“Gilets jaunes": Macron dit sa "honte” des violences à Paris
Un "acte 2" moins mobilisateur au niveau national, mais avec des incidents violents à Paris : la manifestation des "gilets jaunes", samedi 24 novembre sur les Champs-Elysées, a donné lieu à des échauffourées et des interpellations, violences condamnées par Emmanuel Macron.
Le président a exprimé sa "honte" face à ces incidents, dénonçant ceux qui ont "agressé" les forces de l'ordre et "violenté d'autres citoyens".
Merci à nos forces de l’ordre pour leur courage et leur professionnalisme. Honte à ceux qui les ont agressées. Honte à ceux qui ont violenté d’autres citoyens et des journalistes. Honte à ceux qui ont tenté d’intimider des élus. Pas de place pour ces violences dans la République.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 24 novembre 2018
La journée a aussi été marquée par une passe d'armes politique, le gouvernement imputant les violences à des "séditieux" de "l'ultradroite" qui répondraient "à l'appel de Marine Le Pen". Les partis d'opposition, à droite comme à gauche, ont répliqué, lui reprochant de vouloir réduire le mouvement aux violences et de rester sourd aux revendications des manifestants.
Exactement 106.301 "gilets jaunes" ont été recensés samedi à 17h dans toute la France, dont 8.000 à Paris, contre 282.710 au total samedi dernier à la même heure, a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. A la mi-journée il avait souligné le "fort affaiblissement de la mobilisation".
Il y a eu au total 130 personnes placées en garde à vue, dont 42 à Paris, a-t-il ajouté.
"Les dégâts sont faibles, ils sont matériels, c'est l'essentiel", a déclaré M. Castaner au sujet des Champs-Elysées. Des commerces ont été dégradés, selon la préfecture. Au niveau national, le ministre a noté "deux types de manifestants": ceux, en province qui se sont mobilisés dans une ambiance "bon enfant" et ceux ayant commis des "actes graves" à Paris, mais aussi à Villefranche-sur-Saône, où des violences ont eu lieu.
Il s'agissait de la deuxième grande journée de mobilisation des "gilets jaunes" contre la hausse des prix du carburant, les taxes et la baisse du pouvoir d'achat, une semaine après le début du mouvement.
A Paris, vers 20h30, la préfecture de Police dénombrait 24 blessés, dont 5 dans les forces de l'ordre. L'un d'eux, un policier a été brûlé à l'aine.
C'est sur l'avenue des Champs-Elysées, dont une partie était interdite de rassemblement par les autorités, que les incidents ont été les plus marquants.
Dans la matinée, à l'appel des leaders informels de cette mobilisation, qui se revendique "populaire" et "apolitique", les manifestants, originaires de région parisienne ou de province, avaient convergé tranquillement vers le haut de la célèbre avenue, le bas de celle-ci (la Concorde et l'Elysée) étant protégé par un important dispositif de sécurité.
Quand la foule a tenté de pénétrer dans ce périmètre, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et repoussé les "gilets jaunes" avec des canons à eau. La situation s'est alors tendue: barricades de barrières (de chantier) dressées par des manifestants, jets de projectiles et de pavés par des petits groupes, feux tricolores arrachés, panneaux de signalisations couchés, échauffourées...
Les incidents n'ont ensuite plus cessé sur les Champs-Elysées et dans les rues adjacentes. Des pompiers sont intervenus pour éteindre des feux de barricades, qui dégageaient une épaisse fumée noire, s'ajoutant au brouillard blanc des gaz lacrymogènes.
Après 20h, la tension restait vive sur l'avenue et dans certaines rues alentours, avec encore des petits groupes mobiles de personnes, certaines cagoulées, qui continuaient de "harceler" les forces de l'ordre ou d'incendier des barricades.
(Avec AFP)
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