Une zone “franche” marocaine pour abriter les commerçants de Fnideq et de Sebta
Une alternative légale au trafic de contrebande en provenance de Sebta. Elle sera prête dans environ 1 an et demi. Les produits importés y entreront en franchise de droits de douane, et ne seront taxés qu’au moment de leur acheminement vers le marché local.
L’information a circulé dans la presse espagnole ces derniers jours. Médias24 l’a confirmée auprès de sources haut placées dans l’administration.
En fait, il ne s’agira pas d’une zone franche au sens classique du terme, puisqu’elle n’accueillera pas des activités industrielles ou logistiques et n’exportera pas des produits fabriqués sur site avec une fiscalité avantageuse.
Il s’agira plutôt d’une zone d’activité économique, à vocation commerciale, pour laquelle les autorités sont en train de chercher un modèle pour qu’elle constitue un espace « sous douane », c’est-à-dire en franchise de droits de douane.
Concrètement, le projet consiste à créer une zone commerciale de 23 ha à Fnideq sur un foncier appartenant à TMSA (Tanger Med Spécial Agency) à proximité de Sebta. Elle abritera les commerçants de Fnideq mais aussi et surtout ceux de Sebta, tous les deux impactés par la fermeture du poste frontalier Tarajal II.
La zone comportera des locaux commerciaux sous douane sous forme d'entrepôts comme à Sebta, une partie logistique hors douane et des locaux administratifs des services de douane.
Les commerçants pourront y introduire légalement des marchandises importées, notamment à travers le port Tanger Med, sans payer de droits de douane.
Si ces marchandises sont réexportées, elles sortiront du pays toujours sans payer de droits de douane. Mais si elles sont destinées au marché local, elles seront soumises aux différents droits, contrôles et procédures en vigueur, à leur sortie de la zone.
« Vu que la quasi-totalité des marchandises qui transitaient par Sebta était destinée au marché local, cette future zone n’offrira pas le même avantage fiscal (illégal) mais permettra aux commerçants de se conformer à la loi, tout en bénéficiant d’une sorte d’avance sur stocks, puisque tant que les marchandises seront stockées dans les entrepôts au sein de la zone, ils ne paieront pas de droits de douane dessus. Au lieu d’avoir des entrepôts déserts à Sebta et des commerces vides dans le souk de Fnideq, ils pourront redémarrer leurs activités même si leurs produits coûteront un peu plus cher qu’auparavant. Cette situation bénéficiera à tout le monde », explique une source au sein de l’Administration.
L'appel d'offres pour les premiers travaux lancé
En fait, le projet de création de cette zone d’activité économique n’est pas nouveau. Il était dans le pipe bien avant la fermeture de Bab Sebta. Abdelkader Amara, ministre de l’Equipement, en a d’ailleurs parlé dans la presse en juillet dernier.
Actuellement, les choses commencent à se concrétiser. L’Agence pour la promotion et le développement du nord a récemment lancé un appel d’offres pour la réalisation des travaux de terrassement, d’assainissement et des voiries de la première tranche de cette zone. L'ouverture des plis est prévue le 6 avril.
La construction devrait démarrer six mois après l'attribution de ce marché. Si toutes les étapes respectent les délais prévus, la zone d'activité devrait être prête dans environ un an et demi.
Précisons que l’Administration des douanes est mise à contribution sur le volet régime douanier de la zone.
Lire aussi:
Nabyl Lakhdar: "Les mesures appliquées à Sebta bientôt étendues à Melilia"
Reportage. Sebta: une ville en crise
À découvrir
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.