PAM : “La survie du parti dépendra du nom de son futur leader”
Premier parti de l’opposition, le PAM est en proie à des dissensions internes qui ne se dissipent pas. Selon deux dirigeants, si aucune rupture en termes de leadership n'est réalisée lors du 4ème congrès national prévu en octobre prochain, cette formation pourrait continuer sa traversée du désert, voire disparaître du champ politique avec un RNI prêt à récupérer son électorat.
« Il n’y a aucune crise au sein de notre parti. Juste des discussions internes sur des sujets d’actualité comme la santé ou l'éducation nationale dans le cadre de la tournée régionale entreprise par nos instances pour préparer notre 4ème congrès national.
« L’objectif étant de mobiliser notre base avant ce congrès dont la date sera déterminée en avril prochain par le Conseil national », nous déclare Abdellatif Ouahbi, ex-chef du groupe parlementaire du PAM, qui nie et refuse d’évoquer des "prétendues" batailles autour du leadership.
"Sans rupture, le PAM continuera sa traversée du désert"
S'il confirme ces propos, Mehdi Bensaïd, ancien président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants, reconnaît cependant que tous les courants du parti sont concentrés sur la préparation de ce rendez-vous qui sera, selon lui, déterminant pour l’avenir du PAM et même du champ politique.
« Il n’y a pas de guerre mais plutôt des groupes de personnes qui pensent différemment. Certains veulent laisser le leadership aux fondateurs et d’autres désirent voir émerger une nouvelle élite.
« A titre personnel, je soutiendrai la candidature d’une femme ou d’un jeune pour incarner un vrai changement. Cette rupture sera essentielle pour surmonter les divisions actuelles et surtout pour éviter de se replonger dans notre ancienne vision électoraliste qui avait été autodestructrice.
« Pour l’instant, personne ne s’est encore porté candidat et, d’ailleurs, on ne sait pas si l’actuel secrétaire général compte se représenter lors du prochain congrès.
« Faute de rupture, nous risquons de nous retrouver dans la position de l’USFP qui a été confrontée aux mêmes problèmes en 2010 avec Mohamed El Yazghi et qui a perdu une bonne partie de son électorat.
« Si on rate le coche, le PAM ne disparaîtra pas mais il n’incarnera plus l’espoir d’une vraie alternance avec un projet de société différent de notre coalition gouvernementale complètement hétérogène », conclut Bensaïd qui laisse toutefois la porte ouverte à une alliance avec le RNI après le scrutin de 2021.
"Le maintien de Benchamach pourrait entraîner la fin du PAM"
Moins optimiste, une autre personnalité du parti, désirant rester anonyme pour ne pas se voir accuser de briguer le leadership, avance que le PAM jouera son existence et même sa survie lors du futur congrès qui devra renouveler toutes ses instances en octobre prochain
« L’heure est grave car à chaque réunion du bureau politique, et malgré la tentative de réconciliation du 5 janvier dernier, il y a des affrontements.
« Benchamach prétend que c’est un signe de vitalité démocratique mais cela montre simplement qu’il ne sait pas rassembler et que nous avons perdu presque deux ans en le désignant comme leader.
« Tout porte à croire qu’il désire se maintenir à son poste au prochain congrès dont la date exacte sera fixée lors de la prochaine session du Conseil national toujours présidé par Fatima-Zahra Mansouri qui n’assiste plus à aucune réunion et qui pourrait même finir par jeter l’éponge.
« Il faut être lucide car tout comme Ilyas El Omari, Benchamach n’est pas aimé par les électeurs et risque donc de nous faire perdre beaucoup de voix lors des élections de 2021. Quoi qu’on pense de son prédécesseur, il a obtenu 107 députés et ce sera un miracle si on arrive à en avoir 70 avec lui.
« Sans retrait de sa part et sans un candidat de rupture capable de rassembler, le PAM pourrait disparaître de la scène politique pour le plus grand bonheur du RNI qui se positionne de plus en plus comme l’alternance au PJD et qui a donc besoin de nos électeurs », conclut, pessimiste, notre source.
Sachant que le congrès national du PAM n'aura lieu que deux années avant la date du scrutin législatif, le PAM aura en effet peu de temps pour convaincre des électeurs tentés d’aller voir ailleurs …
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.