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Marocains bloqués à l'étranger: Bourita “espère un rapatriement rapide”

Au cours d'une réunion très attendue de la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques et des MRE, à la chambre des représentants, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a annoncé qu'un plan de rapatriement est en cours d'élaboration, apprend Médias24 de source sûre.

Marocains bloqués à l'étranger: Bourita “espère un rapatriement rapide”
Gh.E.
Le 23 avril 2020 à 14h18 | Modifié 10 avril 2021 à 22h31

Nasser Bourita n'a pas annoncé de date, expliquant que la date et le plan précis dépendent de la situation sanitaire intérieure. Mais il a dit en substance: j'espère que le retour se fera le plus vite possible, sans autre précision.

La réunion s'est tenue ce jeudi 23 avril à partir de 11H et a duré environ 3 heures. Le sujet était la situation des Marocains bloqués à l’étranger depuis le 15 mars, date de la fermeture des frontières. Elle s'est tenue à l'initiative de la commission parlementaire.

Voici quelques éléments de l'exposé effectué par le ministre et des réponses qu'il a données, obtenus de source sûre. Dans le texte qui suit, c'est notre source qui s'exprime:

Le contexte actuel est une situation d'exception mondiale. Tout a changé dans notre quotidien. Un chamboulement dans nos vies, quel que soit le lieu. Ce qui est normal est remplacé par ce qui est possible.

Les réponses devant cette situation ont été diverses, d'un endroit à l'autre dans le monde, selon la culture sociale, selon les capacités et l'infrastructure de santé, chacun selon ses moyens.
La réponse marocaine à la pandémie "a été conçue et définie par Sa Majesté le Roi autour des principes suivants:"

-la prévention;

-l'anticipation, il fallait être proactif, sans segmentation temporelle;

-la rigueur: quand une décision est prise, elle est appliquée;

-la globalité: c'est certes une crise sanitaire, mais il y a différentes dimensions, du social, du juridique, de la santé, de l'économique.

La santé passe avant tout.

Il y a eu des décisions qui ont été prises, et chaque décision a eu ses effets secondaires, ses répercussions. Lorsqu'on ferme un café ou un restaurant, il y a un impact positif sur la santé et des impacts négatifs sur des catégories ou des secteurs. La priorité, c'est la santé et la prévention.

On ne cherche pas la décision idéale mais la décision nécessaire.

Parmi les décisions, il y a eu la fermeture des frontières. Ce fut l'une des premières décisions prises, depuis le 10 mars avec l'Italie. Le 15 mars, fermeture totale de toutes les frontières, y compris maritimes. Le premier cas autochtone a été enregistré seulement le 13 mars. Avant cette date, tous les cas étaient importés.

Conséquence de cette fermeture: des étrangers bloqués au Maroc et des Marocains bloqués à l'étranger.

Le cas des Marocains bloqués à l'étranger

Le Maroc a essayé d'atténuer les répercussions de la fermeture des frontières sur les Marocains bloqués à l'étranger. 
Quel est le nombre de Marocains bloqués? Le ministère n'est pas sûr du chiffre:

-Le ministère sait que 30.000 ont quitté le territoire sans carte de séjour à l'étranger

-que 20.000 ont quitté avec un visa de court séjour.

-le nombre d'appels reçus par le ministère a permis d'identifier finalement à date, 22.000 Marocains, qui se sont manifestés et ont exprimé le souhait d'être rapatriés. Mais le ministre dans son intervention n'a pas exclu un chiffre final plus élevé.

3.844 d'entre eux ont été hébergés et pris en charge par l'Etat marocain. 147 d'entre eux, malades, ont bénéficié de consultations médicales, ainsi que des médicaments pour 56 personnes. Nous avons entrepris des démarches sur le plan juridique, par exemple pour les visas expirés. Nous sommes intervenus pour une hausse de la dotation exceptionnelle, un montant exceptionnel de 20.000 DH a été ajouté à la dotation pour les Marocains bloqués à l'étranger.
341 décès ont été enregistrés et inhumés dans les carrés musulmans.

