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EDUCATION

Situation inédite de crise au Lycée Al Jabr

Le célèbre établissement casablancais a décrété une fin anticipée (de dix jours) de l’année scolaire des élèves de terminale. Après un conflit qui a dégénéré, les deux parties se lancent des accusations.

Situation inédite de crise au Lycée Al Jabr
N. R.
Le 20 mai 2018 à 15h35 | Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Mercredi 16 mai, Lycée Al Jabr, Casablanca. Réunion de crise regroupant tous les professeurs de Terminale, la Direction ainsi qu’un membre du bureau de l’Association des parents d’élèves.

La réunion “entérine l’arrêt anticipé des cours des élèves de terminale“ qui devaient initialement prendre fin samedi 26 mai. “Les quelques éléments de programme non traités, seront mis à disposition des élèves via Pronote par leurs professeurs“, annonce la direction (fac-similé ci-dessous).

Cet arrêt des cours est doublé d’une interdiction d’accès à l’établissement pour les élèves de terminale. Pour toutes les formalités ultérieures telles que le retrait des bulletins, convocations au Baccalauréat, des résultats du Baccalauréat, “seuls les parents seront admis dans l’établissement“.

Ces décisions inédites ont été suscitées selon un communiqué de l’école, par les “violents débordements“ constatés à l’intérieur et à l’extérieur de l’école et qui ont été commis selon la même source, par un groupe d’élèves de terminale.

Que s’est-il passé?

Selon une personnalité bien connue dans le domaine de la communication qui connaît le dossier et qui a requis l’anonymat, il y avait un rituel annuel au lycée Al Jabr, selon lequel les élèves de terminale avaient droit à une “journée de débordement“ pour dire au revoir à l’établissement, d’une manière festive.

Depuis deux ans, poursuit notre source, ces festivités ont connu des dérapages visant la direction. L’année dernière, par exemple, les élèves de terminale ont libéré des dizaines de souris dans le bureau de la proviseure.

Cette année, à l’approche de cette journée, les élèves ont commencé à taguer les murs du lycée avec des messages violents.

Selon le récit de notre source, la proviseure Najate Belkady Chraibi visée par ces messages va choisir la méthode forte:

1. Elle va repérer un bachelier, elle va le menacer, convoquer ses parents et lui confisquer son téléphone, dans lequel elle va avoir accès au détail du programme du groupe des lycéens;

2. Le jour J, elle va appeler la police qui va dépêcher une estafette. Elle va également ramener une dizaine de vigiles. A l’ouverture des portes, les vigiles font lancer une fouille générale, tout élève suspecté sera fouillé par les policiers présents à l’extérieur de l’établissement. La situation va dégénérer, c’est la panique générale dans tout le lycée, les vigiles sont accusés d’avoir violenté les élèves y compris les collégiens.

Les parents vont décider par la suite de manifester ce samedi 19 mai. La proviseure va encore une fois appeler la police pour les intimider. La manifestation sera peu suivie, et la proviseure refusera de les rencontrer.

La version de la Direction

Dans son communiqué adressé aux parents, la Direction du lycée, livre son propre récit des faits:

“Dans la soirée du 9 mai, les murs extérieurs de l’établissement ont été tagués: menaces et insultes nominatives à l’encontre du personnel de l’établissement incitant les élèves de Terminale, toutes filières confondues, «à s’unir contre l’institution scolaire». Suite à ce premier incident, une plainte contre X a été déposée.

“La Direction a mis en garde:

- les parents par sms et message pronote, leur demandant de sensibiliser leurs enfants aux risques encourus.

- les élèves par une intervention directe de la Proviseure dans les classes de toutes les Terminales.

“(…)Dès le lundi 14 mai, en raison de rumeurs persistantes, et suite aux recommandations des autorités compétentes, une équipe de vigiles a été recrutée (12 personnes) afin de mettre en place un contrôle des cartables à l’entrée de l’établissement pour éviter l’introduction de tout matériel interdit et/ou dangereux.

“L’APE, par la voie de son Président, a fait connaitre son adhésion au dispositif de sécurité cité ci-dessus.

“Le mardi 15 mai, des élèves de Terminale ont été identifiés formellement comme préparant une action pour le jour même.

