Dialogue social: le gouvernement améliore sa proposition et attend la réaction des syndicats
Lors d’une réunion tenue dimanche 14 octobre, Saâdeddine Elotmani a proposé aux syndicats d’améliorer la proposition d’augmentation des salaires des fonctionnaires des échelles inférieures qui passent de 300 DH à 400 DH. Le reste de l’offre demeure inchangé. La CDT a déjà rejeté la proposition. Si aucun accord n’est trouvé avec les centrales avant le dépôt du PLF 2019 au Parlement, le dialogue social risque de se prolonger jusqu'au 1er mai 2019.
L’augmentation de 400 DH proposée par le gouvernement sera accordée, en cas d’accord, à raison de 200 DH le 1er janvier 2019, 100 DH en 2020 et autant en 2021. Elle concerne les fonctionnaires dont l’indice hiérarchique est inférieur à l’échelle 10 – échelon 5 (salaire ne dépassant pas 5.200 DH). Soit, 700.000 fonctionnaires dont 120.000 au niveau des collectivités locales.
Les autres propositions sont restées inchangées.
Allal Belarbi, membre du bureau exécutif de la CDT, affirme à Médias24 que sa centrale syndicale a officiellement rejeté l’offre du gouvernement. Un communiqué sera diffusé dans les prochaines heures.
La CDT exige une augmentation générale des salaires de tous les fonctionnaires. «Il est inéquitable d’augmenter une catégorie et pas une autre», se désole Belarbi.
La centrale demande également une augmentation de 10% du SMIG dans le secteur privé. Selon notre source, le chef du gouvernement a proposé d’en discuter avec la CGEM sans rien promettre.
La CDT déplore enfin «le rétropédalage» de l’Exécutif concernant l’indemnité d’éloignement. «Elotmani a affirmé qu’une étude doit être lancée pour déterminer les critères d’octroi de cette indemnité», précise Belarbi.
Pour sa part, Enaam Miyara, SG de l’UGTM déclare que sa centrale prendra sa décision aujourd’hui. Au moment de la mise en ligne de cet article, il restait injoignable et aucun communiqué n’avait été publié.
Amal El Amri, membre du secrétariat national de l’UMT précise que les structures du syndicat ne se sont pas encore réunies pour évaluer la nouvelle offre du gouvernement.
Mais pour Allal Belarbi de la CDT, il est difficile pour les syndicats d’accepter cette proposition.
Un dialogue social dans un contexte de pression sur les finances publiques
Rappelons que le gouvernement est face à un dilemme: répondre aux demandes sociales et faire face à la pression sur les finances publiques.
>>Lire aussi: Projet de loi de finances 2019: les premiers détails
Médias24 n’a pas pu joindre les services du chef du gouvernement pour avoir leur réaction sur la position des syndicats.
Notons que le coût de l’ancienne offre de l’Exécutif a été évalué à 6 MMDH sur 3 ans dont 4 MMDH pour l’augmentation des salaires. Avec l’amélioration de l’offre de 100 DH (33%), le coût du dialogue social s’élèvera à 7,3 MMDH en cas d'accord.
Pour l’augmentation des salaires dans le privé, convaincre le patronat est une nécessité mais il s’agit après tout d’une décision politique à prendre. Sauf que la conjoncture économique et la situation des entreprises rendent une telle décision difficile à faire passer.
Si les parties ne trouvent pas d’accord avant le dépôt du projet de loi de finances 2019 à la fin de cette semaine ou au début de la semaine prochaine, le dialogue social, qui a déjà pris du retard, risque de se prolonger jusqu’au 1er mai 2019. «Le gouvernement et les syndicats n’écartent pas cette éventualité», conclut Allal Belarbi.
>>Lire aussi: Dialogue social: l’accord tripartite est-il tombé à l'eau ?
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