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Coronavirus

Le Maroc face à l’adversité du Coronavirus: une analyse de l'institut Amaedus

L'Institut Amadeus a publié un article, en date du 2 avril 2020, portant sur une analyse des mesures prises par le Maroc contre le Coronavirus et une série de propositions à implémenter dans le Modèle de développement du Royaume.

Le Maroc face à l’adversité du Coronavirus: une analyse de l'institut Amaedus
S.I.
Le 9 avril 2020 à 11h43 | Modifié 11 avril 2021 à 2h45

Avant de se projeter dans un avenir "post-Coronavirus", il est nécessaire de faire le point sur les mesures prises par le Royaume pour contrecarrer la pandémie. C'est ce qu'a effectué l'Institut Amadeus, à travers un article en date du 2 avril 2020 portant sur "Le Maroc à l'épreuve du Covid-19".

La pandémie du Coronavirus a remis en cause plusieurs piliers sur lesquels repose le monde entier, notamment sur les plans sanitaire, économique et social.

En mettant la lumière sur les points faibles du système de fonctionnement mondial (consommation excessive et interdépendance entre les Etats), la crise due au Covid-19 impose une refonte globale, nécessaire et imminente.

Comme tous les pays qui font face à cette pandémie, le Maroc, qui était déjà en phase de réécriture de son modèle de développement, tel que dicté par le Roi Mohammed VI, est aussi confronté aux conséquences de cette crise.

Cette dernière impose une implémentation accélérée et urgente d’un nouveau modèle de développement pour le Maroc qui, jusqu’à présent, a su se confronter à la crise actuelle dans une symbiose totale et avec brio.  

La stratégie, dirigée par le Roi Mohammed VI, est appliquée par toutes les composantes de la société (autorités publiques, corps soignant et citoyens). Elles font preuve de responsabilité et de discipline quant à la mise en œuvre des mesures strictes, mais nécessaires, prises par l’Etat.

Ces mesures ont été pensées dans l’objectif de limiter la propagation du virus et d’éviter la saturation des hôpitaux à travers le confinement obligatoire, décidé à temps. Mais aussi par le renforcement de la capacité d’accueil des hôpitaux publics en matière de lits de réanimations etc.

Toutes ces initiatives, en plus des campagnes de sensibilisation menées par les autorités et les citoyens volontaires, ont été exposées au grand public à travers une communication continue et une transparence largement saluée par le peuple.

Les citoyens marocains ont été très réceptifs aux efforts de sensibilisation, sauf les quelques réfractaires à la solidarité qui ont dû faire face à la fermeté des autorités.

L’occasion d’une refonte des projets marocains

Au-delà des efforts louables fournis jusqu’à présent, il convient de se pencher sur un avenir fortement impacté par cette crise. Cette dernière a mis en exergue les défaillances de notre pays mais aussi ses capacités pour les dépasser.

La fragilité de l’économie marocaine, "trop" dépendante de l’étranger à travers «"les transferts des RME, le tourisme, l’offshoring, etc." devrait être réfléchie autrement, par la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement, de manière à réduire cette dépendance car "certaines vulnérabilités sont inhérentes à l’état de l’économie internationale" avant même que celle-ci ne soit impactée par le Coronavirus.

C’est aussi une occasion pour booster l’économie nationale en profitant de la demande sanitaire urgente à laquelle le Maroc a la capacité et les moyens de faire face.

A travers une stratégie industrielle qui devrait être orientée de manière à répondre aux demandes provenant de l’Afrique et de l’Europe, notamment en matière de masques de protection à confectionner ou encore de gels hydroalcooliques à produire, ainsi que d’autres éléments désormais nécessaires à tous les Etats, tant qu’aucun remède n’a été trouvé et que la société internationale, dans son ensemble, dépend de ces éléments pour vivre.

Cette crise est aussi l’occasion de repenser la stratégie de privatisation du secteur de la santé. La situation actuelle démontre que les cliniques et hôpitaux privés ne sont pas aptes à faire face seuls à une crise sanitaire d’une telle envergure.

La mise en œuvre de tous ces changements proposés dépend d’une volonté politique qui a prouvé, sur d’autres plans, ses capacités à mener le Royaume vers un changement inattendu, tel que de l’aide octroyée aux ménages évoluant dans le secteur de l’informel. Une aide mise en place en temps de crise, ce qui est d’autant plus difficile à réaliser.

Le Maroc s’est, pour la première fois, tourné vers cette catégorie de travailleurs afin de leur tendre la main et leur fournir une protection sociale très attendue. Cette réalisation est aussi l’occasion de penser à la mise en place d’une "stratégie d’encadrement de l’informel".

Tous les efforts fournis jusqu’à présent permettent non seulement de rétablir la confiance perdue entre les citoyens et les autorités publiques, mais aussi d’encourager le Maroc dans sa lancée, afin de réaliser plusieurs projets pour protéger ses citoyens et leurs fournir un équilibre social très convoité, dans le cadre d’un Modèle de développement adapté.

Il est donc nécessaire de penser dès à présent aux mesures à mettre en place après la fin cette crise mondiale. Dans ce sens, l’Institut Amadeus a sélectionné quelques propositions urgentes parmi les 100 suggestions pour un Modèle de développement durable publiées il y a quelques mois. Il s’agit notamment de :

"– La généralisation et l’universalisation de la couverture sociale et de santé (en partie financée par les recettes de TVA) ;

– La mise en place d’une taxe supplémentaire sur les hauts revenus et les dividendes ;

– L’élaboration des mécanismes appropriés limitant les positions de monopoles économiques, dans un esprit de prolonger dans le temps l’expérience de solidarité nationale à laquelle nous assistons actuellement ;

– La mise en place d’un Pacte social sur l’informel, limitant l’informel organisé et structurant l’informel vivrier.

– Baisse de l’IS à 20% pour les entreprises ayant eu un chiffre d’affaires inférieur à 30 millions dirhams en 2019, pour favoriser la création d’emplois et l’investissement ;

– Baisse de l’IR pour doper la consommation tout en impactant le risque sur l’import ;

– Défiscalisation de certaines dépenses liées aux frais de santé et aux frais de scolarité pour éviter une « double imposition » des ménages ;

– Favorisation de l’investissement productif, notamment en matière de produits nouvellement considérés comme stratégiques, au détriment de la rente de situation. Il sera alors nécessaire d’encourager les Investissement Directs Nationaux (IDN), en protégeant l’investisseur national et en lui offrant les mêmes "incentives" (fiscales, foncières, etc.) qu’aux investisseurs étrangers ;

– Engager, sans les remettre en question, une réflexion sur les Accords de Libre Echange dans une logique de souveraineté et d’indépendance industrielle".

 

 

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S.I.
Le 9 avril 2020 à 11h43

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