“Leurs parents ont été avisés et convoqués à 13h50 dans l’établissement avec leurs enfants. Alors que les entretiens se menaient, et que les élèves pénétraient dans l’établissement à 14h00, des élèves de Terminale, toutes filières confondues, ont pénétré de force par la porte du collège, cagoulés, équipés de matériel dangereux, voire illicite (fumigènes, pétards, bombes lacrymogène, bombes à taguer, œufs, farines…), en bousculant violemment leurs jeunes camarades rentrant dans l’établissement, le personnel de surveillance et vigiles.

“Ils ont bousculé violemment les plus jeunes élèves ainsi que des membres du personnel de l’établissement, ont lancé des fumigènes dans les cours, avant que certains d’entre eux, ne soient maîtrisés par le personnel présent. Les parents ont été prévenus ainsi que les forces de police. Ces dernières ont entendu ces élèves, accompagnés de leurs parents, au sein de l’établissement“.

Situation inédite de crise au Lycée Al Jabr

 

Situation inédite de crise au Lycée Al Jabr

Au cours de la semaine écoulée, un communiqué de la direction annonce alors un arrêt anticipé des cours pour les terminales. Concernant les “élèves formellement identifiés comme organisateurs et/ou participants aux violents débordements, leur comportement sera mentionné dans Parcoursup“.

Le même communiqué annonce que ce jeudi 17 mai, la direction a pris l’initiative de “sensibiliser l’ensemble des élèves, tous niveaux confondus, à la gravité de ces événements“.

Enfin, “il a été convenu que la réflexion se poursuivrait au mois de Juin, sous la forme d’ateliers, pour préparer les années à venir“.

Un communiqué de l’APE (Association des parents d’élèves), va dans le même sens et appelle à l’apaisement: “En tant qu’Association des Parents d’Elèves, nous sommes rassurés pour l’avenir de nos bacheliers vu les dispositions prises par le staff pédagogique de l’école Al Jabr et remercions par la même occasion la Direction pour sa position catégorique en refusant de dénoncer et poursuivre jusque-là tout élève impliqué dans le mouvement de dégradation et de vandalisme“.

"Vous nous avez appris la liberté d’expression, assumez"

Les élèves de Terminale ont publié un communiqué qui exposé ce qu'ils appellent la "réelle version des choses":

"(...) Depuis plusieurs années, ce qui est appelé «débordement» est un rituel des élèves de Terminale pour fêter la fin de leurs années lycéennes. Ce qui était prévu cette année avant que cela ne tourne au drame.
"12 vigiles supplémentaires, censés être à l’extérieur de l’établissement, ont été engagés par l’école, ce qui a créé un sentiment d’insécurité et de frustration au sein de l’établissement «scolaire» (fouille de cartables et de poches contre le gré des élèves et sans accord officiel des parents).
"Offensés par les mesures excessives prises, un accord entre élèves et Direction de l’école a été proposé pour que cet événement se déroule dans un cadre festif. Malheureusement, la proposition a été déclinée accompagnée de menaces (principalement vis-à-vis de Parcoursup).
(...)
"A notre grande surprise, ces vigiles censés protéger les élèves de l’école, en nous poursuivant, ont causé un mouvement de foule à l’intérieur de l’établissement ayant pour conséquence la prise en charge de trois collégiennes à l’infirmerie. Nous tenons à signaler la maltraitance et la brutalisation commise par ces agents de «sécurité» (violence sur lycéens, filles et garçons confondus, preuves à l’appui).
"D’ailleurs les blessures des vigiles (surnommés alpha 1, 3 et 4) n’ont été causées que par leur acharnement, incivilité et leur manque de professionnalisme, puisqu'aucun gaz lacrymogène ou autre n’a été utilisé à l’intérieur ou à l’extérieur de l’établissement. Seuls quelques fumigènes et pétards ont été utilisés à l’extérieur de l’établissement n’ayant aucune conséquence.
"Finalement, l’ensemble des élèves de Terminale ont écopé d’une exclusion définitive sans pour autant avoir terminé le programme. Nous informons aussi que la totalité du troisième trimestre a été payée, un trimestre qui n’a duré que quelques semaines.
"Les élèves de Terminale soulignent leur grande déception vis-à-vis des mesures exagérées prises par la direction contre leurs propres élèves.
"Ajoutons que ces faits ne sont pas plus graves que de gâcher la vie d’un élève". [Fin du communiqué]

Rappelons que depuis la fin de l'année scolaire précédente (2016-2017), Al Jabr fait partie du groupe Holged (Holding générale de l’éducation), détenteur des écoles Yassamine et des écoles Jouri.

 

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N. R.
Le 20 mai 2018 à 15h35

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