img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Dialogue social : les syndicats ne veulent rien lâcher...

Les syndicats acceptent l’offre financière du gouvernement mais ne l’assument pas entièrement. Le projet d’accord de dialogue social n’est toujours pas finalisé. Les négociations sur la partie « législation du travail » et « liberté syndicale » sont rudes et retardent le processus.

Dialogue social : les syndicats ne veulent rien lâcher...
S.N.
Le 19 avril 2019 à 14h15 | Modifié 11 avril 2021 à 2h42

Le gouvernement et le patronat ont fait un effort visible pour faire aboutir le dialogue social qui bloque depuis des années : augmentation générale des salaires dans la fonction publique (en plus d’autres avantages) et hausse de 10% du SMIG dans le secteur privé.
 
Les syndicats, eux, adoptent une posture qui suscite l’étonnement. Ils acceptent l’offre financière du gouvernement mais ne l’assument pas vraiment.
 
Dans un communiqué du 17 avril, l’UMT affirme que cette offre est en deçà des attentes mais constitue une avancée par rapport à l’ancienne proposition du gouvernement et un premier pas vers la réalisation du cahier revendicatif de la centrale syndicale.
 
Même position à l’UGTM, selon son dernier communiqué : acceptation de l’offre « dérisoire » du gouvernement, qui ne constitue qu’une restitution de tous les prélèvements opérés pour la réforme des retraites, et maintien des revendications pour une réelle amélioration des revenus des travailleurs.
 
Auprès de la CDT, l’on accepte l’offre financière du gouvernement mais l’on conditionne l’aboutissement du dialogue social au consensus à trouver sur les autres points inscrits, relatifs principalement à la législation du travail et aux libertés syndicales.

Les principales demandes de la CGEM

C’est justement cette partie du dialogue social qui retarde le processus. Le projet d’accord préparé par le ministère de l’Intérieur et présenté aux partenaires sociaux le 11 avril dernier, n’est toujours pas finalisé. Sa signature est espérée avant le 1er mai mais d’ici là tout peut arriver.
 
Selon des sources syndicales, s'exprimant sous couvert d'anonymat, le projet d’accord circule toujours entre les différentes parties pour trouver un consensus sur le volet « législation du travail » et « libertés syndicales ».
 
Cette partie est défendue par la CGEM depuis des années. Les syndicats résument ses revendications comme suit :
 
-      L’adoption du projet de loi organique sur la grève. Ce texte traine depuis 2016 au Parlement. Il devait être adopté pendant la première législature après la Constitution de 2011, comme les autres lois organiques.
-     L’adoption du décret sur les CDD pour fixer notamment la liste des secteurs autorisés à conclure ce type de contrats. Ce texte manque à l’appel depuis l’adoption du Code du travail en 2004.
-      La révision des dispositions régissant le travail temporaire pour porter la durée autorisée de 3 mois renouvelable une fois à 6 mois renouvelable 2 fois, dans le cadre de la flexibilisation de l'emploi.
-      L’amendement de plusieurs articles du Code du travail, notamment pour supprimer le cumul des indemnités en cas de licenciement abusif et assouplir la procédure disciplinaire.
 
Selon nos sources, la CGEM exige en contrepartie de l’augmentation du SMIG l’application de ces réformes selon un calendrier précis intégré dans l’accord du dialogue social.

Qu'en pensent les syndicats ? Les responsables officiels des centrales n'ont pas donné suite à nos sollicitations. Mais d'après leurs derniers communiqués, leur posture est claire et les négociations semblent rudes. 

Les syndicats refusent la réglementation du droit de grève

L’UGTM appelle toujours au retrait immédiat du projet de loi organique sur la grève et à la cessation des pratiques portant atteinte aux libertés syndicales.
 
L’UMT appelle également ses militants à se mobiliser contre les atteintes aux libertés syndicales et délègue à son secrétariat national la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux sur les aspects relatifs à la législation du travail et au droit de grève.
 
La CDT a aussi délégué à son bureau exécutif le pouvoir de négociation autour des autres points du dialogue social (la partie non financière) et brande toujours la menace de protestation si le gouvernement touche aux acquis ou s’il ne respecte pas ses engagements.
 
Bref, les syndicats se sont toujours opposés à la réforme du code du travail et à la réglementation du droit de grève. Cèderont-ils cette fois ? L’augmentation du SMIG aura-t-elle lieu sans avancée sur le plan législatif ? Le dialogue social subira-t-il un nouveau blocage ? Réponse d’ici le 1er mai.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : gouvernement
S.N.
Le 19 avril 2019 à 14h15

à lire aussi

La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Quoi de neuf

Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka

Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.

Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
TOURISME

Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance

Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.

Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
Quoi de neuf

Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca

En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.

Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026

L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.

La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
Mines

Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP

C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.

Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Quoi de neuf

Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial

Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité