Prisons: la lutte contre la surpopulation peine à donner ses effets
De nombreux établissements pénitentiaires souffrent d’un taux de surpopulation élevé, et ce malgré les efforts de la DGAPR pour améliorer les conditions d’hébergement des détenus. La surface moyenne allouée à chaque détenu tombe parfois à 1,2m² dans certaines prisons.
La DGAPR dispose depuis 2012 d’un programme de réduction de la surpopulation qui vise à assurer un meilleur traitement aux détenus. Ce programme consiste en la construction de nouveaux établissements pénitentiaires en remplacement d’autres en état de délabrement. Il permet également le réaménagement et la réhabilitation des prisons existantes afin de les rendre conformes aux normes de traitement des détenus.
Dans son rapport annuel 2018, la Direction a annoncé l’ouverture d’un établissement pénitentiaire “nouvelle génération” à Nador en remplacement à l’ancienne prison de la ville. Elle a également noté le lancement des travaux pour la construction d’un nouveau centre pénitentiaire à El Jadida d’une capacité de 1.400 lits, et la poursuite de la construction de 5 nouvelles prisons d’une capacité totale de 6.000 lits à Oujda, Berkane, Asilah, Larache et Tan-Tan. En parallèle à ces travaux de construction, 14 centres pénitentiaires ont été réhabilités en 2018, et 14 autres sont en cours de réaménagement.
Coûts exorbitants et efficacité insuffisante
Les efforts annoncés par la DGAPR pour réduire la surpopulation dans les prisons peinent à donner leurs effets. La surface moyenne allouée à chaque détenu est de seulement 1,89m², loin derrière la norme de 3m². La Cour des comptes notait que cette surface atteignait parfois 1,20 m² dans certaines prisons de la région de Casablanca-Settat. Quant au surpeuplement, il atteint un taux de 36,9%.
Pourtant, 14 nouveaux établissements pénitentiaires ont été construits entre 2012 et 2017. Ils ont coûté 1,8 milliard de dirhams. Dans son rapport annuel de 2018, la Cour des comptes avait souligné la non-maîtrise des coûts de construction de ces établissements. Les magistrats de la Cour ont mis l’accent sur la différence entre le coût initial estimé par la DGAPR et le coût de construction final. Cette différence a varié entre 4 millions de dirhams dans le cas de la construction de la prison locale de Taourirt, et 32 millions pour la construction de la prison de Tanger.
La non-maîtrise des coûts a également concerné la restauration des centres pénitentiaires existants. Les travaux de réaménagement de ces derniers pour les adapter à la surpopulation ont coûté plus cher que le coût global de la construction d’une prison. De 2012 à 2017, la DGAPR a dépensé au total 442 millions de dirhams en travaux de restauration. Malgré cela, certaines prisons on vu le nombre de leurs populations augmenter. La Direction a justifié la persistance de la surpopulation dans les prisons par le manque des ressources humaines et financières dont elle souffre.
Une sous-traitance à risque
La construction ou le réaménagement des centres pénitentiaires s’effectuent par des entreprises privées sur la base de contrats de sous-traitance. Or, ces contrats sont parfois confrontés à des imprévus qui empêchent la poursuite des travaux. La Cour des comptes a révélé le cas de 3 établissements pénitentiaires dont les travaux ont accusé un retard important à cause de la faillite de la société en charge de la construction. Il s’agit en l’occurrence de 3 prisons dont la superficie totale est de 100.985 m² pour 3.884 détenus.
Dans sa réponse au rapport de la Cour des comptes, la DGAPR a évité d’aborder le retard qu’ont connu ces travaux. Contactée par nos soins, la Direction n'a pas souhaité répondre à nos questions. Or, cette question est importante parce qu’elle permet de mesurer la capacité de la DGAPR à superviser les travaux de construction et de réaménagement des centres pénitentiaires. D’autant plus que l’on sait qu'environ 6 milliards de dirhams sont prévus pour la construction 36 établissements pénitentiaires pour la période 2017-2022.
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