A Casablanca, multiplication anarchique des dos d’âne
Trops hauts, trop raides ou sans aucune signalisation, les ralentisseurs routiers, communément nommés "dos d’âne", rythment le quotidien des automobilistes casablancais qui critiquent l'anarchie qui prévaut dans leur installation. Que disent les normes marocaines ? Sont-elles respectées ? Quid des ralentisseurs installés par des citoyens ? Eléments de réponse.
Le nombre de dos d’âne implantés à Casablanca ne cesse d’augmenter, suscitant le mécontentement des automobilistes, puisqu'ils entraînent des dégâts dans leurs véhicules, un ralentissement de la circulation ou même des accidents.
La majorité de ces ralentisseurs ne sont pas aux normes, en particulier ceux installés par des citoyens, près de leurs maisons ou commerces. Les non-conformités concernent la forme de ces dos d'âne et leur emplacement.
Un ralentisseur doit avoir 5 cm de hauteur (norme marocaine)!!
La conception des ralentisseurs de vitesse est, théoriquement, soumise à des normes réglementaires bien précises.
Ils sont régis par un arrêté conjoint du ministère de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies et du ministère de l’Equipement et des Transports, publié au bulletin officiel n° 5636 en 2008.
Selon l’article 1er de cet arrêté, sont homologuées comme normes marocaines, un ensemble de normes dont celle relative aux "ralentisseurs routiers de type dos d'âne ou de type trapézoïdal"(NM13.1.204-2008). Celle-ci fixe leurs caractéristiques géométriques ainsi que les conditions de leur mise en place.
Il est à noter que ce document de 5 pages est détenu par l’Institut marocain de normalisation (Imanor). Pour le consulter, il faut l’acheter.
Selon un responsable à la Division de voirie et réseaux divers de la commune de Casablanca, joint par Médias24, "un nouveau règlement des voiries a été adopté lors de la session d’octobre 2019 du Conseil de la ville, mais aucun changement n’a été opéré sur les caractéristiques des ralentisseurs".
"La mise en place des dos d'âne est décidée par une commission préfectorale de circulation, constituée principalement d'un représentant de la préfecture de Casablanca, un représentant de la commune, les représentants des circonscriptions concernées, ainsi qu’un agent de la police. Cette équipe peut être accompagnée par des éléments de la protection civile et des membres de certains organismes (Lydec ou l’ONEE par exemple)", nous explique notre interlocuteur.
Les dos d’âne doivent être implantés dans les zones à haut risque, notamment à proximité des écoles, collèges et lycées, près des hôpitaux, des administrations, des marchés, aux abords des ronds-points, et dans les grandes artères où la circulation est dense et la vitesse des conducteurs élevée.
"Ces ralentisseurs, en asphalte, doivent être d’une largeur de 6m (ou de 4m, lorsque la commune ne dispose pas du budget nécessaire) et d’une hauteur de 5 cm".
"En cas d’urgence, certaines circonscriptions optent pour des dos d’âne en caoutchouc, d'une largeur d'environ 30 cm, vendus par des entreprises privées, et qui peuvent être installés en deux heures".
"Les dos d’âne doivent également être précédés par des panneaux de signalisation, afin d'avertir les conducteurs", ajoute notre source.
Mais inutile de faire un sondage pour se rendre compte que la majorité des automobilistes casablancais ont un avis différent: ces caractéristiques ne sont pas respectées lors de la réalisation, puisque les ralentisseurs peuvent paraître sous différentes formes, à n’importe quel endroit et à n'importe quelles dimensions.
Installation d'un dos d'âne non conforme: pas de sanction !
D'après notre source, les inconnus qui s’amusent à mettre en place des dos d’âne non conformes ne risquent pas d'être sanctionnés, puisqu’il est difficile de les identifier.
Toutefois, les citoyens peuvent déposer plainte auprès de la préfecture et du président de la commune de Casablanca.
Une commission préfectorale se rendra, en théorie, à l'endroit en question, et se chargera de raser tous les ralentisseurs qui ne respectent pas les normes.
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