Prix des carburants: Le gouvernement prépare un nouveau round de négociations avec les pétroliers
Alors que les prix des carburants augmentent au Maroc, le gouvernement décide d'attendre de voir l'évolution des cours mondiaux et d'élargir les négociations avec les pétroliers à la structure des prix dans sa globalité au lieu du seul niveau de leur marge. Détails.
Les prix des carburants sont en hausse. Et personne n'entend parler le gouvernement sur ce sujet depuis plusieurs mois, alors que l'impact direct et indirect sur le pouvoir d'achat des ménages est certain. Les transporteurs de marchandises font grève et s'insurgent contre cette hausse, ce qui a pour incidence une augmentation des prix des différentes marchandises notamment les fruits et légumes. Les chauffeurs de taxis également haussent le ton.
>>Lire aussi: Hausse du prix du gasoil: grève nationale des professionnels du transport
Entre-temps que fait le gouvernement ? Le dossier des hydrocarbures qui était à l'étude à la présidence de l'Exécutif l'est-il encore ou une décision a-t-elle été prise ? Pour quelles raisons aucune communication sur l'état d'avancement de ce dossier n'est faite aux citoyens ? Beaucoup de questions qui resteront en suspens.
Médias24 a tout de même pu joindre un haut responsable au sein du gouvernement qui nous apporte quelques éléments d'éclairage.
"Le gouvernement peut agir sur les prix dès demain s'il le veut, mais les professionnels ont écrasé leurs marges durant ces dernières semaines hormis quelques petites stations qui maintiennent des marges plus élevées de quelques centimes que celles d'avant 2016. Si nous appliquons le plafonnement demain, la baisse ne sera que de 0,10 ou 0,15 DH. Ce n'est pas sérieux vis-à-vis des Marocains", nous explique ce haut responsable.
Pour lui, les sorties du gouvernement en mai dernier, pour assurer que sa décision de plafonner les prix est prise, ont poussé les acteurs du secteur à réduire leur marges jusqu'à ce qu'elles se rapprochent de celles de 2015.
Dans un précédent article, Médias24 a expliqué chiffres à l'appui comment les distributeurs ont grignoté sur leurs marges pendant plusieurs semaines durant lesquelles les cours internationaux étaient montés en flèche à cause de plusieurs facteurs, dont le principal est la grosse polémique qui a suivi la publication du rapport de la mission parlementaire et la décision du gouvernement de procéder au plafonnement.
Mais qu'est-ce le gouvernement attend-il concrètement? "Nous attendons de voir ce qui se passera le 4 novembre prochain dans le dossier iranien", nous assure notre source gouvernementale.
En effet, après le premier décret signé par Donald Trump en août dernier réinstaurant un certain nombre de sanctions à l'encontre de l'Iran, le deuxième volet de ces sanctions doit être appliqué le 4 novembre. Les yeux du monde, ceux du Maroc également, seront rivés sur la réaction des marchés notamment sur les prix du pétrole.
Mais quoiqu'il en soit, les analystes internationaux prévoient une hausse des prix du pétrole, sinon un maintien des niveaux actuels qui sont déjà élevés par rapport au début de l'année 2018.
Pour le Maroc, au-delà de cette donne, le gouvernement espère approfondir les négociations avec les pétroliers, nous assure notre source gouvernementale.
"Jusqu'à présent on ne parlait que de la marge par rapport à 2015, mais les prix de 2015 étaient basés sur une structure des prix déterminée. Maintenant on compte ouvrir le dossier de la structure qu'on avait en 2015 pour voir s'il y a des choses à grignoter en plus au niveau du stockage ou d'autres aspects", nous confie-t-on.
"Donc le travail n'est pas encore vraiment achevé. Le plafonnement sera appliqué quand on aura quelque chose de plus que la baisse de la marge", ajoute notre source.
Le gouvernement compte donc élargir les négociations avec les distributeurs à toute la structure des prix pour arriver à "un gentleman agreement".
Selon nos informations, aucune réunion n'est programmée pour l'heure. Lahcen Daoudi, ministre délégué chargé des Affaires générales, est à l'étranger. La date sera fixée à son retour.
À découvrir
à lire aussi
Article : CIRDI : Face à Emmerson, Rabat demande une bifurcation de la procédure
Face à une réclamation de 1,215 milliard de dollars portée par les investisseurs liés au projet de potasse de Khémisset, le Maroc demande au CIRDI d’examiner en priorité ses objections de compétence.
Article : Les nappes phréatiques ont moins bénéficié des pluies que les barrages
Alors que les barrages marocains affichent un taux de remplissage de 76,2 %, le niveau des eaux souterraines raconte une autre histoire. L'analyse des données satellitaires sur dix ans révèle un rebond disparate et timide.
Article : Transport militaire : le Maroc renforce sa flotte de transport aérien avec l’Airbus C295
L’Airbus C295 acquis par les Forces armées royales dans le cadre de la modernisation des Forces royales air a été dévoilé par Forum Far-Maroc. Selon l’expert militaire Abdelhamid Harifi, cette acquisition vise à renforcer les capacités de transport aérien militaire du Maroc, tout en s’inscrivant dans le contexte du rapprochement maroco-espagnol.
Article : EXCLUSIF. Cartes à l’appui, les grands changements urbanistiques envisagés à Hay Mohammadi
CASABLANCA. Le projet de nouveau plan d’aménagement de Hay Mohammadi arrive à une étape décisive. Prévu pour examen le 14 mai par le conseil de la ville de Casablanca, ce document suscite une vive contestation locale, notamment autour du devenir de quartiers historiques comme Derb Moulay Cherif. Voici, en détail, ce que prévoit ce plan.
Article : African Lion 2026 : comment le Maroc a testé l’armée du futur dans le Sud
Clôturé le 8 mai 2026, l’exercice coorganisé par les FAR et la SETAF-AF a réuni plus de 40 nations, dont 28 africaines. IA de commandement, drones FPV, munitions rôdeuses, Apache, WanderB et blindés modernisés... Cette édition a marqué un saut tactique et technologique majeur. Décryptage.
Article : Hôtels. Les visites mystère vont-elles vraiment améliorer le service ?
Lancée par la SMIT, l’opération suscite déjà des réserves chez certains professionnels, qui plaident pour des audits suivis de plans d’action, de contre-visites et d’investissements dans la formation, plutôt que pour une logique strictement punitive.