idiots. Ainsi, il a utilisé une pirouette juridique pour accomplir un 3ème mandat alors que les statuts du parti limitent leur nombre à 2.

"Selon moi, ce nouveau mandat s’explique par le fait qu'il a pris goût du pouvoir et par son absence de principes moraux", dénonce Saâdi qui préfère se consacrer à la recherche universitaire plutôt qu’à l’opposition dans son ancien parti.

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Samir El Ouardighi
Le 7 mai 2018 à 17h07

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