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Affaibli et contesté, le gouvernement est sur la sellette

Ce jeudi matin, le gouvernement Elotmani apparaît plus que jamais affaibli. L'épisode Daoudi et son départ peu glorieux viennent couronner une séquence de boycott qui a montré un gouvernement dépassé et incapable de gérer la situation sociale et économique.

Affaibli et contesté, le gouvernement est sur la sellette
Reda Berrada
Le 7 juin 2018 à 8h18 | Modifié 7 juin 2018 à 8h18

A aucun moment, le gouvernement ne semble avoir pris la mesure du malaise social que le boycott révèle. Il n’a pas réalisé qu’il y a une opinion publique et que dans ce genre de situations, il faut la réactivité, la crédibilité et des mesures concrètes.

Le gouvernement est apparu totalement décalé par rapport à ce mouvement. Jamais le mouvement de boycott n’aurait pris cette ampleur s’il n’y avait pas un profond malaise social sous-jacent, accompagné d’un sentiment d’inégalité des chances et d’injustice sociale. C’est l’élément principal autour duquel toute la réaction du gouvernement aurait dû être construite. Mais cela n’a pas été le cas.

Le boycott est un cri de détresse de la part d’une partie des Marocains qui n’ont trouvé aucun autre moyen de se faire entendre.

Le gouvernement regarde les mécanismes économiques, les emplois. Alors que c’est le cri et la détresse qu’il fallait voir.

C'est comme si le gouvernement disait à l'opinion: "vous criez trop fort, vous me faites mal aux tympans, arrêtez de crier". Un bon psychiatre aurait compris que ce cri révèle une souffrance morale. Et que c'est là que réside le problème.

La détresse est quelque chose que les statistiques du HCP ou de Bank Al Maghrib ne peuvent pas déceler. Elle est sociale et psychologique.

Il est faux de croire qu’avec le boycott et les réseaux sociaux, les consommateurs ont pris le pouvoir.

Ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit.

Il est inutile à ce stade de s’interroger sur l’identité de ceux qui ont initié le boycott ou sur leurs motivations. Ce n’est pas non plus de cela qu’il s’agit.

Le cœur du mouvement aujourd’hui, le moteur, c’est la demande sociale.

L’opinion publique a l’impression de ne pas être prise en compte. Il ne s’agit pas de dire que le coût de la vie est trop élevé ou est en hausse permanente. Ce n’est pas une question de mesure statistique. Non, c’est une question de perception.

Une bonne partie de l’opinion a l’impression de ne pas compter aux yeux de ceux qui décident. On n'a pas besoin de sondage pour se rendre compte à quel point la confiance entre l'opinion et le gouvernement est compromise.

L'opinion a l'impression que le gouvernement vit dans sa bulle. C'est comme s'il y avait deux mondes parallèles: un monde de la vie quotidienne du commun des mortels et un autre, celui des décideurs. Le nouveau modèle économique par exemple, a fait l'objet d'envolées verbales mais rien de concret.

L'opinion demande de l'écoute, de la compréhension, des actes.

Les actes, ce n'est pas compliqué. Mais il faut agir vite, montrer qu'on a bien saisi le message. Améliorer le revenu disponible par une baisse des prélèvements fiscaux n'est pas difficile ni compliqué. Agir rapidement sur la qualité de l'enseignement mais également sur le coût extrêmement élevé de l'enseignement privé. Continuer à améliorer la santé publique. Il est possible d'agir vite si on a réellement un sentiment d'urgence, si on a réellement de l'empathie pour ses concitoyens.

C'est là que réside le message principal du boycott. Une protestation sociale qui a utilisé ce moyen pour s'exprimer. Ce boycott atypique est un mouvement historique et jamais plus les choses ne seront comme avant.

Le gouvernement Elotmani résistera-t-il longtemps à cette situation qui le met sur la sellette?

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Reda Berrada
Le 7 juin 2018 à 8h18

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