Transformation digitale: 6 millions d'emplois concernés au Maroc
La moitié des emplois actuels au Maroc pourraient être concernés par la transformation digitale. A l'Agef, un expert recommande, en prévision de l'automatisation, de garder le capital humain et de l'adapter par des formations adéquates.
Le Maroc a un fort potentiel d’automatisation. 50% des activités actuelles pourraient être automatisées. 6 millions d’emplois pourraient donc être partiellement ou totalement digitalisés. C'est ce qu'explique Mehdi Lahrichi, directeur associé de Mckinsey. L'expert s'exprimait devant l'Association des gestionnaires et formateurs des ressources humaines (Agef) qui a organisé du 20 au 21 décembre la 23ème édition “HR Summit” sous le thème “Le capital humain à l’heure de la transformation digitale” à Marrakech.
Le secteur de l’industrie a un potentiel d’automatisation de 64% suivi de l’activité minière (58%), du secteur du transport et l’entreposage (57%) et celui de l’information (52%). Contrairement aux secteurs de la santé, de l’administration publique, de l’éducation et des arts et divertissement, qui sont les moins concernés par la digitalisation avec des potentiels d’automatisation inférieurs à 40%.
La même source a expliqué que le domaine de la santé ou de l’éducation, par exemple, sont deux secteurs où le contact humain est primordial.
Par ailleurs, les innovations technologiques ont des implications importantes sur le capital humain. Le temps d’utilisation des compétences physiques et manuelles se réduirait de 14% à l'horizon 2030, spécialement dans le secteur de l’industrie et le secteur d'énergie et des mines. Dans ce sens, les compétences cognitives basiques baisseraient de 15% principalement dans le secteur bancaire et de l’assurance.
En parallèle, le temps d’utilisation des compétences cognitives plus avancées, des compétences sociales et émotionnelles et des compétences technologiques augmenterait respectivement 8%, 24% et 55% à horizon 2030 dans différents secteurs.
Dans le même cadre, Cosumar a présenté son expérience digitale. Mohammed Fikrat, Président directeur général de la société souligne que la digitalisation est un bon accélérateur vers l'excellence. Cela malgré le fait que l'intégration de SAP (l'ERP utilisé par Cosumar) au sein la société a nécessité un an d’adaptation et quelques mois pour son implantation.
Il explique que dans leur cas, ils se sont focalisés sur l’automatisation du processus d’extraction de sucre. Cette opération se faisait manuellement et est réalisée aujourd’hui par 2.500 machines dotées d’un GPS. Selon lui, la digitalisation devraient être appliquée à toutes les tâches “automatisables” pour permettre à l’Homme de se focaliser sur autre chose et ainsi, gagner du temps.
Quant à Palmeraie, Mohamed Benouda, directeur général du groupe explique que ce sont les exigences du client qui poussent la société à se diriger vers l’automatisation. Dans leur cas, la société mis en place des plateformes pour subvenir aux besoins de leur clientèle.
Une plateforme permet au client de choisir les pièces, le design et les composants du bien immobilier. Une autre lui permet de suivre l’avancement de sa commande durant tout le processus et ainsi, éviter les problèmes de retard de livraison.
Certes, le Maroc est un pays avec un grand potentiel de digitalisation.Or, la digitalisation a un coût et nécessite un lourd budget : Zakia Hajjaji, directrice capital humain de Orange Maroc affirme que 2,5 milliards d’euros sont consacrés par le groupe pour le “up-skilling” des salariés pour les 5 prochaines années. La société PwC, quant à elle, investi 3 milliards de dollars pour le même objectif.
Sachant que 87% des dirigeants ne sont pas prêts pour la digitalisation et que 45% du capital humain aurait besoin de requalification pour améliorer leurs compétences, selon les chiffres de McKinsey. La requalification des employés est ainsi nécessaire selon plusieurs experts présents lors de cette édition : avec un Top Management et des leaders prêts pour la digitalisation, le reste de l’équipe suivrait avec souplesse.
Les cinq axes de la vision 2020 de l'AGEF
Depuis 1971, l’Agef oeuvre pour le développement des ressources humaines. Zakaria Rbii, président de l’AGEF, explique: "en 2019, Agef a organisé 4 grands évènements se focalisant sur les ressources humaines, le leadership féminin mais aussi le nouveau modèle de développement du Maroc". Il a présenté la vision 2020 de l’association qui se base sur 5 principaux axes :
-La transformation de l’AGEF au niveau organisationnel en faisant de la parité entre les hommes et les femmes une obligation au niveau de la gouvernance, à savoir qu’une seule femme est parmi les 18 présidents actuels. Toutefois, sur les 20 Directeurs RH de l’association, la moitié sont des femmes.
-Développer les partenariats académiques, institutionnels et associatifs.
-Développer la communication de l’association à savoir l’identité visuelle, lles réseaux sociaux et le magazine “Richesse Humaine”
-Organiser des événements et activités diverses à savoir la prochaine édition du HR Summit, le TEDx, divers débats..
-Améliorer l’expérience des adhérents à travers la création d’une AGEF HR Africaine en 2020 et une Agef digitale..
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