Radars fixes: En 2021, le Maroc atteindra à peine la moitié de son objectif
Après 7 appel d’offres infructueux, le marché relatif à l’acquisition, l’installation et la maintenance de 552 appareils de contrôle et de détection automatique des infractions du Code de la Route a enfin été attribué à trois entreprises. Selon le ministère du Transport, ces appareils ne sont totalement opérationnels qu’en 2021, date à laquelle les routes marocaines seront équipées de 692 radars sur un objectif initial de 1.200.
Si l’amélioration de la sécurité routière est présentée comme une priorité du gouvernement, la cadence du taux d’équipement en radars fixes de contrôle des infractions au code de la route laisse penser le contraire. Il aura en effet fallu pas moins de 8 appels d’offres, dont 7 déclarés infructueux, pour que leur nombre augmente enfin sur nos routes.
10 ans pour trouver des entreprises "compétentes"
Joint par Médias24, un conseiller du ministre du transport explique le retard d’extension du parc de radars, chantier qui traine depuis dix ans, par une succession d’offres inadaptées ou insuffisantes par rapport à la demande ministérielle. Notons en effet que le Maroc ne dispose depuis 2009 que de 140 unités dont 28 en panne.
Lancé le 27 juillet 2018 par le ministère de l’Equipement et du transport, le 8ème appel d’offres a été adjugé le 12 novembre dernier à un groupement de trois entreprises dont le groupe marocain Al Omra International (mandataire), la société allemande Vitronic, et la société émiratie Vitronic Moyen Orient.
Selon notre source, requérant l’anonymat, les contrevenants au code de la route et en particulier ceux qui dépassent la vitesse autorisée seront bientôt « traqués » par 552 nouveaux appareils de constat d’infraction qui coûteront 275 millions de dirhams au ministère de l’Equipement et du Transport.
2 ans pour installer les 552 nouveaux radars
« Ces nouveaux radars fixes seront complètement fonctionnels au deuxième trimestre 2021 car ils ne pourront être installés qu’après avoir déterminé avec les services concernés leur localisation exacte.
« A cette date, le Maroc sera donc équipé, au total, de 692 radars fixes, les 552 nouveaux et les 140 existants dont 28 en panne seront bientôt réparés.
« Afin d’arriver à l’objectif ministériel de 1.200 unités dont l’installation était prévue en 2021, d’autres appels d’offres seront lancés au cours de l’année», révèle notre interlocuteur qui tout en refusant de communiquer le délai nécessaire se veut optimiste.
« Les choses vont s’accélérer car nous disposons maintenant de fournisseurs capables de nous équiper en appareils de verbalisation d’excès de vitesse et de non-respect des feux de signalisation », avance notre source qui nous renvoie au communiqué de presse ministériel détaillant leur nature et utilité
Caractéristiques et utilité de la commande ministérielle
Sachant que ces deux infractions routières sont à l’origine de la majorité des accidents mortels, la commande ministérielle a privilégié 276 appareils de contrôle de vitesse hors périmètres urbains, 204 appareils de contrôle du respect des feux de signalisation et de la vitesse dans les périmètres urbains et enfin 72 appareils de contrôle de la vitesse moyenne au niveau des autoroutes.
En plus de la détection des infractions relatives à l’excès de vitesse et aux feux de signalisation, les appareils qui seront livrés à la direction du transport routier et de la sécurité routière qui sera chargé de leur fonctionnement et de leur entretien permettront :
- La détection de plus d'un véhicule à la fois, soit jusqu’à 24 véhicules en même temps,
- La détection des infractions routières sur les passages interdits à la circulation,
- La détection des infractions relatives au franchissement de la ligne continue,
- La distinction entre les véhicules légers et les poids lourds,
- La possibilité d’exploitation dans les deux sens (éloignement-rapprochement),
- L’utilisation de la technique de balayage par laser.
Les 72 appareils de contrôle de la vitesse moyenne seront installés au niveau du réseau autoroutier et permettront de contrôler la vitesse moyenne des véhicules au niveau des sections autoroutières sur plusieurs kilomètres.
En attendant de nouveaux radars fixes, le ministère acquiert des appareils mobiles
De plus, dans le cadre de la diversification des moyens de contrôle automatique de la vitesse, le ministère a déjà acquis 280 radars mobiles de nouvelle génération en 2018, et va lancer incessamment un nouvel appel d’offres pour acquérir un 2ème lot de 280 appareils mobiles qui se caractérisent par :
- La détection de la vitesse des véhicules jusqu’à 320 km/h,
- La détection de la vitesse des véhicules sur une distance atteignant 1.200m,
- La possibilité d’exploitation dans les deux sens (éloignement-rapprochement),
- Le contrôle de la vitesse des véhicules de jour comme de nuit (radar infrarouge).
Beaucoup moins onéreux que les radars fixes et ne nécessitant pas d'infrastructure particulière pour être installés, ces appareils mobiles vont donc permettre aux services de la DGSN et de la gendarmerie de multiplier les interventions.
Sachant que les commandes de nouveaux radars mobiles et fixes s’inscrivent dans la stratégie nationale de la sécurité routière visant à réduire de 50% la mortalité routière à l’horizon 2026, il faut donc espérer que les prochains appels d’offres ne demanderont pas encore dix ans pour aboutir …
Il reste également à savoir comment le ministère des transports pourra respecter ses prévisions de verbaliser 6 millions d’excès de vitesse en 2019 (contre 3 en 2018) alors que les 552 nouveaux radars ne seront complètement opérationnels qu’en 2021…
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