Le PJD bloque encore le vote de la loi-cadre sur l'éducation au Parlement
La loi-cadre sur l'Education et la formation est encore bloquée en commission de la Chambre des représentants. La réunion de ce mardi 2 avril 2019, a été reportée à la demande du PJD. Rendez-vous (en principe) le mercredi 3 avril 2019.
Lundi 25 mars, il était presque minuit lorsque les membres de la commission parlementaire de l’éducation avaient trouvé un compromis au sujet de l'article 31. Il s'agissait de la troisième réunion tenue dans la même journée. Les présidents de groupes avaient donc pris la décision et s'étaient engagé à un vote unanime en faveur du texte.
Ce compromis maintenait l’article 31 du projet de loi-cadre relatif à l’enseignement des matières scientifiques et techniques en langues étrangères. Mais, selon nos sources, modifiait l'article 2, dans le paragraphe relatif à l'alternance linguistique, en consacrant les langues nationales et admettant le recours aux langues étrangères dans l'enseignement de certaines matières. Il sera donc probablement accepté par le gouvernement.
Lundi matin 1er avril, la commission était convoquée en réunion pour passer au vote. La réunion a été reportée au lendemain. Ce mardi 2 avril, la commission technique a tenu une réunion préliminaire. La réunion de la commission a commencé avec au moins 45 mn de retard.
Au bout de longs échanges infructueux, le report a été décidé à la demande de Driss Azami Idrissi, président du groupe PJD.
Officiellement, Driss Azami estime que la commission technique dédiée à l'examen des amendements n'avait pas encore bouclé ses travaux. Cette demande a été suivie d'une suspension d'une durée de 5 min au cours de laquelle les chefs de groupes se sont réunis. A la fin de cette réunion, le report a été annoncé.
Le président de la commission de l'Education, l'Usfpéiste Mohamed Mellal avait pourtant annoncé que le texte a fait l'objet d'un compromis entre tous les groupes parlementaires. Le PAM accuse le PJD de vouloir revenir sur ce compromis. Ses députés menacent de boycotter la réunion du mercredi.
Le PJD ne respecte pas le compromis du 25 mars
Selon une source crédible qui a assisté aux réunions du 25 mars, le compromis qui avait été trouvé, avait été accepté par tous les participants, y compris le PJD. Ce dimanche 31 mars, Abdelilah Benkirane a dénoncé ce compromis ainsi que l'article 31 du projet de loi-cadre. Dans une vidéo virulente diffusée sur les réseaux sociaux, il a tenu des propos accusateurs, insultants et excommuniateurs à l'égard de ceux qui défendent l'utilisation des langues étrangères pour l'enseignement des matières scientifiques et techniques. Il a même traité certains d'être des agents du colonialisme et de militer contre l'identité marocaine.
Le lendemain, lundi 1er avril, la commission parlementaire devait se réunir pour voter le projet de loi. Mais la réunion a été reportée au lendemain. Le soir du lundi 1er avril, le secrétariat général du PJD s'est réuni et a examiné cette question, sans aboutir à une décision. Une nouvelle réunion du secrétariat général a été convoquée pour ce mardi soir.
Aucun communiqué n'a sanctionné la première réunion, mais une déclaration du secrétaire général adjoint est venue une info essentielle: "l'article 31 n'a pas été finalisé", selon lui, "des avancées ont été réalisées mais ce n'est pas abouti". En d'autres termes, le PJD récuse le compromis du 25 mars.
Ce mardi matin, le PJD a bloqué les travaux de la commission. Probablement en attendant de trouver un accord au niveau de son secrétariat général.
Saâdeddine Elotmani, secrétaire général du PJD et Chef du gouvernement, ne peut accepter de la part de son parti, que l'abstention ou le vote favorable. D'abord, parce qu'il s'agit d'un texte proposé par le gouvernement et adopté en conseil des ministres. Ensuite et surtout, parce que son prédécesseur Abdelilah Benkirane, l'a publiquement défié, le menaçant d'"opprobre" s'il acceptait ce texte et ne lui laissant d'autre choix que de démissionner ou de voter contre le texte.
Obéir à une injonction publique et rabaissante de son prédécesseur? Jamais Elotmani ne l'acceptera.
>>Lire aussi: Loi cadre sur l'éducation: blocage en commission
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