img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
POLITIQUE

Elections de 2021: l'hypothèse d'un vote obligatoire déterrée

A un peu plus d'un an du marathon électoral de 2021, la question du taux de participation préoccupe les autorités et certains partis politiques. L'hypothèse du vote obligatoire refait surface.

Elections de 2021: l'hypothèse d'un vote obligatoire déterrée
Abdelali El Hourri
Le 6 septembre 2019 à 15h03 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

Législatives, communales, régionales… 2021 s’annonce comme une année électorale de bout en bout. Derrière, une question se pose : l’électorat sera-t-il au rendez-vous ? Dans la sphère politique, c’est un sujet de préoccupation. Et à ce jour, au sein de l’opinion, les différents signaux ne sont pas positifs.

Les dernières échéances (élection des membres de la Chambre des représentants en 2016) avaient été marquées par un taux de participation qualifié alors de très faible : sur plus de 15 millions d’inscrits aux listes électorales, seulement 43% se sont rendus aux urnes. Un chiffre en baisse par rapport aux législatives de 2011 (56%). Tenues en 2015, les élections communales et régionales ont quant à elles enregistré un taux de 53% contre 51% en 2009.

Des chiffres qui font ressortir un constat : devant l’incapacité des partis à mobiliser les électeurs, l’abstention demeure un marqueur récurrent de nos élections.

Réunions entre l'Intérieur et certains partis

Ces derniers mois, le ministère de l’Intérieur et différents partis ont tenu au moins une réunion où il s’agissait d’examiner cette question. L’occasion, aussi, de relancer la réflexion sur une possible instauration d'une forme de vote obligatoire, affirment des sources partisanes sollicitées par Médias24. Par "vote obligatoire", on n'entend pas forcément une obligation ou une sanction, mais il peut s'agir d'une incitation en cas de vote.

Un parti historique nous a annoncé avoir constitué une commission pour plancher sur ce sujet.

Cette piste avait été défendue par l’Istiqlal et l’USFP à l’approche des communales de 2015, puis évoquée par des partis de la majorité à l’approche des législatives de 2016. Tous en sont restés aux velléités.  

Au Maroc, « le vote est un droit personnel et un devoir national » (Constitution de 2011). Une formulation qui sous-tend une obligation morale à défaut d’être légale. Aujourd’hui, seule l’inscription sur les listes électorales est obligatoire, mais là encore, la non-inscription n’est pas assortie de sanctions, sinon la privation de droits constitutionnels comme celui du vote, de la candidature aux élections, etc.

Le vote est obligatoire dans une vingtaine de pays 

A travers le monde, l’on compte une vingtaine de pays ayant opté pour le vote obligatoire. En Europe, la Belgique, le Luxembourg, la Grèce ou encore la Turquie en font partie. Idem pour des pays d’Amérique latine comme le Chili, l’Argentine, le Brésil et le Paraguay. En Australie, l’obligation est appliquée depuis 1924 à l’échelle nationale. Seul pays arabe dans la liste, l’Egypte adopte ce système pour les présidentielles.  

Dans ces pays, l’instauration du vote obligatoire n’a pas toujours été motivée par la nécessité, en elle-même, d’augmenter le taux de participation (changement de régime politique, faire passer des lois importantes, etc.). Mais cela a été souvent une conséquence.

Dans ces pays, « le vote obligatoire a été introduit pour un certain nombre de raisons et souvent lors de changements constitutionnels et politiques, mais le désir de maximiser la participation de toutes les couches de la société semble avoir été un objectif commun », souligne une étude menée en 2006 par la Commission électorale du Royaume-Uni.  

L’obligation rime avec facilitation, exemption et parfois sanction

Dans les systèmes où le vote est obligatoire, il n’existe pas, à proprement parler, des incitations à la participation au scrutin. Mais cette dernière est facilitée, en permettant dans certains cas le vote à domicile, par correspondance, par procuration, etc.  

Par ailleurs, l’absence est tolérée du moment où l’intéressé fournit une excuse valable. Selon les pays concernés, les motifs d’exemption sont soit prévus par un texte juridique (exemple argentin : raison médicale, professionnelle, géographique, etc.), soit soumis à l’appréciation du juge ou à l’administration.

