Investissements publics: l'Istiqlal recommande un programme national
Le bureau exécutif de l’Alliance des économistes istiqlaliens "s'inquiète de la cession, dans l’urgence, de participations publiques" et recommande l’adoption d’un programme national d’investissements publics.
Le bureau exécutif de l’Alliance des économistes istiqlaliens relève, avec inquiétude, la manière avec laquelle le gouvernement se sépare, dans l’urgence, de participations publiques stratégiques, la dernière étant Maroc Telecom.
"L’expérience a montré que le désengagement total de l’Etat de certaines entreprises, telles que la Comanav et la Samir, a malheureusement mal fini et conduit à la destruction de certains écosystèmes structurants pour notre économie avec la perte de milliers d’emplois", a relevé l'Alliance à l'issue de sa dernière réunion.
Les cessions programmées n'auraient pas soulevé d’inquiétude si leur produit venait soutenir une nouvelle approche pour un investissement public directement productif au lieu de compenser l’impasse budgétaire prévue pour 2019.
Dans ce contexte, l'Alliance recommande de:
- Evaluer les résultats et impacts des investissements publics réalisés dans le cadre de stratégies sectorielles ou territoriales, comparativement aux objectifs initialement définis;
- Mettre en place l’ensemble des mesures correctives permettant d’améliorer l’impact en terme de création de valeur et d’emplois durables des investissements publics déjà réalisés;
- Créer une structure nationale chargée de la gestion active des participations de l’Etat. Cette structure, qui peut prendre la forme d’une agence (ANPP), incarne l’Etat actionnaire dans des sociétés jugées stratégiques par les pouvoirs publics, contribuant ainsi au décollage de ces entreprises, à leur stabilisation et à leur développement;
- Mettre en place un programme national d’investissements productifs doté d’un budget conséquent, à prélever sur les budgets d’investissement en infrastructures.
Ce programme aura pour objectifs de:
- Normaliser et de professionnaliser l’approche d’investissement public, dans des activités à forte valeur ajoutée économique et sociale, dans le cadre de partenariats public-privé;
- Participer au financement d’investissements privés à un risque élevé et/ou fortement capitalistiques que le privé n’est pas en mesure de supporter tout seul;
- Optimiser l’effet de levier pour d’autres sources de financement des secteurs productifs cibles.
Progressivement ce programme devrait s’autofinancer par une gestion stratégique, active, rationnelle et flexible de ses prises de participation.
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