Demain vendredi, une rentrée parlementaire très attendue
La session d’automne des deux chambres s’ouvrira ce vendredi 12 octobre. Le Roi va prononcer le discours que toute la classe politique attend. Mais au-delà de ce discours dont personne ne peut deviner la teneur, la rentrée parlementaire s'effectue en un moment particulier de la vie politique et sociale.
Sur la table des présidences des deux chambres, le gouvernement aura déposé en début de semaine prochaine, le texte du projet de loi de Finances 2019.
Ce document qui contient le budget de l'Etat, n'est pas une liasse comptable. Il s'agit du révélateur par excellence de la politique suivie par un gouvernement et comment les recettes et les dépenses peuvent être, ou pas, au service d'une stratégie, d'une orientation, d'une politique donnée.
Le texte de l'année 2019, qui sera discuté dès la semaine prochaine au parlement, sera marqué par une forte orientation sociale voulue d'abord par le Roi qui semble avoir pris la mesure de la conjoncture actuelle, bien davantage que la classe politique.
Les sujets prioritaires qui se sont imposés par la force des choses, par les mouvements sociaux, sont connus: emploi, formation, éducation, santé et ... égalité des chances, justice sociale, intégrité.
C'est sur cela que se joueront les prochaines élections. Surtout l'égalité des chances, l'équité sociale et territoriale, l'intégrité des responsables.
C'est donc une rentrée sociale que nous sommes en train de vivre. Dans une ambiance générale morose, marquée par une une baisse de la confiance de la part des milieux économiques et un fort ralentissement de l'activité.
De plus, nous sommes actuellement environ une vingtaine d'années après le pic démographique, une situation bien connue des démographes et des sociologues, avec l'accroissement du chômage des jeunes, diplômés ou pas. Une bombe sociale à retardement que le gouvernement Benkirane n'avait pas anticipée, et n'en avait jamais pris la mesure.
Supputations, spéculations, conjectures, buzz
Dans les milieux politiques et économiques, dans la presse à sensation et les réseaux sociaux, les scénarios relatifs au contenu du discours royal sont innombrables. Cela va du renvoi de tout le gouvernement à la disparition des secrétaires d'Etat, en passant par la nomination de technocrates...
Plutôt que de se perdre en conjectures, il vaut mieux attendre le discours lui-même.
Où est passé le nouveau modèle de développement?
Le Roi a demandé depuis une année maintenant et l'a répété, l'élaboration d'un nouveau modèle de développement. L'expression est devenue très courue, mais ni les partis ni le gouvernement n'ont conceptualisé ou proposé un nouveau modèle de développement. Seul le CESE a publié des rapports très utiles dans ce sens.
Un désintérêt général pour la politique
Entre le 9e mandat que le Mouvement Populaire vient d'accorder à son président, les querelles intestines dans d'autres partis, l'absence de charisme d'autres dirigeants, l'absence de projets politiques ou même de démocratie interne, il y a une désaffection manifeste pour la politique partisane.
Comment peut-on reprocher aux Marocains de manquer de confiance alors que c'est aux politiques eux-mêmes de nourrir cette confiance? Les leaders politiques (ou supposés tels) sont censés convaincre, c'est le rôle premier du politique.
Reconfiguration du paysage politique
Il y a malgré tout une certaine reconfiguration du paysage politique.
Entre l'automne 2017 et l'automne 2018, il y a des événements importants. Les deux plus importants sont le départ de Hamid Chabat qui a laissé la place à un homme mesuré et considéré comme compétent, Nizar Baraka.
Le second est le départ d'Ilyas El Omari du PAM. El Omari est parti, avec l'influence qu'on lui prêtait, réelle ou supposée. Le parti vit des moments incertains et des triaillements. Malgré ses 103 députés, le PAM n'a plus qu'une petite influence.
Benchammach, la chambre des Conseillers, l'Istiqlal
Décidé à constituer une alternative au scrutin législatif de 2021 et à faire davantage entendre sa voix au parlement, l'Istiqlal présentera le 16 octobre prochain un candidat au perchoir de la Chambre des conseillers contre le président sortant Hakim Benchamach qui se représente après 3 ans de mandat.
Le nom du concurrent istiqlalien du secrétaire général du PAM n’a pas encore été dévoilé mais selon une source sûre, il s’agit de Abdessamad Qayouh qui avait été battu d’une seule voix en octobre 2015 par le président sortant Benchamach. C'était l'époque Chabat et il était écrit que son candidat ne gagne pas.
Ayant le même nombre de conseillers que le PAM (25) à la Chambre haute, l’Istiqlal semble bien parti pour décrocher sa présidence grâce aux 15 voix du PJD qui pourraient voter pour le candidat Qayouh.
En attendant de connaître les partis qui soutiendront ce candidat, on ne sait toujours pas si le rapprochement RNI-UC, annoncé depuis 2016, aboutira ou pas à la fusion de ces formations de la majorité.
En cas de succès à la présidence de la Chambre des conseillers, le parti de la balance pourrait constituer une force frontale qui le distinguerait de son collègue d’opposition (PAM) et lui permettrait de mieux se préparer au scrutin législatif de 2021. Baraka sait attendre, il sait mesurer les pas, il ne se précipite pas. Il saura planifier.
L’Istiqlal deviendra-t-il incontournable au parlement?
Sachant que la majorité des partis de la majorité ou de l’opposition sont confrontés à l’usure du pouvoir ou à l’entêtement de leurs dirigeants qui refusent de passer la main, l’Istiqlal semble donc bénéficier d'un certain retour en force pour se distinguer de ses pairs.
Revenant d’une longue traversée du désert, cette formation politique dirigée par l’actuel président du Conseil économique et social élira un nouveau comité central le 27 octobre afin de préparer son retour.
Avec ses instances renouvelées, elle pourra entamer une opposition participative pour améliorer sa visibilité auprès de l’opinion publique remontée contre les partis après une année marquée par le boycott et la reconduction de Mohand Laenser pour un 9ème mandat à la tête du Mouvement populaire.
Un agenda très chargé
L'agenda sera chargé en ce 4e trimestre: discussion de la loi de Finances, réforme des CRI, nouvelle charte d'investissement, réforme de la formation professionnelle, mesures fortes d'appui social et nominations attendues: CESE, Bank Al Maghrib, Banque Populaire, Conseil de la concurrence...
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