Enseignement: les mesures de Saaid Amzazi pour surmonter les grèves
La moitié des enseignants ex-contractuels refusent toujours l’intégration dans les Académies, et continuent de manifester et de faire grève, faisant courir aux élèves le risque d'une année blanche. Voici les mesures prises par le ministère pour l'éviter.
Mercredi 24 avril, dans la soirée, une grande manifestation a été dispersée par les forces de l’ordre, à coups de canons à eau. Les ex-contractuels voulaient camper devant le parlement.
Selon certains médias, près de 60 personnes ont été blessées. Au moment où nous mettons en ligne cet article, aucun communiqué officiel n'a été publié pour confirmer cette information.
La colère de ces enseignants est montée d’un cran après la décision du ministère de l’Education nationale de suspendre la réunion prévue mardi 23 avril avec les syndicats les plus représentatifs de l’enseignement, en présence des représentants des ex-contractuels, en raison du non respect des engagements pris lors d'une précédente réunion.
La moitié de ces derniers n’ont pas tenu leur engagement de reprendre les cours à partir du lundi 15 avril, contrairement au ministère, qui assure que les procédures administratives contre certains enseignants des académies ont été suspendues, les salaires gelés ont été versés, et la situation des enseignants suspendus a été réexaminée.
L’autre moitié des ex-contractuels ont rejoint leurs postes, malgré les multiples appels à la grève de la coordination nationale, selon une source proche du dossier.
Comment le ministère réussira-t-il à éviter l’année blanche ?
La réponse se trouve dans une nouvelle note du département de Saaid Amzazi, publiée le 24 avril, et dont Médias 24 détient une copie. Elle est adressée aux directeurs des Académies régionales.
Le ministère semble avoir tout prévu pour que les examens aient lieu cette année aux dates prévues, soit à partir de la première semaine du mois de juin.
Voici donc les mesures prises par le ministère de l'Education nationale pour rattraper les cours ratés depuis près de six semaines :
- Tout d’abord, compléter le nombre d’heures programmé pour chaque cycle ;
- Donner la priorité aux niveaux diplômants de chaque cycle (Bac pour le secondaire, brevet pour le collégial...) ;
- Prioriser le recours aux enseignants du public qui ne font pas grève pour rattraper les cours. Ces derniers feront des heures supplémentaires rémunérées, dans la limite de 8 heures par semaine ;
- Réaménager les emplois du temps ;
- Regrouper certaines classes, à condition de ne pas dépasser la capacité d'accueil de chaque classe ;
- Réaménager les emplois du temps de deux établissements ou plus, dans un rayon de 1 km, afin de permettre aux enseignants n’ayant pas atteint le nombre maximum d’heures de cours par jour d'enseigner dans des écoles à proximité ;
- Revoir la réorganisation pédagogique en supprimant quelques groupes dans certaines matières (groupes de TP par exemple). Les étudiants seront rassemblés dans un seul groupe afin d'économiser le nombre d'enseignants, à condition de respecter la capacité d'accueil des classes.
- Faire appel aux enseignants du privé ;
- Faire appel aux enseignants retraités, ainsi qu’aux fonctionnaires qui disposent de diplômes leur permettant d’enseigner certaines matières.
Ci-dessous les conditions requises pour les fonctionnaires :
- Pour le primaire : faire appel aux personnes ayant au moins le diplôme de baccalauréat, ou un diplôme équivalent ;
- Pour le cycle secondaire collégial : faire appel aux personnes ayant un certificat du premier cycle de l'enseignement supérieur ou un diplôme d’études universitaires générales ;
- Pour le cycle secondaire qualifiant : faire appel aux personnes ayant au moins une licence.
Selon cette note, le ministère de l’Education nationale travaille en coordination avec le ministère des Finances, afin de faciliter la mise en oeuvre de ces mesures.
Autre point important: Les Académies régionales doivent sensibiliser les associations des parents d'élèves. Ces dernières doivent être mises au courant de toutes les mesures ci-dessus.
Dialogue suspendu, mais jusqu’à quand ?
Selon une source proche du dossier, le ministère ne reprendra le dialogue avec les syndicats et les représentants des ex-contractuels que lorsque les enseignants auront rejoint leurs postes.
Dans un communiqué publié sur les groupes Facebook des ex-contractuels, la grève a encore une fois été prolongée, jusqu’au 28 avril.
Dans un autre communiqué, la coordination nationale a appelé les enseignants à participer à une marche nationale silencieuse organisée ce jeudi à 15h, avec des tabliers déchirés et entachés de sang, afin de protester contre l’intervention de la police.
Enfin, selon notre source, les sanctions du ministère sont jusqu’à présent suspendues, mais peuvent être réengagées si les ex-contractuels continuent de refuser de reprendre les cours.
Rappelons que le nombre des ex-contractuels s'élève à 55.000, auxquels s'ajoutent les 15.000 enseignants encore en formation, promotion 2019.


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