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ECONOMIE

Les commerçants de Salé et Kénitra ont fait grève et exigent une réaction du gouvernement

Les commerçants de Salé et Kénitra ont fermé boutique en ce 23 octobre. En dépit de l’appel du SNCP – l’un des 3 signataires de l’accord avec le gouvernement, à suspendre la grève qui était prévue pour aujourd’hui, il semble que la situation sur le terrain échappe totalement au contrôle des syndicats. De leur propre aveu, il faut s’attendre à une multiplication de ces grèves, qui pourraient revêtir une dimension nationale…

Les commerçants de Salé et Kénitra ont fait grève et exigent une réaction du gouvernement
Zakaria Boulahya
Le 23 janvier 2019 à 16h29 | Modifié 11 avril 2021 à 2h51

Malgré un accord signé dans la douleur le 15 janvier, les commerçants maintiennent la pression en organisant une série de grèves dans plusieurs villes marocaines. Après Rabat, Khémisset et Témara le 17 janvier dernier, et la ville de Tanger mardi 22 janvier, c’est au tour des commerçants de Salé et Kénitra de manifester leur refus des dispositions de l’accord signé avec la DGI et la Douane, par les représentants du SNCP, de l’UGEP et de l’EMP.

«La signature de cet accord n’est pas une fin en soi. A nos yeux, c’est au contraire une base de travail pour rectifier certaines mesures. Nous exigeons en priorité l’élaboration d’un projet de loi qui modifie l’article 145 du CGI» précise Bachir Ahechmoud, président du Conseil national du Syndicat national des commerçants et des professionnels (SNCP).

Quand on lui fait remarquer que l’appel de son syndicat à suspendre la grève n’a pas été entendu, Bachir Ahechmoud estime que «la grève de Salé et Kénitra a pour origine des initiatives personnelles, et ne repose pas forcément sur des considérations syndicales. Ce qui a jeté de l’huile sur le feu, ce sont les déclarations de My Hafid Elalamy au parlement lundi dernier, où il accuse les gros commerçants de manipuler les plus petits en les poussant à manifester. Non seulement, c’est totalement faux, mais c’est aussi irresponsable d’un homme politique. C’est de la provocation gratuite !».

En réalité, de nombreuses sources sur le terrain ou en contact avec les commerçants sont convaincues de cette hypothèse de manipulation par les gros commerçants. En effet, les petits commerçants "n'ont aucune raison de protester ou de faire grève puisqu'ils ne sont pas concernés par l'ICE et sont soumis au forfait".

Ahechmoud renvoie la balle: «nous accusons le gouvernement d’avoir causé cette crise en laissant planer des doutes sur l’interprétation de l’article 145 du CGI, qui est opposable aux professionnels au sens large – sans pour autant exclure explicitement les contribuables sous régime forfaitaire».

Vers une «paralysie» du commerce national ?

Malgré les déclarations apaisantes de plusieurs responsables de haut niveau, sans oublier les notes et circulaires de la DGI, une partie des commerçants semblent toujours dans l’expectative.

«C’est tout à fait normal car rien de ceci n’a force de loi. Seul un texte juridique peut en modifier un autre, ce qui est nécessaire pour lever toute ambiguïté de l’article 145 du CGI. Nous demandons également l’arrêt des contrôles douaniers dans les dépôts, comme le DG des Douanes s’est engagé à le faire lors de la signature de l’accord du 15 janvier. Les services douaniers feraient mieux de se concentrer sur leur cœur de métier et contrôler les frontières afin d’empêcher l’entrée sur le territoire de substances illicites comme la drogue» souligne le président du Conseil national du SNCP, qui reproche également à la DGI de ne pas avoir respecté – à ce jour, les termes de l’accord relatifs à la tenue de sessions de sensibilisation animées par les directeurs régionaux des impôts.

Un effort de sensibilisation qui, à en croire, Ahechmoud, gagnerait à être étendu à l’ensemble du tissu économique : «ces derniers jours, plusieurs sociétés, banques et mêmes des établissements publics, refusent de traiter avec des petits commerçants qui ne présentent pas un ICE. Ce qui prouve que, malgré les sorties médiatiques et les circulaires, le problème n’est pas encore réglé. Le gouvernement doit désormais s’attendre au pire car, dans le contexte actuel, la moindre association de quartier peut appeler à la grève et trouver un soutien auprès des petits commerçants. Et on ne pourra pas maîtriser cela» avertit ce dirigeant du SNCP, dont le bureau régional à Rabat menace d’organiser une grève de 3 jours visant à «paralyser le commerce dans la capitale».

S’achemine-t-on vers le spectre d’une grève nationale ? La balle est dans le camp du gouvernement, dont la réaction est attendue bien avant l'organisation des Assises du commerce en avril prochain, par le ministère de tutelle…

Lire aussi: Des commerçants contestent l'accord signé avec la DGI et la Douane

                 Grève des commerçants: Les explications de la DGI et de la Douane

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Zakaria Boulahya
Le 23 janvier 2019 à 16h29

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