PAM: Incertitudes sur les intentions d'Ilyas El Omari
Le Conseil national du parti authenticité et modernité tiendra une session extraordinaire le 26 mai prochain. Selon un ancien proche du secrétaire général, la trajectoire du parti est suspendue à la décision d'El Omari. Le retrait ou le maintien de ce dernier devraient soit permettre de revenir dans le jeu politique pour préparer les prochaines élections soit provoquer une "défaite retentissante" aux législatives de 2021 si "le faux démissionnaire" décide de se maintenir à son poste jusqu’à 2020.
Au moment où nous écrivons ces lignes, un comité destiné à préparer la session extraordinaire du Conseil national se tient à Rabat en présence de plusieurs dirigeants du PAM mais malgré notre insistance, la majorité a refusé d’évoquer la question du départ du SG qui est pourtant sur toutes les lèvres.
Selon une source de premier plan, souhaitant l’anonymat, qui était proche de la direction actuelle, la session extraordinaire qui se tiendra le 26 mai décidera de l’avenir électoral du parti et de sa pérennité.
L’Istiqlal reprend du poil de la bête et profite de l’atonie du PAM
"Depuis le mois d’août dernier, date à laquelle Si Ilyas a annoncé qu’il démissionnait à mi-mandat de son poste de secrétaire général, le parti est complètement paralysé, car le démissionnaire a fait marche arrière.
"Même si nous sommes censés être le 1er parti d’opposition (102 députés), nous sommes quasi-inexistants dans les deux chambres du parlement. Ainsi, malgré le fait que notre poids électoral (47 députés) était moins important pendant la législature de l’ancien chef du gouvernement, Abdelillah Benkirane, le PAM était beaucoup plus crédible et agressif.
"Aujourd’hui, les syndicats sont plus audibles que nous, sans parler de l’Istiqlal qui risque de revenir en force après la fin de la période Chabat qui tout comme El Omari a essayé de s’accrocher à son poste.
"L'Istiqlal, qui est loin derrière le PAM en nombre de sièges parlementaires (46 députés), donne de la voix et se positionne déjà pour constituer une alternative aux prochaines élections législatives de 2021", nous explique notre interlocuteur qui ajoute que la survie du parti dépendra de la décision d'El Omari.
Un nouveau secrétaire général en décembre prochain ?
"Il y a deux scénarios possibles : Le premier serait que l’actuel secrétaire général s'en tienne à sa parole d’août dernier en démissionnant et se concentre sur son mandat de président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
"Dans ce cas, nous désignerons une direction collégiale intérimaire jusqu’au remplacement du SG. L’élection de ce dernier se fera dans le cadre d’un congrès extraordinaire qui aura lieu en décembre.
"Afin d’éviter l’organisation d’un congrès coûteux, nous pouvons aussi convoquer une session extraordinaire du Conseil national (parlement du parti) sachant que le démissionnaire n’a accompli que la moitié de son mandat.
"Une fois élu, le futur secrétaire général et son bureau politique auront le temps, d’ici 2021, de mettre en place une stratégie de conquête du pouvoir et les alliances qui vont avec, car aujourd’hui, les électeurs sont perdus et ne savent plus si le PAM est un parti d’extrême-gauche, de centre ou de droite".
"Maintien d’El Omari = Déroute électorale en 2021"
"Pour la majorité de la direction du parti, le scénario catastrophe serait qu’il nous annonce le 26 mai prochain sa décision de rester jusqu’à la fin de son mandat prévue en 2020, c’est-à-dire un an avant le scrutin législatif. Nous ne sommes pas à l’abri de ce cas de figure sachant qu’en août dernier, il n’a pas tenu les instances du parti, au courant de sa décision de démissionner avant de faire marche arrière.
"S’il persiste à faire du Chabat pour des raisons d’égo, il va ruiner toutes nos chances de diriger le prochain gouvernement ou au moins d’en faire partie dans le cadre d’une coalition. Le problème est que personne au sein du parti ne sait ce qu’il a en tête ni ce qu'il compte faire à la prochaine session du CN.
"La seule bonne nouvelle est que tout le monde, y compris ceux qu’on appelle le clan des Rifains qui était très proche de lui comme Hakim Benchammas, est en train de le lâcher et qu’hormis quelques obligés, il est de plus en plus seul.
"En se maintenant, Ilyas risque donc d’entraîner une déroute électorale, voire même à terme, une OPA d’un autre parti sur les cadres importants du PAM", conclut notre source qui affirme que personne au sein du parti n’est capable de savoir ce qu'Ilyas El Omari fera le 26 mai prochain.
Malgré nos tentatives de joindre l’actuel secrétaire général pour connaitre ses intentions, Ilyas El Omari n’a pas souhaité répondre à nos appels ni messages.
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