Sahara: L'Algérie semble s'inscrire dans la continuité malgré les changements
L'Algérie est entrée dans une phase de transition qui est délicate et dont la durée n'est pas connue. Cette évolution influe-t-elle sur le dossier du Sahara?
Il est trop tôt pour le dire, mais les premiers messages envoyés par Bouteflika laissent penser que non et que la ligne algérienne sera poursuivie.
Pendant la phase à venir, le plus important sera de "tenir" le pays et de garder le cap vers la nouvelle constitution promise, tout en assurant la stabilité du pays. Le nouveau gouvernement sera composé de "compétences", selon le terme employé par le Chef de l'Etat algérien dans son message à la nation. Autrement dit de technocrates.
Pour anticiper un affaiblissement de l'Exécutif, Bouteflika a reçu le général Gaid Salah, chef d'état-major de l'armée. Il a également chargé l'ancien ministre de l'Intérieur Noureddine Bedoui, de constituer le nouveau gouvernement.
Mais c'est à Ramtane Lamamra qu'échoit le rôle politique. Ce dernier a été retenu dans le nouveau gouvernement, et a été nommé d'emblée, en même temps que le nouveau premier ministre. Il sera probablement le seul non-technocrate du cabinet. Et comme pour renforcer sa position, Bouteflika a créé pour lui un poste de vice-président, une nouveauté formalisée lundi par décret.
Lamamra a été retenu d'abord en tant que ministre des Affaires étrangères et on a voulu lui donner du poids dans le cabinet. On peut penser que c'est un message de continuité au niveau de l'action diplomatique algérienne. Et par conséquent au niveau du dossier du Sahara. A ce stade, c'est la seule lecture possible.
La situation de transition en Algérie, la constitution du nouveau cabinet empêcheront-elles Lamamra de se rendre lui-même à Genève pour la seconde table-ronde sur le Sahara, organisée par Horst Köhler? Sa présence éventuelle, ou son absence à Genève, les positions qu'il prendra, seront un test pour mieux cerner ce que sera la future diplomatie algérienne sur cette question. Les 21 et 22 mars, la présence éventuelle de Lamamra, ses déclarations ou positions, seront donc intéressantes à observer.
Jusqu'à sa nomination au poste de vice-premier ministre ce lundi, Lamamra avait été conseiller diplomatique auprès du président Bouteflika avec rang de ministre d'Etat. De 2008 à 2013, il avait été Commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union Africaine UA, qu'il avait tenté de transformer en machine anti-marocaine sur le dossier du Sahara. De 2013 à 2017, il avait été ministre puis ministre d'Etat des Affaires étrangères.