Ces méduses que l'on peut rencontrer sur les côtes marocaines
15 espèces de méduses ont été inventoriées le long des côtes marocaines. En Méditerranée, 8 espèces ont été recensées, avec des apparitions qui demeurent très saisonnières (entre la fin du printemps et l'été). Le point avec l'Institut national de recherche halieutique (INRH) sur ces créatures que l'on peut croiser sur les plages.
L’augmentation de la température de l’eau favorise la reproduction des méduses. Au Maroc, en Méditerranée comme en Atlantique, leur apparition est de plus en plus fréquente. Elles appartiennent à divers groupes: coloniales et libres, filtreurs et carnivores, à forte teneur en eau et gélatineuses. Plusieurs familles existent dont celles des Cnidaires, des Cténophores et des Tuniciers. Chacune est composée de milliers d'espèces
Sur le littoral méditerranéen national, les premiers phénomènes d'apparition massive des méduses répertoriés par l'INRH ont eu lieu au début des années 90, notamment la prolifération de l’espèce Pelagia noctiluca en 1992.
Le phénomène a été suivi plus régulièrement depuis 2005, année où la même espèce a proliféré au mois d'avril. Le phénomène s’est estompé progressivement entre 2005 et 2007 puis a disparu complètement en 2008, pour réapparaître à nouveau au début du mois de mai 2011 avec une abondance particulièrement frappante et qui continue à se manifester jusqu’à présent.
Selon les dernières données de l’INRH, 15 espèces ont été inventoriées le long des côtes marocaines. En Méditerranée, 8 espèces ont été recensées, avec des apparitions qui demeurent très saisonnières (entre la fin du printemps et l'été).

Le suivi des espèces invasives
D'après les résultats du suivi des méduses en Méditerranée marocaine, tout particulièrement à l'ouest, la présence abondante de ces espèces est déterminée par la direction et le sens des courants de marée, nous explique l'INRH. Elles sont plus abondantes lorsqu’elles sont charriées par le courant du sud-est, en provenance du large, et relativement plus rares lorsque le courant longe la côte dans le sens nord-ouest.

(Source: INRH)
L’INRH a mis en place un programme national pour le suivi de la biodiversité et l’occurrence spatiale des taxons gélatineux, à travers les observations scientifiques en mer au large et au littoral, les missions à terre de perception et prospection des plages les plus fréquentées et les zones les plus touchées, des enquêtes in situ auprès des pêcheurs, des surfeurs, des autorités civiles et la population locale…
L’INRH dispose aussi d’un réseau de suivi des taxons gélatineux tout le long du littoral marocain en vue de suivre le développement de ces espèces et l’évolution des invasions. Des études se focalisent actuellement sur les conditions environnementales qui régissent ces proliférations et leurs interactions physiques et trophiques dans l'écosystème marin.
A l'état actuel, une campagne d’observation à terre est programmée conjointement avec les délégations de la Pêche maritime des circonscriptions concernées, les coopératives des pêcheurs artisans locales et d’autres intervenants dans l’environnement marin.
Le suivi des taxons gélatineux est une action en développement avec les nouvelles informations et techniques acquises. Le recensement de la biodiversité de ces espèces a été suivi depuis 2007 et continue à l'état actuel pour recenser d'éventuelles nouvelles espèces qui peuvent se présenter en fonction des changements climatiques.
Les études pour la compréhension des interactions de ces espèces avec le milieu sont en cours et les premiers résultats seront prêts à la fin de l'année 2018.
D'autre part, un échantillonnage biologique est en cours pour les études sur une période d'au moins une année du cycle biologique de ces espèces qui, pour rappel, se caractérisent par une courte durée de vie et un cycle sémelpare.
Des piqûres généralement sans gravité
Avec le retour de la chaleur, les méduses reviennent sur nos plages. Pas de quoi s’inquiéter, mais la vigilance reste toujours de mise. En cas de piqûre, voici la conduite à tenir:
- Retirer délicatement les tentacules restées collées à l'aide d'un ustensile, papier, plastique coquillage ou même un morceau d'algues;
- N'utiliser aucun liquide agressif, cela déclencherait des cellules urticantes encore non activées: pas de vinaigre, ni salive, ni urine, ni même d'eau douce;
- Rincer délicatement la plaie à l'eau de mer si nécessaire. En cas de douleur persistante ou de malaise, consulter d’urgence un médecin;
- Etre vigilant avec les enfants qui peuvent être attirés par les formes des méduses et des fausses méduses, qui se caractérisent par des couleurs et des formes attrayantes.
En avril dernier, une espèce apparentée aux méduses ayant la forme d'un voilier et des couleurs très vives, appelée communément la "galère portugaise" (Physalia physalis), est apparue sur les côtes de Casablanca, Mohammedia, Bouznika et Skhirat.
Selon l’INRH, les apparitions de la galère portugaise sont saisonnières et demeurent généralement limitées dans le temps (souvent entre mars et avril).
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