Chèques impayés: 85 milliards de DH et 642.000 interdits de chéquier à fin 2017
Selon le rapport annuel de Bank Al-Maghrib pour 2017, près de 3 millions d’incidents de paiement sur chèque étaient non-régularisés à la fin de l’année, représentant un montant total de 85 milliards, en hausse de 7,5% par rapport à 2016.
Les statistiques détaillées sur les incidents de paiement ne sont pas encore disponibles. Mais le rapport annuel de BAM donne déjà un aperçu sur l’évolution du phénomène.
A fin 2017, plus de 2,9 millions d’incidents de paiement sur chèque étaient "non encore régularisés". Un chiffre en hausse annuelle de 4,4%, intégrant le stock des incidents à fin 2016, augmenté du flux des incidents et diminué des régularisations relatives à 2017.
Ces incidents correspondent à un encours dépassant 85 milliards de DH, en hausse de 7,5% par rapport à 2016. Le montant moyen des chèques rejetés a donc augmenté, passant de 27.621 DH à plus de 28.400 DH.

Cet encours de chèques impayés est l’équivalent de 9,5% du total des dépôts à vue qui s’élevaient à 895 milliards de DH à fin 2017. Il est détenu sur les personnes physiques à hauteur de 78%, contre 22% sur les personnes morales.
L’absence ou l’insuffisance de provision reste le principal motif de rejet des chèques. BAM ne donne pas de précision à ce sujet, mais sur ses anciens rapports, ce motif représentait plus de la moitié des incidents de paiement sur chèque de chaque année.
D’ailleurs, le nombre d’interdits d’émission de chèques est en hausse de 3,3%, à 642.385 personnes. 88,2% sont des personnes physiques.
Une centrale d'information pour vérifier les chèques irréguliers
La recrudescence des incidents sur chèques porte un coup à la réputation de ce moyen de paiement déjà ternie auprès de nombre de particuliers et de commerçants. Les affaires de chèques représentent une partie non négligeable de l’activité des juridictions correctionnelles et les 85 milliards de DH d’impayés représentent une manne financière considérable immobilisée dans les tiroirs des avocats et des commerçants.
En 2016, le chèque a perdu sa place de premier moyen de paiement en nombre d’opérations au profit du virement (27% contre 32%). En valeur, il reste premier sachant qu’il est utilisé pour le règlement des transactions de montants élevés, notamment par les entreprises structurées.
Ce qu’il faut savoir, c’est que 90% des chèques rejetés ont une valeur inférieure à 50.000 DH.
Pour rétablir la confiance dans ce moyen de paiement, Bank Al-Maghrib lancera début 2019 une centrale d’information des entreprises sur les chèques irréguliers.
>>Lire aussi: Voici comment fonctionnera au démarrage la Centrale des chèques irréguliers
La plateforme servira d'outil d’aide à la décision permettant de prévenir les incidents de paiement. "Avant d’accepter un chèque, le commerçant peut se renseigner sur sa régularité, voir s’il fait l’objet d’une déclaration de vol ou perte ou de contrefaçon…", avait déclaré le wali de Bank Al-Maghrib en marge du conseil de politique monétaire du 20 mars dernier.
Lettres de change: 45 milliards de DH d'impayés
A côté du chèque, il y a la lettre de change normalisée (LCN) utilisée pour régler les transactions commerciales. Ce moyen de paiement cumule également un stock important d’impayés: 1,2 million de cas pour un encours de plus de 45 milliards de DH, détenu à hauteur de 62% sur des personnes physiques. Ces dernières représentent 64% des personnes ayant des impayés LCN dont le nombre est de 96.044.
Dans le cas des lettres de change, l’insuffisance ou l’absence de provision est de loin le motif le plus courant avec un poids de plus de 90%, un niveau inquiétant, selon Bank Al-Maghrib.

À découvrir
à lire aussi
Article : Le Maroc officialise sa volonté d’intégrer la gouvernance de TV5MONDE
Le Maroc a officiellement exprimé son intérêt pour rejoindre la gouvernance de TV5MONDE, devenant ainsi le premier pays africain à s’engager dans un processus d’adhésion au sein du réseau audiovisuel francophone mondial.
Article : Omar Hejira : “85% de l’activité du secteur de la chimie est concentrée dans deux régions”
Dans un contexte mondial marqué par les tensions sur les chaînes énergétiques et la flambée des matières premières, le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a plaidé, lors de la 4e édition du Forum de la chimie à Rabat, pour un renforcement de l’intégration industrielle du Maroc.
Article : Marché obligataire. Le Trésor lève 3,61 milliards de DH lors de l’adjudication du 12 mai 2026
Le Trésor a levé 3,61 milliards de DH lors de l’adjudication du 12 mai 2026, principalement sur le 5 ans et le 52 semaines. Les taux retenus ressortent en hausse sur ces deux maturités, tandis que le court terme affiche une évolution plus contrastée, entre légère baisse et quasi-stabilité sur les lignes à 26 semaines. Avec cette opération, les levées cumulées du mois couvrent déjà l’essentiel du besoin annoncé pour mai.
Article : Brief Médias24. Le projet de loi organique relatif aux régions adopté en première lecture, ce qu'il implique
Longtemps freinée par les chevauchements de compétences et les lenteurs d’exécution, la régionalisation avancée entre dans une phase plus opérationnelle, avec des moyens financiers renforcés et une nouvelle gouvernance des projets. Les détails du projet de loi organique 031.26, avec ce nouveau brief de Médias24.
Article : Le Ministère public met à disposition un dispositif de notification des décisions de classement sans suite via SMS et e-mail
La présidence du Ministère public a annoncé l’adoption d’un dispositif de notification automatique des décisions de classement sans suite par SMS et courrier électronique. Cette mesure vise à renforcer la transparence et à permettre aux plaignants, ainsi qu’aux victimes, de suivre l’issue de leurs plaintes avec plus de célérité.
Article : Aide directe au logement : plus de 101.000 bénéficiaires pour une valeur totale de 41 MMDH de logements acquis
Le programme d’aide directe au logement a déjà bénéficié à 101.521 personnes à revenus faibles et moyens, avec plus de 263.000 demandes enregistrées et 41 milliards de DH de valeur des logements acquis. Selon le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, 60% des bénéficiaires appartiennent à la classe moyenne, tandis que les jeunes de moins de 40 ans représentent 52% des bénéficiaires.