Dans ces systèmes, l’obligation est souvent accompagnée de sanctions qui consistent en des amendes et parfois par la privation de certains droits civiques. Le degré d’application et la sévérité des sanctions restent variables.

En Egypte, la loi régissant les élections présidentielles punit toute personne figurant dans la base de données électorales et s’abstient de voter sans motif valable. La sanction consiste en une amende ne dépassant pas 500 livres égyptiens.

En Belgique, les amendes peuvent atteindre 50 euros pour une première infraction et 125 euros en cas de récidive. Si l’absence injustifiée du scrutin se produit 4 fois en moins de 15 ans, l’intéressé peut se voir rayé de la liste électorale pour une durée de 10 ans. Une période pendant laquelle il n’aura droit à aucune promotion, nomination ou distinction de la part d’une autorité publique.

En matière de sévérité, le Brésil est l’exemple le plus éloquent. L’absence de participation y est sanctionnée d’une amende correspondant à un faible pourcentage du salaire minimum de la région où la personne était inscrite pour voter. L’absent est en outre frappé d’interdiction de passer des examens professionnels, ou même d’obtenir un prêt ou un passeport.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Abdelali El Hourri
Le 6 septembre 2019 à 15h03

à lire aussi

Pneumatiques : l’usine marocaine de Sentury Tire monte en cadence, avec des commandes supérieures à l’offre
BUSINESS

Article : Pneumatiques : l’usine marocaine de Sentury Tire monte en cadence, avec des commandes supérieures à l’offre

Le fabricant chinois Qingdao Sentury Tire indique que son site marocain poursuit sa montée en charge, avec un taux d’utilisation en progression et une demande actuellement supérieure à ses capacités. L’usine, entrée en production fin 2024 près de Tanger, doit devenir l’un des moteurs de croissance du groupe à l’international.

CFCIM : François Marchal élu à la tête de la Commission économique et financière
Quoi de neuf

Article : CFCIM : François Marchal élu à la tête de la Commission économique et financière

Le directeur général de Saham Bank succède à la présidence de cette commission interne de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc. Yannick Giaconia, directeur général de Maroc Transmission, en prend la vice-présidence.

À Tanger, le futur Waldorf Astoria entre dans sa dernière ligne droite
TOURISME

Article : À Tanger, le futur Waldorf Astoria entre dans sa dernière ligne droite

Le groupe Hilton confirme l’achèvement du gros œuvre de son établissement près du Cap Spartel, dont l’ouverture est désormais envisagée à la mi-2027, après plusieurs reports liés aux standards de la marque ultra-luxe. Détails exclusifs.

Justice : nouveau renvoi dans l’affaire du décès de l’ex-mari de Rym Fikri
DROIT

Article : Justice : nouveau renvoi dans l’affaire du décès de l’ex-mari de Rym Fikri

La chambre criminelle de Casablanca a fixé la prochaine audience au 2 juin 2026, tout en ordonnant la convocation du témoin Youssef El Bouhadi et la projection des vidéos versées au dossier, où figure notamment parmi les mis en cause Reda Abakrim, alias “Turbo”.

Hantavirus : évacuation sous haute surveillance du MV Hondius à Tenerife
Santé

Article : Hantavirus : évacuation sous haute surveillance du MV Hondius à Tenerife

Les passagers du navire de croisière touché par un foyer d’hantavirus ont commencé à être débarqués dimanche 10 mai 2026 aux Canaries, avant leur rapatriement vers leurs pays d’origine. L’OMS recense six cas confirmés parmi huit cas suspects, dont trois décès, mais juge faible le risque pour la population locale.

Mondial 2026 : la FIFA porte à près de 33.000 dollars ses meilleurs billets pour la finale
Mondial2026

Article : Mondial 2026 : la FIFA porte à près de 33.000 dollars ses meilleurs billets pour la finale

L’instance internationale a mis en vente des places à 32.970 dollars pour la finale du 19 juillet 2026 au MetLife Stadium, dans le New Jersey, soit trois fois plus que le précédent prix maximal affiché pour la catégorie 1. Une nouvelle flambée qui relance les critiques sur la billetterie du Mondial 2026.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité