Le fabriquant de jus Valencia va augmenter sa capacité de production de 50%
Agro Juice Processing va investir 45,3 MDH dans l’extension de son usine. La nouvelle production sera destinée au marché local et à l’export, surtout vers l’Afrique subsaharienne. L’entreprise va lancer un jus à 1 DH pour 100 ml, sans conservateurs ni colorants.
L’annonce a été faite jeudi 5 mars par Moulay Hafid Elalamy sur les réseaux sociaux : signature d’une convention d’investissement avec Agro Juice Processing, portant sur un montant de 45,3 MDH et devant générer 120 emplois nouveaux.
Médias24 a contacté Ibrahim Belkora, directeur général d’Agro Juice Processing, fabriquant de la marque de jus Valencia, pour avoir les détails de cet investissement.
Le DG précise que cet investissement entre dans le cadre du contrat-programme du secteur agroalimentaire et donc bénéficie d’aides publiques à l’investissement variant entre 20% et 30% selon les rubriques.
Il permettra une extension de la capacité de production de l’usine d’Agro Juice Processing. « Une partie du nouveau matériel a déjà été réceptionnée. Le reste arrivera bientôt. L’extension sera achevée au cours de cette année ».
En 2019, l’usine qui a nécessité un investissement initial de 200 MDH, a produit 27 millions de litres de jus. Avec l’extension, la capacité de production montera à 42 millions de litres. « Mais déjà pour 2020, nous prévoyons de produire 31 à 32 millions de litres », affirme Ibrahim Belkora qui revendique pour Agro Juice Processing la position de leader avec une part de marché de 24% (sur un marché du jus estimé à près de 100 millions de litres par an).
Réduire la facture énergétique et supprimer les conservateurs grâce à l'UHT
Au-delà de l’augmentation de la capacité de production, le nouveau matériel est performant sur le plan énergétique, ce qui permettra à l’entreprise de réduire ses coûts. Il s’agit d’un paramètre important dans un marché de prix où les marges sont écrasées.
De même, le nouveau matériel permettra de traiter les jus à base de lait à ultra haute température (UHT), ce qui allongera leur durée de consommation à 1 an sans recourir aux produits conservateurs qui sont de plus en plus décriés.
L’allongement de la durée de consommation permettra à l’entreprise de mieux gérer ses stocks de produits finis, même si son directeur affirme produire en fonction de la demande et alimenter le marché en jus fraîchement produits.
La nouvelle production sera destinée aussi bien au marché local qu’à l’export, principalement vers les pays de l’Afrique subsaharienne.
L’entreprise en profitera pour lancer de nouveaux produits, dont principalement un jus à base de lait (20%) et de fruits à 1 DH sans conservateurs ni colorants, avec une contenance de 100 ml. « Sur le marché africain notamment, le facteur prix est déterminant pour s’imposer », estime M. Belkora.
A noter qu'en plus de ses propres marques, AJP fabrique des produits pour le compte de la société émiratie Al Rawabi. Le nouvel investissement lui permettra également d'élargir son partenariat à d'autres opérateurs internationaux.
L'activité progresse, la rentabilité se fait attendre
Cet investissement intervient pourtant à un moment où l’entreprise n’est pas au mieux de sa forme sur le plan financier. Certes, son chiffre d’affaires ne cesse de progresser : 213 MDH en 2018, contre 43,3 MDH en 2011, son premier exercice plein d’activités.
Mais sa rentabilité est limitée depuis 2014 et en 2018, elle a enregistré un déficit de 4 MDH. L’entreprise dégage même un résultat d’exploitation déficitaire.
Selon M. Belkora, cette situation s’explique par trois facteurs : des marges serrées dans le secteur, une industrie capitalistique qui génère des amortissements importants au départ, et des frais financiers élevés au Maroc.
Pour lui, la rentabilité sera bientôt au rendez-vous avec l’atteinte d’une certaine taille critique et l’optimisation des charges.
>>Lire aussi: Mutandis reprend la marque de jus "Marrakech"
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