Quatre secousses à Midelt, quel risque sismique au Maroc?
Quatre secousses telluriques ont été ressenties à Midelt en l'espace de 10 jours. Cet événement soulève des interrogations sur le risque sismique au Maroc.
Une première secousse tellurique d'une magnitude de 5.3 degrés sur l’échelle de Richter a été ressentie, le 16 novembre dernier, par la population de la ville de Midelt.
"Le choc principal de 5,3 degrés a été ressenti le 16 novembre, suivi d'une dizaine de répliques. Quatre événements ont été ainsi enregistrés dans la province. Depuis, l'intensité de l’activité sismique a diminué", nous explique Nacer Jabour, chef de division à l'Institut national de géophysique, organisme officiel de surveillance sismique au Maroc.
Durant ce mois de novembre, d'autres secousses minimes ont été enregistrées au niveau national, selon des données publiées par le géophysicien sismologue Taj-Eddine Cherkaoui:

Quelles sont les zones à risque?
Le risque sismique est toujours présent, son intensité varie d'une région à une autre, en fonction des conditions géodynamiques, explique notre interlocuteur.
Globalement, le Maroc se caractérise par une activité sismique "modérée". "20 à 30 secousses telluriques sont ressenties chaque année sur le territoire national", affirme Nacer Jabour.
Selon la carte de sismicité du Maroc, le nord affiche un niveau d'activité important, avec des séquences isolées mais fréquentes.
Au niveau national, les épicentres sont répartis dans trois domaines:
- Domaine atlasique, où l’activité sismique est principalement localisée dans le Moyen Atlas et le Haut Atlas central;
- Domaine bético-rifain (entre le sud-est de l’Espagne au nord et la chaîne rifaine au sud): activité sismique intense qui témoigne du rapprochement et la collision des deux plaques Afrique-Eurasie.
- Domaine atlantique: où on distingue clairement la limite entre les deux plaques, représentée par la ligne sismique Açores-Gibraltar-Sicile.

La sismicité au Maroc se manifeste soit par des crises sismiques après un choc sismique principal, soit par des essaims sismiques, ou comme dans la plupart des cas, par des évènements sismiques isolés dans le temps et dans l’espace, explique Taj-Eddine Cherkaoui.
Système de surveillance
Le Maroc dispose d'un système de surveillance et d'alerte sismique relevant de l'Institut national de géophysique. Le réseau sismologique national, en cours d'amélioration, compte actuellement 30 stations. Ce système permet de suivre l'activité sismique en temps réel, pour des besoins d'alerte.
La procédure d’alerte est déclenchée après toute secousse ressentie par au moins une personne dans une région donnée et pour tout choc sismique de magnitude supérieure ou égale à 3.5 sur l’échelle de Richter.
Peut on prédire un séisme ? Non. "Il n'y a pas encore de technique ni d'indicateurs pour prévoir un séisme. Les études se basent sur la sismicité récente, historique et instrumentale du Royaume", soutient Nacer Jabour.
Par le passé, le Maroc a subi des tremblements de terre destructeurs (Agadir 1960, Rissani 1992, Al Hoceima 1994 et 2004). Les villes d'Agadir et d'Al Hoceima sont classées, depuis, parmi les zones potentielles ayant connu des tremblement de magnitude supérieure à 5 degrés.
En matière de prévention, notre source évoque le règlement de construction parasismique, adopté depuis 2002, qui a pour objectif de "limiter les dommages en vies humaines et en matériel susceptibles de survenir suite à des tremblements de terre".
Il définit les critères de conception et les dispositions techniques à adopter pour permettre aux bâtiments de résister aux secousses sismiques.
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