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Bab Sebta: Un rapport parlementaire décrit les conditions des “femmes-porteuses”

Des députés dévoilent les conditions déplorables des femmes porteuses au poste-frontière de Sebta. Le rapport rend compte d'une mission effectuée en 2018, soit avant la fermeture du point de passage. 

Bab Sebta: Un rapport parlementaire décrit les conditions des “femmes-porteuses”
A.E.H
Le 7 janvier 2020 à 14h45 | Modifié 11 avril 2021 à 2h44

A la Chambre des représentants, la commission des affaires étrangères a dévoilé, ce mardi 7 décembre, les conclusions d’une mission exploratoire temporaire sur le poste-frontière Sebta.

Une dizaine de députés, issus de plusieurs formations politiques, ont pris part à cette mission diligentée à la demande du groupe Union constitutionnelle. Ses résultats sont le fruit de plusieurs visites de terrain, parfois inopinées et durant la nuit, effectuées entre juillet et octobre 2018.  

La présentation du rapport survient plus d'un an après la réalisation de la mission. A l’époque, près 2.500 femmes et 3.000 hommes traversaient le point de passage Bab Sebta tous les lundis et mercredi, selon les données recueillies par les députés auprès de la Direction régional de l’Adminsitration des Douanes Tanger-Tétouan-Hoceima.

Depuis, des mesures ont été prises. La plus emblématique est la fermeture, courant 2019, de ce qui a pendant longtemps constitué un haut lieu de la contrebande. De même, les autorités mènent actuellement une réflexion en vue d’identifier des alternatives au profit des femmes qui exercent « la contrebande de subsistance », dites également « femmes porteuses ».

Maltraitance, absence d'unité médicale...

C’est d’ailleurs à celles-ci que la mission consacre l’essentiel de ses conclusions. Une partie du rapport livre un descriptif des conditions de passage au niveau du poste-frontière. Là où des « porteuses » peuvent passer « trois nuits » consécutives « à découvert » sur une file qui s’étend sur des centaines de mètres, avec les « risques de maltraitance, harcèlement, vol ou maladies » que cela implique.

Le rapport déplore « la fermeture permanente de l’unité médicale » établie sur le point de passage. Seule la présence, sur place, de « la Fondation Mohammed V pour la solidarité » limite les conséquences résultant d’une telle situation.

Les membres de la mission ont constaté de visu des cas de « mauvais traitement », de « violences verbales », « d’insultes et d’injures » à l’égard de passantes. Agents des douanes et de la sûreté font l’objet de «plaintes récurrentes » en ce sens, « deux noms » précis ressortant avec insistance auprès des personnes sondées par les députés.

A ce titre, les parlementaires recommandent le déploiement « de ressources humaines compétentes » afin « d’humaniser » le point de passage. Ils préconisent également l’interdiction d’y passer la nuit » dans les conditions citées.

Le rapport éclaire par ailleurs sur le profil des femmes concernées, identifiées pour leur majeure partie comme « veuves », « divorcées », « abandonnées » ou « épouses de détenus ». Géographiquement, une majorité est issue des régions du « Rif » et du « centre du Maroc ».

La contrebande des mafias a remplacé la contrebande de subsistance

Les députés recommandent une étude « socioéconomique » pour déterminer les conditions sociales, niveau d’éducation et besoins de ces catégories afin de « d’identifier de possibles alternatives. »

Une des conclusions du rapport est « le recul, voire la disparition de la contrebande de subsistance du coté des femmes, qui se sont transformées en porteuses de marchandises de contrebande dont la charge oscille entre 90 Kg et 140 Kg ». Une pratique qui profite, selon les députés, à des « mafias » exploitant « la souffrance des femmes et des familles ».

« Toutes les tentatives de faciliter » la situation de ces femmes « sont exploitées par les grand contrebandiers pour investir encore dans leur souffrance », ajoute le rapport. Lorsque les concernées ont été autorisées à utiliser « des chariots manuels pour les marchandises de contrebandes, la charge a augmenté de 50 Kg en moyenne. »

Hommes et femmes sondés affirment, à ce titre, « qu’ils ne sont que de simples porteurs de marchandises dont la propriété revient aux lobbys des grands commerçants », conclut les députés.

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A.E.H
Le 7 janvier 2020 à 14h45

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