Le Marocain a le droit de rentrer dans son pays. C'est sans discussion, a dit Nasser Bourita au Parlement, selon notre source.
Ce qui est évident n'est pas nécessairement pertinent et approprié dans ce contexte, a poursuivi le ministre en substance. Le retour doit se faire dans les meilleures conditions, sans risque pour le pays et pour ces personnes. Nous y travaillons. J'espère que ce sera lancé très prochainement. Ce qui compte n'est pas le timing.

Le retour est posé, il est déjà préparé, c'est une question tranchée, évidente et normale, il doit se faire dans les conditions optimales qui doivent être préparées. Ce retour ne doit pas impacter des moyens limités.

Il faut une planification rigoureuse, liée à la vulnérabilité, à d'autres critères..., explique notre source. Nous n'avons pas encore achevé la première mi-temps du match, la première phase de lutte contre la maladie.
Nasser Bourita affirme que le sujet n'est pas négligé et qu'il ne fait aucun doute qu'il y a des cas difficiles et humanitaires et en tous les cas, c'est un droit indiscutable. Il a laissé entendre que les autorités veulent absolument maîtriser tous les risques quels qu'ils soient, liés à ce rapatriement. Il a manifesté sa compréhension et son empathie pour ces situations tout en rappelant qu'aujourd'hui, un Marocain ne peut pas rencontrer sa propre famille, à l'intérieur du pays ou la même ville, en raison du confinement.
Il n'y a pas de surenchère sur le droit des Marocains à rentrer. Ce retour doit être réussi au lieu d'être un revers. C'est un souci quotidien. Le rapatriement doit être effectué dans les conditions optimales, sans danger pour les concernés, et sans impact pour le pays, dans les domaines de la santé et de la logistique.
Lorsqu'il démarrera, le rapatriement ne s'effectuera pas d'un seul tenant mais par un flux régulé, organisé et planifié, pour ne pas avoir d'impact significatif sur l'interne.

Le cas des étrangers rapatriés du Maroc

Pour les étrangers, le ministère des Affaires étrangères a réagi positivement avec les demandes de rapatriement de la part de pays étrangers. Il a également demandé que les avions arrivent vides, que les équipages ne débarquent pas, qu'il ait un seul interlocuteur (l'ambassade) et que les vols se passent dans des créneaux de temps bien définis.

Environ 500 vols pour rapatrier 80.000 étrangers. Des binationaux sont également partis.
Les Pays Bas et la Belgique ont eu un certain comportement. Par exemple les deux pays ont choisi uniquement leurs nationaux de souche et ont exclu les binationaux. Ensuite, ils ont proposé des vols uniquement pour les binationaux. "Vous avez les moyens de rapatrier tous ceux qui ont des liens avec vos pays" (considérations familiales, de santé ou professionnelles), a répliqué le ministère.

Le Maroc n'a jamais refusé qu'une personne qui a un lien avec un pays puisse être rapatriée.
Les Pays Bas par exemple que les binationaux sont une catégorie à part et doivent être protégés par eux même sur le sol marocain. La Belgique a adopté une position différente.
Notre source accuse les Pays Bas d'avoir fait preuve de mauvaise foi. Ils ont affirmé que les binationaux doivent être protégés alors qu'ils les ont exclus des 25 premiers vols organisés par eux. Ce problème s'est posé au départ seulement avec les Pays Bas et la Belgique. Et maintenant seulement avec les Pays Bas. Leurs 25 premiers vols ont été exclusivement consacrés aux néerlandais de souche.
Les vols organisés sans arrière pensée politique se poursuivent, conclut notre source.

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Tags : coronavirus, covid
Gh.E.
Le 23 avril 2020 à 14h18

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