Agroalimentaire: le Maroc peine à percer sur les marchés africains
Malgré ses avantages, le Maroc peine à se faire une place sur les marchés agroalimentaires africains dont la croissance est forte. Sur cinq produits agroalimentaires marocains phares à l’export, le Royaume est classé loin derrière les leaders.
Les marchés agroalimentaires mondiaux sont en pleine mutation. Le secteur agricole marocain est appelé à revoir sa stratégie, y compris pour les marchés émergents. Un constat qui ressort du dernier rapport de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), qui trace, entre autres, les nombreux défis que doit relever ce secteur.
« L’évolution future de la demande mondiale des produits agroalimentaires laisse apparaître l’émergence de nouveaux marchés », note le rapport. L’Afrique est un exemple. C’est un continent où la demande en produits agroalimentaires enregistre « une croissance importante avec un accroissement de ses importations en ces produits de près de 7% par an sur la période 2007-2015 ».
De grandes opportunités pour l’offre exportable marocaine, mais que le Maroc tarde à explorer et ce, en dépit de la « place de plus en plus renforcée de l’Afrique » dans les priorités de sa stratégie d’ouverture. Selon le rapport, le positionnement actuel du Royaume sur les marchés agroalimentaires africains « demeure loin de son potentiel et s’avère sans commune mesure avec les capacités compétitives du Maroc dans certains produits agricoles ».
Le Maroc est loin derrière l'Espagne, l'Afrique du Sud et la Chine
En effet, « sur cinq produits agroalimentaires phares à l’export, le Maroc est classé loin derrière les leaders sur ces marchés avec des parts de marché, moyennes sur la période 2007-2015, de 13% pour les conserves d’olive (contre 37% pour le leader sur ce marché, à savoir l’Espagne), de 3% pour les agrumes (34% pour l’Afrique du Sud), de 1% pour les tomates (31% pour l’Afrique du Sud), de 0,7% pour les conserves de fruits et confitures (11% pour la Chine), et de 0,3% pour l’huile d’olive (30% pour l’Espagne) », étaye la DEPF.
Le repositionnement du Maroc sur le marché africain est d’autant plus nécessaire, selon la DEPF, que « les avantages comparatifs révélés (ACR) du Royaume sur ces produits ont connu une relative érosion ».
Pour les oranges, cet indicateur a connu une forte diminution entre 2000 et 2016, comptabilisée à près de 84,8%, tandis qu’au même moment, elle a quadruplé pour l’Egypte. Le constat est similaire pour les conserves d’olives, dont les indicateurs démontrent une baisse de 54,1% sur la même période contre un doublement pour la Grèce et une forte augmentation pour l’Egypte.
Des plateformes d'exportations intégrées et multi-filières pour percer
« Concernant les tomates, autre produit phare pour le Maroc, son ACR a enregistré une relative stagnation entre 2012 et 2016 après une nette augmentation sur la période 2004-2012. Enfin, pour l’huile d’olive, dont le Maroc recèle un énorme potentiel à l’exportation, son ACR demeure nettement en deçà des potentialités du pays », lit-on dans le rapport.
« Dans la quête d’une compétitivité renforcée des exportations agroalimentaires marocaines », la DEPF recommande d’accorder « une attention particulaire à l’édification d’un réseau de plateformes d’exportations intégrées et multi-filières ciblant autant les marchés traditionnels de l’Europe et de l’Amérique du Nord que certains marchés émergents à fort potentiel dont notamment ceux de l’Afrique et de la Russie ».
>>Lire aussi:
Assises de l'Agriculture. 12 MMDH pour l'agro-industrie et 4,8 MMDH pour la plaine du Saiss
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