Programme intégré de financement : mission délicate pour les banques
Les banques devront à la fois se montrer volontaristes et prudentes en matière d’octroi de crédits dans le cadre de la mise en œuvre du programme intégré d’appui et de financement des entreprises.
Ce programme, lancé à l’initiative du Roi Mohammed VI, sera activé dans les prochains jours.
Après la signature, lundi 27 janvier devant le Souverain, des conventions fixant le cadre général du dispositif, la contribution du Fonds Hassan II pour soutenir l’intervention des banques dans le monde rural a été officialisée ce vendredi 31 janvier.
Suivra la signature des conventions entre chaque banque et la Caisse centrale de garantie (CCG) pour le lancement effectif des produits de financement, et une tournée régionale pour sensibiliser et mobiliser les CRI qui devront assurer le suivi et l’accompagnement des projets.
Ce programme est ambitieux :
- 13.500 entreprises à accompagner et 27.000 emplois à créer par an.
- Des taux d’intérêt plafonnés, sur demande du Roi, à 2% pour le monde urbain et à 1,75% pour le monde rural. Pour cela, 2 MMDH seront apportés par le Fonds Hassan II, BAM refinancera en illimité les banques au taux de 1,25%, la CCG garantira 80% des montants débloqués.
- Les banques s’engagent à répondre en 3 semaines, à n’exiger aucun frais de dossier et aucune garantie, et à mettre en place des produits simples et des procédures allégées.
La cible est très large et compte des centaines de milliers de Marocains : auto-entrepreneurs (près de 120.000 ont ce statut), jeunes porteurs de projets, TPE, PME, jeunes entreprises innovantes, petites exploitations agricoles…
Ce lundi 3 février, une conférence de presse conjointe du ministère des Finances, de Bank Al-Maghrib et du GPBM devrait mettre la lumière sur le fonctionnement et les modalités de mise en œuvre de ce programme qui mobilise plusieurs catégories d’acteurs et s’adresse à plusieurs profils de bénéficiaires.
Financer les projets sérieux, un impératif
Selon des sources bancaires, les banques sont en train de finaliser leurs offres et de verrouiller leur organisation. L’un des aspects qui les préoccupe le plus est comment gérer la demande de crédits de dizaines de milliers d’emprunteurs potentiels.
D’une part, le programme a été mis en place à l’initiative du Roi, il est attractif et les banques sont appelées à se montrer volontaristes en matière de financement. Les attentes des bénéficiaires potentiels risquent d’être fortes et la demande importante. Certains pourront même penser que les banques sont dans l’obligation d’accorder un financement à tout demandeur faisant partie des catégories ciblées.
De l’autre, la réussite du programme et l’atteinte des objectifs fixés exigent une intervention prudente et réfléchie des banques pour ne financer que les projets sérieux qui ont un grand potentiel de réussite. La crainte en effet est de tomber dans la distribution d’argent et d’aboutir aux échecs des programmes crédits jeunes promoteurs et Moukawalati.
Pour concilier ces deux impératifs, les banques misent beaucoup sur l’encadrement et l’accompagnement. En marge de la signature des conventions du Fonds Hassan II, le président du directoire d’Al Barid Bank, Najmeddine Redouane, a déclaré que "les banques effectueront des missions d'encadrement auprès des porteurs d'idées novatrices, pour faciliter leur intégration financière et réussir à faire fructifier leurs projets, mettant notamment l'accent sur l'investissement de sorte à ce que chaque région du Royaume puisse offrir des opportunités d'emploi à ses jeunes".
Il a même affirmé que ce sont les banques qui iront à la recherche des bénéficiaires. "Les banques feront tout leur possible pour attirer un maximum d'entrepreneurs et de projets".
Outre l’encadrement des banques, il y aura l’accompagnement des CRI, de Maroc PME, de la CGEM et de l’OFPPT au niveau local, régional et national.
En attendant les éclairages sur qui se chargera de quelle mission, on sait déjà que le suivi de l’exécution du programme et de l’atteinte des objectifs sera strict, promet-on. Commissions régionales, rapports périodiques…, ces mécanismes sont censés permettre aux différents acteurs de rectifier le tir en cours de route pour répondre de la façon la plus efficace possible aux besoins. Le programme permettra une facilitation des crédits et à un taux inespéré; mais ne signifie en aucun octroi automatique des crédits.
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